AccueilFaire corps. Littérature, sens et sensation

*  *  *

Publié le mardi 10 janvier 2006 par Inès Secondat de Montesquieu

Résumé

La représentation du corps est un enjeu majeur de nombreux textes littéraires, et avec elle la mise en scène de l’apparence et du paraître, l’exploration des multiples dimensions du vécu corporel, voire l’élaboration poétique d’un langage capable de rendre compte des plus infimes nuances de la sensation. Peut‑être y a‑t‑il là l’un des moyens par lesquels l’écriture se met en quête de ses propres limites : bornée par le fossé infranchissable qui sépare l’énonçable du visible, et contrainte par la nature sociale de la langue qui interdit au “langage privé” d’exister autrement qu’à titre de fantasme, elle n’en cherche pas moins à outrepasser ses frontières grâce à des pratiques de la théâtralisation et de l’intime, du reste moins antithétiques qu’il n’y paraît.

Annonce

Programme « Perception et sensation : la fabrique du corps dans les arts et les lettres » :

« Littérature, sens et sensation : les délimitations du champ littéraire »

Faire corps

Journée d’étude du 20 janvier 2006

La représentation du corps est un enjeu majeur de nombreux textes littéraires, et avec elle la mise en scène de l’apparence et du paraître, l’exploration des multiples dimensions du vécu corporel, voire l’élaboration poétique d’un langage capable de rendre compte des plus infimes nuances de la sensation. Peut‑être y a‑t‑il là l’un des moyens par lesquels l’écriture se met en quête de ses propres limites : bornée par le fossé infranchissable qui sépare l’énonçable du visible, et contrainte par la nature sociale de la langue qui interdit au “langage privé” d’exister autrement qu’à titre de fantasme, elle n’en cherche pas moins à outrepasser ses frontières grâce à des pratiques de la théâtralisation et de l’intime, du reste moins antithétiques qu’il n’y paraît. Mais le corps, en littérature, est aussi celui du texte : corps‑architecture, corps‑machine, corps morcelé, corps sans organes, sont autant de figures d’un ensemble textuel à la recherche de sa cohérence, autant de modalités d’un “faire corps” problématique car perpétuellement en devenir. Par ailleurs, la question du corps est aussi celle de la lecture, des agencements auxquels se prête une écriture qui, non contente de se doter d’un projet de représentation et d’œuvrer à la constitution d’un corpus d’inscriptions, sait de surcroît agir sur les conditions de sa réception, guider, voire fabriquer un corps‑lecteur auquel elle imprime sa propre dynamique. Enfin, on ne saurait ignorer les liens étroits, quoique souvent problématiques, qui s’instaurent entre la littérature et d’autres champs esthétiques : la peinture, le cinéma, la musique, mais aussi l’architecture ou la danse (et ce ne sont là que quelques exemples). Or chacun de ces modes d’expression travaille à sa manière la triple question de la représentation du corps, de la constitution d’un corpus sémiotique et de sa réception par un auditeur / spectateur / visiteur dont l’expérience corporelle est à son tour mise en jeu. Réfléchir à la relation complexe entre corps et texte, c’est donc peut‑être délaisser l’herméneutique et s’aventurer sur la voie d’une pragmatique de la lecture, voire être amené à tirer les leçons de divers rapprochements intersémiotiques afin de formuler une nouvelle définition du concept d’écriture.


Programme :

10h : Sylvie Thorel (Université Lille 3, lettres modernes) : « La signature de l’œuvre »

11h : Antoine Traisnel (Université Lille 3 / IUT de Tourcoing, anglais) : « Plastic Surgery : le culte du corps dans “The Birthmark” et “Dr. Heidegger’s Experiment” de Nathaniel Hawthorne »

14h : Pierre‑Louis Patoine (Université du Québec à Montréal, sémiotique) : « Quand le corps‑écrit rencontre le corps‑lecteur : une relation textuelle non‑protégée ? »

15h : William Dow (Université de Valenciennes, anglais) : « By Word of Body : Jack London’s People of the Abyss »

16h : Sandra Laugier (Université d’Amiens / Institut Universitaire de France, philosophie) : « Action, signification et expressivité : “corps de signification” (Bedeutungskörper) et “corps de nos expressions” chez Ludwig Wittgenstein et Stanley Cavell »

Catégories

Lieux

  • Lille, France

Dates

  • vendredi 20 janvier 2006

Contacts

  • Djazia Chebrek
    courriel : djazia [dot] chebrek [at] univ-lille3 [dot] fr

Source de l'information

  • Djazia Chebrek
    courriel : djazia [dot] chebrek [at] univ-lille3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Faire corps. Littérature, sens et sensation », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 10 janvier 2006, http://calenda.org/190974