AccueilLe phénomène de la médicalisation du social : enjeux et pistes d’intervention

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Publié le mardi 10 janvier 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Appel à contribution pour le volume 19, no 2 (printemps 2007) de Nouvelle pratique sociale, revue bi-annuelle de transfert de connaissances sur le renouvellement démocratique des pratiques d'intervention sociale : Le phénomène de la médicalisation du social : enjeux et pistes d’intervention.

Annonce

Appel à contribution

Vol. 19, no 2 (printemps 2007)

Dossier : Le phénomène de la médicalisation du social : enjeux et pistes d’intervention

Responsables : Amnon J. Suissa et Johanne Collin

La proposition du numéro thématique sur la médicalisation du social s’inscrit dans une réflexion et analyse des processus de médicalisation des conditions de vie qui sont prioritairement de nature sociale. Pour reprendre les termes de Gori (2005), nous assistons aujourd’hui à une pathologisation de l’existence où la médecine a pris le relais, via la médicalisation, pour gérer de plus en plus notre vie quotidienne. La médecine et la psychiatrie, par exemple, participent activement, au nom de la santé publique, à la définition d’une norme de comportement dans tous les aspects de l’existence. À ce titre, on peut penser aux comportements et ou conditions tels que le tabagisme, l’hyperactivité avec ou sans déficit d’attention, la ménopause, les phases de la naissance et de la mort, les relations sexuelles (viagra), les dépendances aux psychotropes, au jeu, affectives et amoureuses, cyberdépendances, achat compulsif, troubles de l’humeur, etc. Soumises à un ordre néolibéral économique du consumérisme où le manque d’être se transforme en manque d’avoir, les conditions principalement sociales se retrouvent de plus en plus incluses dans le DSM-IV comme des déviances au sens parsonien du terme. Comment s’effectuent les passages d’une condition sociale et d’un comportement à un statut de maladie, de pathologie? Sur quelles bases scientifiques et idéologiques s’appuient les discours qui permettent l’actualisation de ces conditions pour les rendre plus acceptables, voire plus désirables au plan social? Y a-t-il des pratiques sociales qui s’inscrivent en faux face à cette médicalisation poussée des problèmes sociaux et qui proposent des avenues innovatrices dans le sens de participation citoyenne?

Face à ces questions de fond, et à partir d’analyses critiques, ce numéro thématique souhaite interroger et mieux comprendre les modalités de contrôle social qui privilégient la voie de la médicalisation du social. Nous suggérons une perspective à trois volets.

Le premier se fondera sur des articles de fond concernant les enjeux historiques, scientifiques, politiques et sociaux de la construction du discours actuel de la médicalisation. Nous pensons notamment à explorer dans ce contexte des thèmes tels que : la médicalisation des comportements à travers l’évolution des catégories psychiatriques, le rapport à la dépendance et le développement des « nouvelles addictions », et enfin le recours au médicament et la médicalisation du quotidien.

Il convient de scruter avec attention le phénomène de la transformation des catégories psychiatriques du DSM au cours des dernières décennies et l’accroissement du recours aux médicaments psychotropes comme démarche thérapeutique privilégiée, qui témoignent de façon éloquente d’une réduction du seuil de tolérance, dans nos sociétés occidentales, face aux dysfonctionnements sociaux et à la souffrance psychique. Dans cette mouvance, l’identification et la médicalisation de nouvelles dépendances (addictions) touchant aux sphères de la vie sociale, méritent qu’on s’y attarde pour mieux comprendre les modalités de la médicalisation du social. Enfin, parce qu’il incarne bien davantage qu’une simple biotechnologie, le recours au médicament dans nos sociétés occidentales s’inscrit dans des logiques qui débordent largement le champ du médical. Ces logiques diverses (hédonistes, productivistes, commercialistes, cosmétiques ou idéologiques) sont, en bonne partie, responsables de la médicalisation de notre quotidien. Ainsi, le corps, la psyché et le social sont les trois angles de cette déclinaison de la médicalisation.

Un deuxième volet mettra l’emphase sur les nouveaux cas de figure, ou tendances, de la médicalisation. Ainsi, nous explorerons les formes que prennent la médicalisation (et la médicamentation) de l’adolescence, de la maternité, de l’itinérance, etc.

Finalement, le numéro se penchera sur les pratiques sociales innovatrices qui privilégient la participation citoyenne et des interventions sociales alternatives au modèle de la médicalisation via l’empowerment des personnes, des familles et de leurs réseaux. À cause de contraintes organisationnelles et/ou institutionnelles, rares sont les pratiques qui incorporent les réseaux familiaux et sociaux dans le processus d’intervention. Ainsi, les problèmes sociaux conçus comme problèmes individuels plutôt que collectifs posent la question de la participation citoyenne. On peut ainsi se demander quel est le chemin que pourrait emprunter le citoyen pour participer à cet enjeu social important. En fait, des individus et des groupes, qui sont de près ou de loin touchés par ce phénomène, se retrouvent à se positionner en dehors des sphères citoyennes généralement offertes pour exprimer des points de vue parfois divergents. Dans ce cas, nous remarquons que la création de divers groupes de pression correspond à un type de participation citoyenne en émergence qui se situe en marge des modes plus traditionnels dans les revendications des droits qui les lient aux pouvoirs et aux gouvernances. À titre d’exemple, la gestion autonome de la médication de personnes souffrant de troubles mentaux illustre bien les possibilités de transférer du pouvoir (empowerment) aux citoyens dans le processus de prise en charge.

Pour toutes propositions, communiquer avant le 15 avril 2006 avec :

Amnon J Suissa, Ph.D ou Johanne Collin, Ph.D


Nous précisons qu’aucun article ne devra dépasser 35 000 caractères (espaces compris), notes, bibliographie et tableaux inclus.




GUIDE POUR LA PRÉSENTATION DES ARTICLES
Nouvelles pratiques sociales

Les personnes qui soumettent des textes à la revue sont priées de respecter les règles suivantes.
*Remettre une copie papier et une version électronique (par courriel) du texte.
*Fournir un résumé en français et en anglais de 100 mots au plus chacun.
*La longueur maximale (espaces compris), incluant les résumés, les notes et la bibliographie, est :
— pour les articles de dossier ou des rubriques « Perspectives » : 35 000 caractères ;
— pour l’entrevue : 25 000 caractères ;
— pour les articles « Échos et débats » : 15 000 caractères ;
— pour les comptes rendus : 10 000 caractères.
*Pour connaître le nombre de caractères, allez sous l’onglet « Outils », puis choisissez « Statistiques ».
*Fournir le nom des auteurs, leur adresse de courriel (facultatif) ainsi que l'organisme auquel ils sont associés. Si cet organisme est une université, indiquer le département ou la faculté.
*Placer les notes en bas de page.
*Féminiser le texte en suivant le Guide de féminisation de l’Université du Québec à Montréal : http://www.instances.uqam.ca/guide/guide_feminisation.html. Utiliser autant que possible les tournures neutres (par exemple, « le personnel enseignant » au lieu de « les professeur-eure-s »).
*Lorsqu'on cite des auteurs, on placera les références dans le texte, immédiatement après la citation ou le mot auquel elles se rapportent. Suivre l'exemple suivant : (Tremblay, 1986 : 7).
*Si l'on cite deux pages ou plus, on insérera un trait d'union entre la première et la dernière page citée, comme dans l'exemple suivant : (Tremblay, 1987 : 7-8).
*Si l'on cite deux ouvrages publiés par le même auteur la même année, on les différenciera en ajoutant une lettre à l'année, comme dans l'exemple suivant : (Tremblay, 1987a, 1987b).
*On utilise l’expression « et al. » dans le texte seulement et pour plus de trois auteurs (Bouchard et al.).


*Utiliser les guillemets français (« ») pour les citations placées à l'intérieur d'un paragraphe. Ces citations ne doivent pas dépasser une longueur de trois lignes; plus longues, on les détachera du texte sans mettre de guillemets.
*Mettre entre crochets [  ] les  lettres ou les mots ajoutés ou changés dans une citation, de même que les points de suspension indiquant la coupure d’un passage […].
*Les mots en langue étrangère sont en italique.
*Si les tableaux et graphiques ont été réalisés avec un logiciel autre que celui utilisé pour le texte, les présenter sur des feuilles distinctes en ayant soin d'indiquer le lieu d'insertion dans le corps du texte. Envoyer la version originale des graphiques avec la version électronique du texte (le format PDF n’est pas suffisant).

Placer la bibliographie à la fin du texte. Veuillez ne pas utiliser la majuscule pour les noms des auteurs. S'assurer que toutes les références indiquées dans le texte, et seulement celles-ci, s'y trouvent. Suivre les exemples suivants :

Chapitre :
Fortin, Andrée (1991). « La participation : des comités de citoyens au mouvement communautaire », dans Godbout, Jacques T. (sous la direction de), La participation politique, Québec, IQRC, 219-250.

Périodique :
Lapeyronne, Didier (1988). « Mouvements sociaux et action politique. Existe-t-il une théorie de la mobilisation des ressources? », Revue française de sociologie, vol. 29, no 4, 593-619.

Monographie :
Rémy, Jean, Voyé, Liliane et Émilie Servais (1978). Produire ou reproduire? Conflits et transaction sociale, Bruxelles, Éditions Vie ouvrière.

Site Web :
Auteur (Année ou date de publication). «Titre : sous-titre de la page», dans Titre : sous-titre du site. En ligne, <Adresse électronique>. Consulté le 10 mai 2005.



Catégories

Lieux

  • Québec (Canada)
    Québec, Canada

Dates

  • samedi 15 avril 2006

Contacts

  • Annie Larouche
    courriel : nps [at] uqam [dot] ca
  • Amnon J Suissa, Ph.D ~
    courriel : suissa [dot] amnon [at] uqam [dot] ca
  • Johanne Collin, Ph.D ~
    courriel : johanne [dot] Collin [at] umontreal [dot] ca

Source de l'information

  • Revue Nouvelles pratiques sociales
    courriel : nps [at] uqam [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Le phénomène de la médicalisation du social : enjeux et pistes d’intervention », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 10 janvier 2006, http://calenda.org/190979