AccueilDémocratie participative et chantier de ville : l'art comme vecteur politique

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Publié le mercredi 18 janvier 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Le projet « JE & NOUS » ou espace individuel et action collective est la construction d’un espace public inédit à l’intérieur de la sphère publique, convoquant conjointement art et architecture. Sylvie Blocher, en se détachant de la notion habituelle de l’autorité de l’artiste au regard de son modèle va conduire les habitants du quartier à se saisir d’un projet, ou mieux, à « faire » projet.

Annonce

« Espace individuel, action collective »

Le collectif Campement urbain, se compose d’une équipe pluridisciplinaire à « géométrie variable » : aux cotés de François Daune, architecte-urbaniste et Sylvie Blocher artiste plasticienne, sociologues, philosophes, entre autres sont sollicités, et oeuvrent selon la nature des projets. Le groupe s’est affirmé entant que structure composite en s’affranchissant de la figure de "spécialiste". Nos interrogations sur les différentes formes que peuvent revêtir les chantiers au sein de la ville, nous ont amenés à celui du groupe Campement Urbain et des habitants du quartier des Beaudottes à Sevran, commune au nord de Paris. Le chantier serait un exemple significatif de ce que nous pouvons appeler un chantier « participatif » et « délibératif ».

Le projet « JE & NOUS » ou espace individuel et action collective est la construction d’un espace public inédit à l’intérieur de la sphère publique, convoquant conjointement art et architecture. Sylvie Blocher, en se détachant de la notion habituelle de l’autorité de l’artiste au regard de son modèle va conduire les habitants du quartier à se saisir d’un projet, ou mieux, à « faire » projet. Travaillant depuis de nombreuses années sur la « singularité radicale des corps » le projet serait un « lieu singulier à la disposition de tous et sous la protection de tous, un lieu de solitude, fragile, non productif, inutile, beau, pour s’abstraire de la communauté, sous la protection de la communauté, permettant le recueillement d’un « je » dans le « nous ». Le « lieu de fréquentation à une place », désinvesti de toute interaction et de tout échange entre les habitants, se présenterait sous la forme d’une coque, d’une cellule lisse détachée du sol, ouverte à tous et occupé individuellement mais dont l’existence et la survie dépend du jeu de l’action collective. L’objet possédant un statut qui lui est propre, par son caractère et l’usage des habitants, est loin de toute forme d’institutionnalisation ; les membres du groupe ne sont pas les représentants d’une quelconque autorité publique et le lieu lui-même n’est nullement récupérable par une institution susceptible de convertir sa fonction initiale.

Dans le déroulement de l’entreprise, le projet trouvera ses premières fondations dans l’organisation de réunions de travail régulières entre le groupe et les habitants, dans le centre culturel du quartier. L’habitant spectateur ou témoin devient habitant acteur participant par son discours aux choix tangibles des orientations du projet. Le processus qui est mis en place, veillant à recueillir la parole des habitants, à travers les rencontres, les entretiens et les débats publics, s’apparente fortement à celui qui est déployé par l’ethnographe sur le terrain, pris dans différentes temporalités et s'appliquant à découdre les logiques sociales et territoriales sous-jacentes à un quartier dans la ville.

A travers la séance, à laquelle seront présents également trois habitants du quartier ayant participé activement au projet, nous allons nous interroger sur la portée des nouvelles pratiques individuelles et collectives qui ont pris place à l’intérieur du « lieu » et par le lieu, saisi en tant qu'objet porteur d'une responsabilité politique. Il s’agira d’élucider non seulement des actions mais également la réception du projet dans le contexte spécifique du quartier, ainsi que les rapports qui se sont tissés, par le projet, entre les membres de différentes communautés.

96 boulevard Raspail, 75006 PARIS / 17H-19H

Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • lundi 23 janvier 2006

Contacts

  • Miguel Mazeri
    courriel : miguel [dot] mazeri [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Miguel Mazeri
    courriel : miguel [dot] mazeri [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Démocratie participative et chantier de ville : l'art comme vecteur politique », Séminaire, Calenda, Publié le mercredi 18 janvier 2006, http://calenda.org/191021