AccueilEspace administratif, espace judiciaire, espace politique dans les cités italiennes au Moyen Âge

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Publié le lundi 23 janvier 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

L’Italie urbaine du Moyen Âge constitue un observatoire irremplaçable pour qui s’intéresse à l’émergence de la vie politique et à ses diverses déclinaisons institutionnelles. L’objectif de cette rencontre est précisément d’interroger ce moment où se mettent en place des ordres de plus en plus distincts qui séparent la gestion ordinaire de l’exercice politique dans la cité. La distinction qui s’opère dès le milieu du XIIe siècle entre les consuls de justice et les consuls in re publica nous fournit un utile point de départ.

Annonce

Présentation des journées d’étude « Espace administratif, espace judiciaire, espace politique dans les villes italiennes du Moyen Âge » organisées par le CHREMMO et l’IUF, Montpellier 26-27 mai 2006

L’Italie urbaine du Moyen Âge constitue un observatoire irremplaçable pour qui s’intéresse à l’émergence de la vie politique et à ses diverses déclinaisons institutionnelles. L’objectif de cette rencontre est précisément d’interroger ce moment où se mettent en place des ordres de plus en plus distincts qui séparent la gestion ordinaire de l’exercice politique dans la cité. La distinction qui s’opère dès le milieu du XIIe siècle entre les consuls de justice et les consuls in re publica nous fournit un utile point de départ. Issue d’une volonté pragmatique plus que programmatique, cette conscience de la complexité institutionnelle nécessaire à un gouvernement pacifié de la ville allait aboutir à des formes innovantes et parfois déroutantes de gestion. Où se situe l’espace public dans le monde urbain italien ? La distinction entre le public et le privé ne va de soi, à en juger par les nombreuses formes de délégation d’attributions clairement régaliennes à des associations qui relèveraient aujourd’hui du droit privé. La compétition pour le pouvoir faisait apparaître des partages de compétences mal assurés (entre le podestat et le capitaine du peuple par exemple). Et que dire de l’organisation en partis qui revendiquaient et parfois obtenaient un droit de regard sur l’orientation politique de la cité toute entière ? Pour autant, la pratique de la participation des citoyens, aussi exclusive et discriminante soit elle, créait une sorte de vécu civique et une épaisseur de la vie institutionnelle qui rendaient malaisée la manipulation des conseils. L’ingéniérie électorale en porte témoignage. Dans ‘l’Italie d’en bas’, le citoyen, sa définition autant que sa formation, devenaient des enjeux dans le gouvernement. Le périmètre de la citoyenneté varie selon la fidélité au parti dominant. Dans ‘l’Italie d’en haut’, c’est l’exercice de la justice qui mobilisait tous les efforts. Gouverner, c’est d’abord rendre la justice et l’une des caractéristiques du monde médiéval est la coextensivité du commandement politique et de la reddition de la justice. Tout office comporte une juridiction. De là, l’importance de ce gouvernement par la procédure judiciaire (dont le gouvernement par la grâce n’est somme toute qu’une déclinaison). En examinant par des cas d’espèces, les diverses variations chronologiques et régionales, du Nord au Sud, du XIIe au XVe siècle, de cette civilisation à la fois urbanocentrique et polycentrique, les contributions viseront à répondre à des questions aux résonances actuelles : comment s’est opérée la séparation de la sphère administrative de la sphère politique ? Quels ont été les freins à cette évolution ? Comment la notion de souveraineté urbaine a-t-elle pu trouver une formulation originale dans le monde communal ? Le regard croisé avec le Méridion monarchique s’avère à cet égard très prometteur. En ligne de mire, une interrogation sur l’identité civique et l’identité ‘nationale’ i.e urbaine. Le lien avec notre actualité européenne n’en est que trop évident : en créant un espace public, aux frontières fluctuantes, fait de délégation, d’immixtion fonctionnelle du privé et du public, de reconnaissance malgré tout d’une autorité super partes, les cités italiennes ont expérimenté dans la douleur l’apprentissage d’une construction volontariste du politique centré sur le citoyen et sa responsabilité. N’est-ce pas aussi ce qui semble si difficile à mettre en place en Europe ?

Les contributeurs :

Rosa Maria Dessi, "Verbum Dei et pratiques de la parole dans les communes d'Italie. Sermons sur la justice et protesti". Ilaria taddei, « La formation du personnel politique à Florence (1382-1434) »

Andrea Gamberini, "Dentro lo stato regionale: un modello cittadino di organizzazione del territorio?"

Marco Gentile, “Identità politica e pratica processuale alla fine del Quattrocento: appunti per uno studio di caso”

Henri Bresc, “L’espace de la citoyenneté dans les villes de l’Italie méridionale”

Julien Théry, “Consortium fidei et pacis. L’intervention pontificale en Italie du Nord en 1266”.

Enrica Salvatori, "Lo spazio politico nella Pisa comunale" Patrick Gilli, « Les techniques électorales dans l’Italie communale »

Guido Castelnuovo sera le modérateur des débats et Jacques Chiffoleau présentera les conclusions

Catégories

Lieux

  • Montpellier, France

Dates

  • vendredi 26 mai 2006

Contacts

  • Patrick Gilli
    courriel : patrick [dot] gilli [at] univ-montp3 [dot] fr

Source de l'information

  • Gilli Patrick
    courriel : gilli [dot] patrick [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Espace administratif, espace judiciaire, espace politique dans les cités italiennes au Moyen Âge », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 23 janvier 2006, http://calenda.org/191052