AccueilLa guerre et ses victimes (Europe-Amérique XIXe siècle à nos jours)

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Publié le samedi 04 février 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

En ce début de XXIe siècle, de nombreuses cérémonies sont venues rappeler aux sociétés européennes et américaines les conflits majeurs qui ont marqué leur histoire. L’anniversaire du début de la Première Guerre mondiale (2004) et la commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale (2005) sont autant de dates qui soulignent à quel point la violence est indissociable de leur passé.

Annonce

La guerre et ses victimes (Europe-Amérique, XIXe siècle à nos jours)

En ce début de XXIe siècle, de nombreuses cérémonies sont venues rappeler aux sociétés européennes et américaines les conflits majeurs qui ont marqué leur histoire. L’anniversaire du début de la Première Guerre mondiale (2004) et la commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale (2005) sont autant de dates qui soulignent à quel point la violence est indissociable de leur passé. Les différentes cérémonies consacrées en 2005 à la libération des camps de concentration nazis doivent rappeler à tous ceux dont la mémoire serait défaillante le degré de barbarie que les sociétés prétendument « civilisées » sont capables d’atteindre. Ce constat accablant, qu’il est bon d’évoquer en ces temps où certains parlent de « guerre des civilisations », « d’affrontement entre civilisation et barbarie », se voit conforté par la célébration du 70ème anniversaire du début de la Guerre Civile espagnole (18 juillet 2006), guerre qui se solda par la mort d’environ 600 000 personnes et l’exil de centaines de milliers d’autres. La liste des commémorations passées et à venir est extrêmement longue. Elle est à l’image des millions de noms qui figurent sur les monuments aux morts des guerres européennes et américaines.

Depuis le XIXe siècle, le nombre de victimes provoqué par les conflits s’est accru considérablement, même si actuellement certains militaires n’hésitent pas à parler de « guerres propres » et de « frappes chirurgicales ». Au cours de la période contemporaine, et en particulier au XXe siècle, les civils sont bien souvent devenus des objectifs militaires prioritaires, au même titre que les combattants. Dès lors, l’évolution de l’armement, des techniques et des stratégies s’est traduite par une hausse substantielle du nombre de victimes civiles, nombre supérieur à celui des soldats morts sur le champ de bataille. En devenant totale, la guerre a touché l’ensemble de la société et des communautés humaines, d’autant que certains États, influencés par des idéologies extrémistes, ont théorisé et mis en pratique l’annihilation de l’ennemi, l’extermination totale ou partielle de groupes religieux, de minorités ethniques et d’opposants politiques. Cette évolution a non seulement modifié la perception des victimes de guerre dans les sociétés européennes et américaines, mais elle a aussi transformé progressivement le droit international. Avec le procès de Nuremberg, des termes tels que « crimes contre l’humanité » sont apparus, afin de nommer l’inhumanité de certains actes et traduire leur caractère indicible. Cependant, il faut attendre les années 1990 et le conflit dans l’ex-Yougoslavie pour voir apparaître l’embryon d’une instance judiciaire internationale permanente, un tribunal « habilité à juger les personnes présumées responsables des crimes suivants lorsqu’ils ont été commis au cours d’un conflit armé, de caractère international ou interne, et dirigés contre une population civile quelle qu’elle soit : (a) Assassinat ; (b) Extermination ; (c) Réduction en esclavage ; (d) Expulsion ; (e) Emprisonnement ; (f) Torture ; (g) Viol ; (h) Persécutions pour des raisons politiques, raciales et religieuses ; (i) Autres actes inhumains. » (Statut du Tribunal international, Article 5).

A l’occasion de son sixième numéro, la revue Amnis propose donc d’engager une réflexion sur la question des victimes de guerre en Amérique et en Europe, du XIXe siècle à nos jours. Dans cette perspective, on privilégiera certes des études de type historique et sociologique, sans pour autant s’interdire d’appréhender cette question à travers des œuvres littéraires ou cinématographiques. Les auteurs sont invités à organiser leur analyse à partir des axes suivants :

Le massacre des populations civiles et les idéologies qui les justifient.

  • Le droit et les victimes de guerre.
  • Le traitement des victimes de guerre par les médias.
  • Les victimes de guerre et la censure.
  • Le rôle des victimes de guerre dans la construction nationale.
  • Cérémonies, célébrations et autres formes de ritualisation : organisation et fonctions.
  • Inscriptions dans la mémoire de la cité : monuments aux morts, musées et devenir des lieux de mémoire.
  • La représentation des victimes dans la fiction tant littéraire que cinématographique.
  • La transmission par filiation tant familiale que communautaire du traumatisme historique.

Les propositions devront parvenir avant le 10 juin 2006 et être accompagnées d’un curriculum vitæ (voir les recommandations sur le site de la revue http://www.univ-brest.fr/amnis/). Après acceptation des propositions, les articles devront être adressés avant le 30 octobre 2006 à :

disquette
M. Severiano Rojo Hernandez
Revue Amnis
Faculté des Lettres et Sciences Sociales Victor Segalen
20 rue Duquesne
BP 814
29285 Brest Cedex.
France
e-mail
- severiano.rojo-hernandez@univ-brest.fr
- amnis@univ-brest.fr

Les auteurs recevront au début de l’année 2007 un exemplaire papier de la revue Amnis.

 

 

 

 

 

Catégories

Dates

  • lundi 30 octobre 2006

Contacts

  • Severiano Rojo Hernandez
    courriel : amnis [at] revues [dot] org

URLS de référence

Source de l'information

  • Revue Amnis
    courriel : amnis [at] revues [dot] org

Pour citer cette annonce

« La guerre et ses victimes (Europe-Amérique XIXe siècle à nos jours) », Appel à contribution, Calenda, Publié le samedi 04 février 2006, http://calenda.org/191104