Accueil Les constructions de l'Autre dans les relations interafricaines

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Publié le lundi 20 février 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Au moment où plus aucun individu ne peut se situer dans un cadre culturel unique et homogène, où les emprunts, les transgressions et les « zappings » culturels font école, et où il devient de plus en plus difficile de définir l’individu à partir de sa seule appartenance culturelle, ethnique ou même nationale, il est temps d’inaugurer une réflexion sur une éthique et une esthétique de la diversité, ou de la diversalité.

Annonce

Institut des Etudes Africaines

Université Mohammed-V-Souissi,

Appel à participation

Colloque International

(Maroc, fin Novembre 2006)

LES constructionS de l’Autre dans les relations interafricaines

I. Argumentaire :

Notre époque est marquée autant par le retour des intégrismes, des nationalismes et des ethnicismes que par une internationalisation et une mondialisation du quotidien. De manière paradoxale, la diversité culturelle est à la fois banalisée et dramatisée. Dans un monde où la « globalisation » domine, « l’étranger » devient gênant pace que perçu comme outrepassant la norme et mettant en péril les certitudes. En lisant les « unes » de la presse internationale qui traitent quotidiennement de « l’intégrisme musulman », du « terrorisme islamique » et du « racisme arabe », la question de l’altérité et de la construction, ou perception, de « l’Autre », s’impose à notre réflexion, non pas en tant que problème social et culturel mais comme un défi sur le plan politique et surtout éducatif. – Comment apprendre l’altérité et mieux connaître « l’Autre » en tant « qu’Autre » et sujet singulier et universel, à la fois ?

Parmi les traits communs aux sociétés maghrébines et sub-sahariennes, figure une tendance majeure qui est à l’œuvre au niveau de leurs entremêlements socio-historiques, psycho-anthropologiques, narratifs, iconiques, etc.. Cette tendance consiste à définir « l’Autre », – qui est souvent un voisin perçu comme distant –, en lui attribuant des caractéristiques qui le distinguent du « soi ». Des attributs à la fois positifs et négatifs sont ainsi appliqués à « l’Autre » ; et c’est à partir de cette altérité que la notion « d’étranger » est construite. En fait, l’idée « d’ethnicité » est née de cette construction et de cette perception exogènes, c’est-à-dire d’un regard extérieur et non pas d’une auto-identification.

Ce qui caractérise ces constructions de « l’Autre », c’est qu’elles ne sont pas statiques ; elles constituent et traduisent effectivement des processus historiques qui sont sujets à des changements et à des mutations dans le temps. Si on prend les récits de voyage et les descriptions des sociétés « étrangères », on se rend compte que leurs significations sont en corrélation avec le contexte historique et les visées idéologiques dans lesquels ils ont été rédigés. Et de ce fait, ces constructions « altruisantes » sont des indicateurs et des reflets des valeurs de la société où l’image de « l’Autre » a été forgée.

Par ailleurs, ou subséquemment, les constructions/perceptions de « l’Autre » sont souvent intériorisées par cet « Autre » qui, au lieu d’élaborer une contre-image de soi, s’auto-définit sur la base des stéréotypes qui lui sont attribués.

Le Colloque international que nous proposons d’organiser autour de ce thème invitera des chercheur(e)s en sciences humaines et sociales, en littérature et en sciences du langage, en esthétique, en études féminines, etc., à réfléchir sur la question de l’altérité et de la construction/représentation de « l’Autre » ainsi que sur sa genèse, ses multiples effets et ses limites.

Le paradigme de l’altérité est épistémologiquement polymorphe et corrèle avec celui de diversité culturelle et d’esthétique de l’ « étrangeté » de l’« Autre ». A partir des relations de voyages, des écrits littéraires, des récits historiques ainsi que des essais théologiques et philosophiques, des réalisations iconiques (cinéma, peintures sculptures, photographies)…, les participants à ce Colloque tenteront d’appréhender l’origine, l’évolution et l’intériorisation des labels ethniques, nationaux, raciaux, idéologiques, etc., par lesquels les peuples (hommes et cultures) des Deux Rives du Sahara se sont identifiés les uns aux autres selon des méthodologies euphoriques (acculturation réciproque, métissages humain et culturel, dialogue solidaire…), et, à la fois, dysphoriques (intolérance, exclusion, violence, génocide…).

Le changement de la valeur et de la signification des toponymes et des noms de groupes humains peut être un autre angle par lequel le concept de l’altérité peut être examiné.

Au moment où plus aucun individu ne peut se situer dans un cadre culturel unique et homogène, où les emprunts, les transgressions et les « zappings » culturels font école, et où il devient de plus en plus difficile de définir l’individu à partir de sa seule appartenance culturelle, ethnique ou même nationale, il est temps d’inaugurer une réflexion sur une éthique et une esthétique de la diversité, ou de la diversalité. Ce Colloque s’inscrit dans cette démarche.

II. Axes de réflexion proposés:

1. Connaissance et typologie de l’Autre.

2. Récits, représentations, discours interafricains et les questions de l’Autre.

3. Altérité, identités et conflits en Afrique : dimensions historique, politique, religieuse et juridique.

4. Que peuvent apporter les sociétés africaines à une éthique et à une esthétique de l’acculturation ?

Institut d’Etudes Africaines

Université Mohammed V-Souissi

Rabat, Maroc

Colloque international

(Marrakech, fin Novembre 2006)

LES constructionS de l’Autre dans les relations interafricaines

Fiche de participation :

Nom :…………………………………………………………………………..

Prénom : ………………………………………………………………………

Adresse : ……………………………………………………………………………………….

Fax : ………………… Tél : ………………….. E-mail : …………………………………….

Discipline ou spécialité : ………………………………………………………………………

Université : …………………………………………………………………………………….

Intitulé de la communication : ……………………………………………………………….

Axe : ……………………………………………………………………………………………

Résumé de la communication ( +/- 300 mots)

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(Prière de nous le faire parvenir avant le 30 mars 2006)

Langue de travail : Arabe : ………...Français ……….: Anglais :……. .Autre :…………

Adresse : Institut d’Etudes Africaines, Université Mohammed V-Souissi

B.P. 89 68, Rabat, Agdal, Maroc

Tél : 212 (0) 37 77 65 79

Fax : 212 (0) 37 77 84 25

Les fiches de participation et les propositions sont à renvoyer à :

f.harrak@hotmail.com

chegraoui@hotmail.com

http://iea.um5s.ac.ma


Catégories

Lieux

  • Marrakech, Maroc

Dates

  • mercredi 29 mars 2006

Contacts

  • khalid CHEGRAOUI
    courriel : chegraoui [at] hotmail [dot] com
  • Fatima HARRAK (Directrice) I. E. A. ~
    courriel : f [dot] harrak [at] hotmail [dot] com

Source de l'information

  • khalid CHEGRAOUI
    courriel : chegraoui [at] hotmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les constructions de l'Autre dans les relations interafricaines », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 20 février 2006, http://calenda.org/191190