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Anthropologues et économistes face à la globalisation

Colloque du CLERSE (CNRS) et de l'UR "Travail et Mondialisation" (IRD)

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Publié le mardi 21 février 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

La globalisation économique incite aujourd'hui à reprendre le fil du dialogue et du croisement des recherches issues des deux disciplines. Parce qu'elle engage une dominance du libéralisme économique et, corollairement, de ses contestations, elle suscite des réflexions portant notamment sur le statut du marché et de la marchandise et sur les processus de marchandisation. D'autres sujets importants de débat public ayant des répercussions dans le champ scientifique tiennent actuellement par exemple à la nature, aux coûts et aux statuts du travail, à la place relative de la production industrielle et de la finance, à l'émergence d'une économie fondée sur la connaissance, ou encore aux modes de comptabilisation de la richesse.

Annonce

Colloque

Anthropologues et économistes face à la globalisation

Lille 1, Villeneuve d'Ascq

Problématique

Contexte et enjeux d’un colloque transdisciplinaire. A la suite des travaux de Karl Polanyi, l'élaboration d'une anthropologie économique et la réflexion sur la diversité des systèmes et des logiques économiques ont marqué les décennies 1960 et 1970. Cette période conjuguait la mise en place de la consommation de masse, une confrontation exacerbée entre le capitalisme et le socialisme et les interrogations liées à l'émergence d'un “ tiers-monde ” à développer ou condamné au sous-développement. Il s'agissait d'un moment favorable à l'expression de multiples débats sur la nature de l'économie et sur la place de l'économie dans les sociétés. Le déclin du marxisme, les ajustements structurels puis l'écroulement des Etats/économies socialistes ont engagé, pour un temps, une relégation de ces questions.

La globalisation économique incite aujourd'hui à reprendre le fil du dialogue et du croisement des recherches issues des deux disciplines. Parce qu'elle engage une dominance du libéralisme économique et, corollairement, de ses contestations, elle suscite des réflexions portant notamment sur le statut du marché et de la marchandise et sur les processus de marchandisation. D'autres sujets importants de débat public ayant des répercussions dans le champ scientifique tiennent actuellement par exemple à la nature, aux coûts et aux statuts du travail, à la place relative de la production industrielle et de la finance, à l'émergence d'une économie fondée sur la connaissance, ou encore aux modes de comptabilisation de la richesse.

Problématique et méthodologie. Si, sur ces divers points, la collaboration entre les économistes et les anthropologues est recherchée, il semble qu'elle soit bridée par l'existence de décalages entre les deux disciplines et les attentes qu'elles nourrissent l'une vis-à-vis de l'autre.

Evidemment, l'anthropologie et l'économie sont l'une comme l'autre traversées de courants de pensée contradictoires. C'est dans de telles contradictions, internes à chacun des champs disciplinaires, que se forgent les raisons d'être des emprunts aux autres disciplines. Pour autant, ces emprunts ne sont pas symétriques. D'un côté, certains économistes tentent de trouver dans l'anthropologie des éléments théoriques visant à contester et amender leur corpus théorique de référence, à repenser les postulats anthropologiques sous-jacents aux sciences économiques (conceptions de l'homme et de la société sur lesquelles reposent les hypothèses de rationalité, par exemple). De son côté cependant, l'anthropologie ne dispose pas d'un corpus théorique semblable. La discipline se constitue de manière prépondérante sur la pratique de l'enquête de terrain, et fonde ses modes de théorisation dans sa confrontation avec la réalité des rapports sociaux d'une part, la comparaison entre formations sociales et historiques d'autre part. La lecture de travaux économiques est alors appréhendée par certains anthropologues comme un complément nécessaire pour situer leurs terrains d'enquêtes dans une conjoncture plus globale. Les ambitions en matière de théorie ou d'analyse du réel, dans les deux disciplines, sembleraient alors ne pas devoir se rencontrer.

De ce fait, renouer les fils du dialogue économie/anthropologie nécessite bien sûr de se pencher sur des questions épistémologiques et méthodologiques visant à élucider le statut de la méthode, du modèle et de l'objet dans chacune des disciplines. Ce sera là une ligne de réflexion transversale du colloque. Mais afin de ne pas en rester à des considérations trop générales, les contributions se centreront sur des objets ou processus socioéconomiques précis pour engager la discussion. Comment chacune des disciplines traite-t-elle de ce qui peut de prime abord se présenter comme un “ même problème ” ? Peut-on identifier certains emprunts réciproques ? Peut-on énoncer une complémentarité dans la conception des questions théoriques/empiriques et la formulation des résultats de recherche ?

Trois grands axes. Pour rendre opérationnelle cette problématique, trois axes sont proposés au débat.

- Travail, monnaie et financiarisation. Comment appréhender, dans différents contextes régionaux et nationaux, les effets sur le travail de la financiarisation actuelle de l'économie mondiale ? Quels sont la nature et le statut des revenus du travail et comment évoluent-t-ils ? Qu’en est-il des processus de “ déprotection ” du travail et du retour à des formes de “ vente nue ” de la force de travail ? Comment aborder, dans les relations microsociales, les significations et les usages sociaux de l'argent ?

- Marché, marchandise et marchandisation. Quels sont les outils élaborés pour comprendre comment se construit, dans chaque contexte sociétal, la frontière entre le marchand et le non-marchand et quels sont les déterminants du déplacement, à chaque fois spécifique, de cette frontière ? Quelle est la valeur marchande des “ valeurs morales ” (don, éthique, etc.) ?

- Investissements, profits et processus symboliques. La marchandisation du monde s’épuise-t-elle dans une simple logique de profits monétaires ? Pour l’économiste, quel sens et quel traitement donner aux processus symboliques qui, pour l’anthropologue, enveloppent toujours les actes et institutions économiques ? Dans le contexte actuel, la globalisation capitaliste conduit-elle à un désenchantement homogène du monde ? Ou au contraire, et sous des formes singulières, à des processus de recodage symbolique ?

Comité d'organisation

Eveline Baumann, Laurent Bazin, Bruno Boidin, François Denord, Pepita Ould-Ahmed, Pascale Phélinas, Monique Selim, Richard Sobel.

Comité scientifique

- Arnaud Berthoud, Université de Lille 1, France

- Jean Copans, université Paris 5, France.

- John Gledhill, Université de Manchester, Grande Bretagne.

- Keith Hart, Université d'Oxford, Grande Bretagne.

- Serge Latouche,

- Jean-Michel Servet, IUED, Genève, Suisse.

- Emmanuel Terray, EHESS, France.

- Bruno Théret,

Catégories

Lieux

  • Lille, France

Dates

  • jeudi 16 mars 2006

Fichiers attachés

Contacts

  • Sophie Goyat
    courriel : Sophie [dot] Goyat [at] univ-lille1 [dot] fr

Source de l'information

  • Pepita Ould-Ahmed
    courriel : pepita [dot] ould-ahmed [at] bondy [dot] ird [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Anthropologues et économistes face à la globalisation », Colloque, Calenda, Publié le mardi 21 février 2006, http://calenda.org/191193