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Pérennité urbaine

La ville par-delà ses métamorphoses

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Publié le mardi 28 février 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Pourquoi, au cours de ces deux journées, revenir sur le concept de ville et pourquoi revisiter cette réalité, quand le mot urbanisation semble si bien correspondre aux réalités contemporaines et quand l’attention des chercheurs, depuis quelques années, s’est plus portée sur les transformations urbaines que sur les traits invariants de la cité ? Sans doute est-ce parce que les mutations liées à la métropolisation en cours sont violentes et radicales, et qu’il y a donc lieu d’interroger la notion de permanence, car derrière les crises et les incertitudes se cache souvent la recherche d’une ville perçue comme « idéale ».

Annonce

Pérennité urbaine ou la ville par-delà ses métamorphoses


Ce colloque piloté par LOUEST UMR 7145 / MOSAIQUES, soutenu par le GECKO et le CNFG se déroulera sur 2 jours, sur le site de l'université de Nanterre. International, il réunira géographes, architectes, économistes, historiens, philosophes, sociologues, aménageurs…

Pourquoi, au cours de ces deux journées, revenir sur le concept de ville et pourquoi revisiter cette réalité, quand le mot urbanisation semble si bien correspondre aux réalités contemporaines et quand l’attention des chercheurs, depuis quelques années, s’est plus portée sur les transformations urbaines que sur les traits invariants de la cité ? Sans doute est-ce parce que les mutations liées à la métropolisation en cours sont violentes et radicales, et qu’il y a donc lieu d’interroger la notion de permanence, car derrière les crises et les incertitudes se cache souvent la recherche d’une ville perçue comme « idéale ». En effet, quand la ville est en perpétuel mouvement et en incessante recomposition, quand elle peut décliner, voire disparaître, se pose la question de ce qui fait la ville, de cette identité urbaine qui transcenderait les lieux et les cultures. Sans doute aussi, au moment où la notion de développement durable est si capitale, cette réflexion se justifie-t-elle par des raisons territoriales et temporelles, car l’urbanisation traduit une conquête protéiforme, plus ou moins lâche, toujours répétée et fort banale des espaces, tandis que la ville renvoie à la singularité, à l’héritage, à la complexité, à l’esthétique, à l’exception. Si aucune ville ne ressemble à une autre, au même moment cet objet spatial est azonal et capable de traduire la durée. Son examen permet donc de comprendre en quoi un phénomène est durable et quels sont les traits forts à retenir pour conduire le devenir des sociétés urbaines.

L’urbanisation est le processus du moment, la ville en est le résultat et, au-delà de sa réalité matérielle, son essence même perdure. Détruites, ensevelies, rebâties, remaniées, réaménagées, les villes ne cessent de se métamorphoser en réutilisant leurs propres matériaux, leur propre composition architecturale. Leur observation conduit à poser nombre de questions à propos des invariants qui, au-delà des péripéties du conjoncturel, font, ou plutôt transcendent, la ville. Au cours de ces journées, temps et espace seront donc interrogés mais aussi les notions de singularité en sciences sociales, de durabilité. La question de la pérennité sera envisagée sous son aspect matériel (permanence de la ville dans l’espace et dans le temps) et immatériel (des images très fortes sont-elles « depuis toujours » associées à certaines villes ? Comment modifier l’image négative d’une ville à une époque où l’attractivité des centres urbains se joue précisément à partir des images qu’elles projettent ?).

Section I Traces


S’interroger sur les traces, sur leur survivance, le dévoiement de leur utilisation contemporaine qui conserve la forme sans se soucier de la fonction, c’est poser la question de la durabilité urbaine en examinant, dans l’existant, ce qui demeure pour imaginer ce qui perdurera.

Cette section examinera donc les vestiges réutilisés, réinterprétés et/ou figés. La permanence des semis urbains, des hiérarchies réseautiques, la réinterprétation et la réutilisation des sites, les problèmes relatifs aux héritages des trames viaires, les friches urbaines tout comme les architectures et agencements contemporains « à l’ancienne », pourront être abordés sur le temps long afin de dégager ce qui fait sens dans la ville, ce qui, même fonctionnellement obsolète, se doit de perdurer pour faire la ville. Seront pris en compte les cas de villes détruites et intégralement reconstruites après une catastrophe naturelle ou un conflit : que reste-t-il de la mémoire de la ville d’avant, et comment les restes et les héritages sont-ils mis en valeur au niveau urbanistique ?

Section II Turbulences

Il serait erroné d’assimiler permanence et immobilisme. Naissances accélérées, vie éphémère d’organismes urbains trop spécialisés, rythmes des transformations, effets spatiaux et durée des bouleversements, redécouvertes et retour à des états et des plans premiers sont des aspects constitutifs de l’urbanisation. Après s’être étendues, fragmentées, voire dissoutes dans l’espace, nombre d’agglomérations, en ce début du XXIe siècle, se recomposent sur elles-mêmes, si bien qu’au-delà d’une apparente immobilité, tout bouge : les façades restaurées cachent des redistributions spatiales, les centres anciens se muséifient, le peuplement change, les liens sociaux se recomposent.

Cette section s’interrogera aussi bien sur le devenir des villes nouvelles ou des villes industrielles, sur les mobilités et les redistributions de populations aux échelles inter et intra-urbaines, les modifications de façades, de paysages, les processus et les effets des retours au centre, les conséquences de la reconstruction ou de la réhabilitation, l’extension spatiale de la ville sans aucune notion de limites, et la restructuration spatiale du marché du travail qui s’étend désormais à l’échelle d’une ville-région liée à la mondialisation de l’économie et aux nouvelles stratégies spatiales des entreprises.

Section III Identités et concept

L’extension territoriale des villes semble avoir, dans un même temps et dans un même mouvement, agrandi les agglomérations et affaibli la « cité ». Développement et croissance seraient-ils antinomiques de la permanence urbaine ? Si la ville perdure, si l’urbanité fait la ville, c'est qu’il existe un concept urbain : comment le cerner ? Comment le définir ? Quand, aujourd'hui, matériaux et architecture se déclinent partout de la même manière, n’est-il pas temps de confronter ville et zonalité ? La ville d’ici est-elle la même que la ville de là-bas ? Qu’est-ce qui, au-delà des façades et des paysages, fait la ville ? La composition urbaine est-elle incontournable et qu’est-ce qui distingue une agglomération d’une ville ?

Cette section réunira les démarches comparatives en examinant des cas particulièrement péremptoires. Elle s’interrogera sur le fait que des processus urbains assez proches peuvent être observés dans des villes aussi différentes que les villes du Nord et du Sud, en fonction des « boîtes à outils urbanistiques » utilisées par les pouvoirs publics pour traiter les problèmes urbains auxquels ils sont confrontés (mondialisation des idées et des pratiques urbanistiques). Ceci conduira à réfléchir sur les temporalités du phénomène urbain (y a-t-il déphasage selon les zones ?). Cette section fera une large place à la réflexion épistémologique et philosophique sans omettre d’examiner les nouvelles identités nées de recompositions sociales et spatiales en liaison avec la mondialisation des flux migratoires.

* Le comité scientifique recevra les propositions de communication, sous la forme d'un résumé de 3000 signes, jusqu'au 15 mai 2006

* Les textes retenus devront parvenir au comité scientifique sous leur forme définitive (format précisé ultérieurement) le 31 janvier 2007, délai de rigueur

Contact
:

Colette Vallat / colloque Pérennité urbaine
Département de géographie, UFR SSA
Université Paris 10
200 avenue de la République, 92 000 Nanterre, France
mail : colloque_perennite_paris10@yahoo.fr

Catégories

Lieux

  • Nanterre, France

Dates

  • lundi 15 mai 2006

Fichiers attachés

Contacts

  • Colette Vallat
    courriel : colloque_perennite_paris10 [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Colette Vallat
    courriel : colloque_perennite_paris10 [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Pérennité urbaine », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 28 février 2006, http://calenda.org/191229