AccueilCompiègne, ville de cheval

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Publié le vendredi 03 mars 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

En 1092, Philippe Ier décide de commémorer, par une fête et une foire annuelles, la translation dans une nouvelle châsse en or de la plus insigne relique de l’abbaye Saint-Corneille, le Saint-Suaire. Cette foire, qui connaît ses années fastes aux XIIe et XIIIe siècles, devait se survivre jusqu’en 1792.

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COMPIÈGNE, VILLE DE CHEVAL.



En 1092, Philippe Ier décide de commémorer, par une fête et une foire annuelles, la translation dans une nouvelle châsse en or de la plus insigne relique de l’abbaye Saint-Corneille, le Saint-Suaire. Cette foire, qui connaît ses années fastes aux XIIe et XIIIe siècles, devait se survivre jusqu’en 1792. La foire de la Mi-Carême, complémentaire de celle du Lendit, devint au Moyen-Âge l’un des lieux privilégiés pour la présentation et la vente des bestes chevalines. « Chaque année, le premier écuyer de corps du roi, maître de son écurie, prenait la route de Compiègne afin d’acheter chevaux pour le corps dudit seigneur et pour le charroi et sommaige de son hostel. » (1) Palefrois, coursiers, haquenées, ou roncins, venus essentiellement des pays du Nord (Santerre, Amiénois, Artois, Hainaut, Flandre, Brabant, Allemagne rhénane, etc.) étaient en effet présentés au Mi-Karesme, qui constitue l’un des lieux de mémoire de l’histoire du cheval à Compiègne.
Pour son huitième colloque, la Société historique de Compiègne se propose d’étudier les différents lieux dédiés au cheval à Compiègne, dans leur lien avec le patrimoine urbain et la société compiégnoise, tout en les replaçant dans un ensemble national.
Sept « lieux » ont été ainsi retenus, qui feront l’objet d’une étude à la fois historique, architecturale, artistique, et sociologique:

- le Mi-Karesme, est le seul de ces lieux de mémoire étudié à ce jour de manière précise et scientifique. Louis Carolus-Barré, ancien président de la Société historique de Compiègne, lui a en effet consacré un article intitulé « Le Mi-Karesme, foire de Compiègne (1092-1792) » (1).

- les Grandes Écuries du Roi (2), construites selon un plan de 1738 attribué à Jacques V Gabriel, ont été remaniées par Berthault sous l’Empire. L’importance qu’elles revêtent dans le patrimoine architectural de la ville ne nous conduit pourtant pas à exclure du champ d’étude les autres lieux du cheval à l’époque moderne (Petites Écuries, Écuries de la Reine, écuries des différents ministères sous Louis XV, Hôtel des Pages, etc.), ni les activités liées à ces différents lieux (la chasse en particulier, qui, du Compendium médiéval aux Séries du Second Empire et à la vénerie actuelle revêt une importance de premier plan pour l‘histoire de Compiègne et du cheval à Compiègne).

- l’actuel Quartier Bourcier est l’aboutissement d’une histoire complexe, mais en grande partie liée au cheval (3). En 1786 en effet, l’entrepreneur Boursier construit des écuries « pour le service du roi ». C’est le point de départ d’un quartier de cavalerie qui, par arrêté de 1886 du ministre de la Guerre, le général Boulanger, porte le nom de Quartier Bourcier (en hommage au général François Bourcier). Il regroupe alors les écuries Boursier et le Quartier d’Orléans (1841-1847), réunis par différents bâtiments (en particulier un manège) construits sous le second Empire. De nombreux régiments s’y sont succédé au long des XIXe et XXe siècles. On peut noter en particulier le régiment des Chasseurs de la garde, les Dragons de l’Impératrice (13e Dragons), le régiment des Guides, le 5e régiment de Dragons (dans lequel servit l’un des grands noms de la vie politique compiégnoise, Robert-Mortimer Fournier-Sarlovèze), le 15e Chasseurs ou le 6e Spahis (de 1927-1939). Après la deuxième Guerre mondiale, le Quartier Bourcier abrite le Centre d’Instruction Vétérinaire de l’Armée de Terre (CISVA) venu de Dole (1948-1976), puis l’Ecole d’état-major en 1980.

- la rue des chevaux (4), rebaptisée Pierre d’Ailly depuis 1859, a été l’un des lieux importants de leur commerce. A proximité, en bordure des fossés de la Grosse Tour, se trouvait la Poste aux chevaux (5). Des hôtelleries, avec leurs écuries, s’alignaient le long des rues voisines qui menaient à l’ancien pont. Il s’agit ici d’évoquer l’omniprésence des chevaux dans la vie quotidienne de Compiègne jusqu’à ce que la concurrence du chemin de fer (6) et de l’automobile y mette fin.

- le haras (7), quant à lui, est d’implantation récente. Il a été créé en effet par décret présidentiel du maréchal duc de Mac-Mahon, le 29 mai 1875. Dès 1850, il était pourtant question de regrouper les dépôts d’étalons d’Abbeville et de Braine (successeur de celui de Lille) à Compiègne. Mais il faut attendre 1876 pour que le dépôt de Braine (celui d’Abbeville ayant été supprimé en 1863) soit transféré à Compiègne, dans les anciennes Grandes Écuries vacantes depuis la chute du second Empire.

- le champ de courses (8), toujours en activité, est inauguré le 4 novembre 1888 à l’initiative de deux sportsmen compiégnois, le comte de L’Aigle et le comte Foy. Ce colloque sera l’occasion d’étudier les écuries de course de Compiègne et des environs (La Croix-Saint-Ouen en particulier) (9) , ainsi que la communauté anglaise de Compiègne, dont l’implantation s’explique essentiellement par les courses de chevaux.

- le Centre équestre régional est le dernier lieu retenu. Il témoigne de la vitalité actuelle des sports équestres à Compiègne. Le CER accueille en effet chaque année de multiples compétitions nationales et internationales, ainsi que les cavaliers du Cercle hippique de Compiègne. Aujourd’hui comme hier, Compiègne reste en effet une ville de cheval.

Le colloque se tiendra à l’automne 2008.

Les projets de communications pourront être adressés jusqu’au 1er septembre 2006 à Eric Georgin, 13, rue de L’Aigle 60200 Compiègne ( 03-44-42-38-77 ), ou par courriel: Eric-Chris.Georgin@ac-amiens.fr




(1) Louis Carolus-Barré, « Le Mi-Karesme, foire de Compiègne (1092-1792) », Études et documents sur l’Île-de-France et la Picardie au Moyen-Âge, édités par les soins de la Ville de Compiègne sous les auspices de la Société historique de Compiègne, tome 1, Compiègne et le Soissonnais, Ville de Compiègne, 1994, pages 223 à 349.
(2) Marc Bitterlin, « Les écuries royales et impériales de Compiègne », Bulletin de la Société Historique de Compiègne, tome vingt-deuxième, 1944, pages 100 à 115.
(3) Colonel Dichard, « Historique du quartier Bourcier », Annales historiques compiégnoises, 9e année, juin 1986, pages 43 à 47; et François Dossus, L’École d’État-Major et sa filiation. Une école de l’enseignement militaire supérieur à Compiègne, Saint-Cyr-l’Ecole, Établissement d’impression de l’Armée de Terre, 1995.
(4) Elle comprit longtemps la rue de la Baguette, dite aussi Au long des Jacobins.
(5) Cette Poste aux chevaux était liée au XIXe siècle à l’hôtel des fleurs dont les bâtiments disparurent lors des bombardements de 1918 et sont actuellement remplacés par le parcage de la Grosse Tour. Voir Anne-Marie Bocquillon, « Le relais de la Poste aux chevaux à Compiègne », La Berline, n° 13, année 2003, pages 16 à 21.
(6) En 1847, l’embarcadère de la voie principale est inauguré. A partir de 1880, les voies secondaires de l’étoile de Compiègne sont mises en service.
(7) Gérard Guillotel, les Haras nationaux, Paris, C. Lavauzelle, 1985.
(8) Élie Fruit, « Le début des chevaux de course à Compiègne », Annales historiques compiégnoises, N° 51-52, automne 1992, pages 39-40, et Éric Georgin, « 1888. Inauguration du champ de course » dans Mémoire de Compiègne, Paris, Éditions Jacques Marseille, 2003, pages 122-123.
(9) « Les écuries de course » dans Émile Hérisson, Mon village s’appelle La Croix-Saint-Ouen. Regard sur le passé, 1815-1950. Compiègne, Arts, lettres et cultures, 1999, page 73.

Catégories

Lieux

  • Compiègne, France

Dates

  • vendredi 01 septembre 2006

Contacts

  • Eric Georgin
    courriel : Eric-Chris [dot] Georgin [at] ac-amiens [dot] fr

Source de l'information

  • Gérard Guillerez
    courriel : guillerezge [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Compiègne, ville de cheval », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 03 mars 2006, http://calenda.org/191248