AccueilAnthropologie des usages sociaux et culturels du corps

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Publié le lundi 06 mars 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Le sens commun tend à naturaliser la représentation du corps, tant le corps paraît imposer l’évidence de sa réalité physique. Mais les choses se compliquent dès qu’on examine la manière dont il est concrètement défini, utilisé, étudié et transformé. Le corps résiste à l’analyse et il apparaît souvent comme un impensé des théories sociales qui tendent à l’abandonner du côté de la nature et de la biologie, ou au contraire du côté des représentations symboliques et de l’imaginaire. Si le corps résiste à l’analyse, c’est que son appréhension dans sa matérialité pose de sérieux problèmes épistémologiques.

Annonce

Appel à contributions pour un numéro thématique « Anthropologie des usages sociaux et culturels du corps » (Journal des Anthropologues, A.F.A., M.S.H., Paris)

Coordination : Sébastien Fournier (MCU, Université de Nantes) et Gilles Raveneau (MCU, Université de Paris X – Nanterre)
laurent.fournier@univ-nantes.fr
gilles.raveneau@mae.u-paris10.fr


Appel à contributions :


Le sens commun tend à naturaliser la représentation du corps, tant le corps paraît imposer l’évidence de sa réalité physique. Mais les choses se compliquent dès qu’on examine la manière dont il est concrètement défini, utilisé, étudié et transformé. Le corps résiste à l’analyse et il apparaît souvent comme un impensé des théories sociales qui tendent à l’abandonner du côté de la nature et de la biologie, ou au contraire du côté des représentations symboliques et de l’imaginaire. Si le corps résiste à l’analyse, c’est que son appréhension dans sa matérialité pose de sérieux problèmes épistémologiques.

Si le corps n'a pas d'existence canonique en sociologie et ne constitue pas, comme en ethnologie, une catégorie d'enregistrement des données, il a pourtant suscité ces dernières années un regain d’intérêt dans les sciences sociales. Un ensemble foisonnant et, à bien des égards hétérogène, d'intérêts et de recherches à la croisée du travail et des loisirs, de la santé et de la médecine, du sport et des pratiques physiques, de l’esthétique et des arts, etc., a pris le corps pour cible. Cependant, la tendance générale consiste encore trop fréquemment à se servir du corps pour parler d’autre chose ou à l’envisager comme une métaphore. Les anthropologues privilégient souvent des enjeux symboliques généraux ; ou bien l’étude du corps ouvre sur celle des systèmes de pensée, des ontologies ou des cosmogonies indigènes. Dans tous ces travaux, le corps est traité en référence à des représentations autant qu’à des pratiques. Il se trouve ainsi morcelé, conduit vers d’autres dimensions et d’autres domaines, partout et nulle part à la fois. Polysémique, poussé vers l’abstraction ou naturalisé, il est trop rarement envisagé par les sciences sociales dans sa matérialité et dans sa réalité concrète.

Des contributions sont attendues autour de la question du traitement concret du corps, en vue de clarifier les enjeux sociaux de l’anthropologie du corps, ou plutôt d’une anthropologie des usages sociaux et culturels du corps. Envisager la construction sociale et culturelle du corps rompt avec la perspective ontologique – qui pose le corps comme expression naturelle de la personne – et permet précisément d’envisager le corps et sa définition même comme un enjeu dans les rapports sociaux. Par ailleurs, parler de la matérialité du corps et la considérer dans ses aspects les plus concrets autorisent à sortir du traitement métaphorique et symbolique du corps. Cette dernière tendance prend appui sur la séparation du corps et de l’esprit, dont on sait qu’elle s’est historiquement construite dans la pensée occidentale à partir d’un discrédit du premier et d’une valorisation du second.

Une approche empirique de terrain et une posture réflexive critique sont sollicitées pour renouveler l’étude du corps et des enjeux sociaux qu’il cristallise et condense. Il s’agit d’étudier concrètement les processus de formation et de légitimation de styles et de performances corporelles, tout autant que de montrer le corps aux prises avec les normes et les hiérarchies du social, jouant à la fois comme instance d’identification et de reconnaissance et comme instance de classement et de distinction. Les articles proposés pourront concerner des domaines aussi variés que la santé, la maladie, la sexualité, l’hygiène, l’alimentation, les rituels, les gestes ou les pratiques physiques et sportives... Ils devront toutefois être basés sur le traitement de matériaux ethnographiques précis et contribuer à une analyse des modes de socialisation du corps dans l’espace social.

Calendrier :

Résumés : 15/06/06
Articles : 15/10/06
Publication : 2007

Catégories

Dates

  • jeudi 15 juin 2006

Contacts

  • Laurent Sébastien FOURNIER
    courriel : ls [dot] fournier [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Laurent Sébastien FOURNIER
    courriel : ls [dot] fournier [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Anthropologie des usages sociaux et culturels du corps », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 06 mars 2006, http://calenda.org/191262