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Publié le mardi 07 mars 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Comment définir la position du mythologue face au mythe antique ? Comment définir un mythe face aux sources dont le mythologue dispose ? A quelles conditions est-il possible aujourd'hui de parler de mythe, d'imaginaire, voire de fiction à partir des documents antiques grecs et romains, textes et images ?

Annonce

Colloque international, Paris X Nanterre (THEMAM) et ENS Ulm, 14-15 septembre 2006

Comment définir la position du mythologue face au mythe antique ? Comment définir un mythe face aux sources dont le mythologue dispose ? A quelles conditions est-il possible aujourd'hui de parler de mythe, d'imaginaire, voire de fiction à partir des documents antiques grecs et romains, textes et images ?


Depuis une trentaine d’années maintenant, les chercheurs en mythologie antique se sont trouvés confrontés à un problème récurrent : comment définir avec précision les mythes qu’ils étudient à partir des sources dont ils disposent, qu’elles soient textuelles ou iconographiques. Comment faire la part, face à une œuvre littéraire, entre ce qui relève du mythe et ce qui relève de la littérature ? Comment définir une version du mythe à partir d’une peinture antique sans pour autant créer l’illusion que cette peinture est la simple illustration d’un texte précis ? Comment délimiter les contours du mythe que l’on cherche à analyser ?

Ces questions sont spécifiques à la mythologie antique et tiennent à la nature particulière des documents qui permettent de reconstruire ce que, faute de terme plus précis, on a souvent désigné comme l’imaginaire grec ou latin. Le mythe n’a de ce fait pas reçu à ce jour de définition générale quant à son fonctionnement dans le monde antique. L’aporie à laquelle se trouve confrontée la mythologie contemporaine, la difficulté où elle se trouve à définir son objet exige en effet un renouvellement de l’effort de théorisation qui mette en valeur à la fois la spécificité des sources grecques et latines, mais aussi les conditions exactes dans lesquelles il est possible de parler de mythe.

P. Veyne avait abordé le problème dans son essai "Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?" en remettant en cause le terme même de croyance et en démontrant son inadéquation pour parler du mythe. Dans un domaine parallèle, celui de la théorie littéraire, les travaux de J.-M. Schaeffer, de G. Genette et plus récemment du groupe de recherche Fabula ont contribué à déplacer les notions de vérité et de mensonge et à réorienter la définition de la vraisemblance en construisant les idées de monde possible, d’acte d’adhésion et de reconnaissance, et en réunissant l’ensemble de ces termes autour de la catégorie de la fiction.

C’est à un travail semblable que ce colloque invite ses participants, afin de reprendre la question du mythe en interrogeant le rapport entre le mythe et le document qui permet de le constituer, de l’examiner et de l’analyser. S’il existe, le mythe grec est-il le résultat d’un procédé fictionnel ? Comment se dégage-t-il du procédé de composition poétique ? A quelles conditions peut-on l’isoler, l’identifier et le soustraire au document qui le porte ? Le concept même de fiction, tel qu’il a été élaboré par la critique littéraire contemporaine, est-il pertinent pour parler du mythe ? Quels seraient les modes pertinents pour parler du mythe antique aujourd’hui ? Sur quelles bases construire une analyse du mythe ?

Pour être efficace, l’enquête devra porter sur des exemples précis et prendre en compte différents angles d’approche et différents types de contextualisation, plutôt que des auteurs précis envisagés en catalogue :
— l’expression du mythe au sein de différents genres, épopée, théâtre, épinicie, roman, fable : quelles sont les définitions induites par la pratique des différents genres antiques ?
— l’expression du mythe au travers de différents dispositifs narratifs, étiologie, généalogie, notice mythographique : quelles sont les définitions induites par une pratique distanciée du support poétique ?
— l’expression du mythe au travers de différents documents, textes et chants, inscriptions, iconographie : quelles sont les définitions induites par le recours à des dispositifs appelant des moyens d’expression aussi divergents que l’image et la parole (orale ou écrite) ?

Dans chaque cas, il s’agit d’enquêter sur le mythe non du point de vue de sa définition, mais de son fonctionnement. Le monde du mythe est-il un monde possible ? Exige-t-il une procédure d’adhésion, et si oui, de quel ordre, et avec quelles limites ? Existe-t-il des procédures narratives ou des techniques de représentation iconographique particulières qui permettent de mettre en scène un mythe ? Quelle place trouve dans ce cadre l’utilisation d’adjectifs tels que muthikos et muthôdès, définis traditionnellement comme “fabuleux”, c’est-à-dire “mensongers” ? Le mythe parvient-il à proposer une définition cohérente et unifiée des personnages qu’il met en scène, en récit comme en image, ou le personnage est-il lui-même une fiction supplémentaire, qu’un nom et un récit ou une image organisent de façon temporaire ?

Charles Delattre, Danièle Auger, Bernadette Leclercq-Neveu

Les propositions de communication sont à adresser, accompagnées d’un résumé, avant fin avril 2005

Catégories

Dates

  • dimanche 30 avril 2006

Contacts

  • Charles Delattre
    courriel : charles [dot] delattre [at] u-paris10 [dot] fr

Source de l'information

  • Charles Delattre
    courriel : charles [dot] delattre [at] u-paris10 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Mythe, imaginaire, fiction », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 07 mars 2006, http://calenda.org/191265