AccueilLe profane et le sacré dans l'imaginaire du féminin

*  *  *

Publié le mercredi 08 mars 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Pour le dernier volet de son programme "Pudeur, impudeur, impudence", l'ERCIF sollicite des contributions sur le dualisme profane/sacré qui sous-tend nombre de discours tenus sur la femme et/ou par les femmes ainsi que la représentation - stéréotypée ou atypique - du féminin dans les arts et la littérature.

Annonce

ERCIF
Equipe de Recherche Creativité et Imaginaire des Femmes


Colloque international

"Pudeur, impudeur, impudence : le profane et le sacré dans l'imaginaire du féminin"


Université Michel de Montaigne Bordeaux 3
1er-2-3 juin 2006


Pour le dernier volet de son programme "Pudeur, impudeur, impudence", l'ERCIF sollicite des contributions sur le dualisme profane/sacré qui sous-tend nombre de discours tenus sur la femme et/ou par les femmes ainsi que la représentation - stéréotypée ou atypique - du féminin dans les arts et la littérature.

Le thème choisi vient clore le programme lancé par l'ERCIF en 2003 "Pudeur, impudeur, impudence", en s'attachant plus particulièrement à un phénomène qui est apparu comme récurrent dans les travaux menés jusqu'ici par l'équipe : la mise en relation du féminin et du sacré ou de son contraire, le profane, que ce soit dans un rapport d'inclusion ou d'exclusion, univoque ou ambivalent. Les concepts de "profane" et de "sacré" pourront ainsi être envisagés dans ce qui les oppose, les réunit ou les transcende.

On s'interrogera non seulement sur la place et le statut du féminin dans la pensée religieuse ou irréligieuse tels que les révèlent les discours tenus sur la femme et les diverses représentations qui sont faites de celle-ci, mais également, dans la continuité des précédents colloques de l'ERCIF – "Le Genre et la loi", "Femme et Nature", "Écritures de femmes et autobiographie" – sur le rapport dialectique entre une idéologie "officielle" de la féminité d'une part et le sujet-femme d'autre part tel qu'il intervient dans la créativité féminine.

Il a existé et il existe encore, dans les sociétés de type patriarcal, occidentales et orientales, judéo-chrétiennes ou musulmanes notamment, un discours moral exaltant un idéal féminin de vertu et de pureté auquel la femme, "ce temple construit sur un cloaque" selon la célèbre formule de Tertullien, est appelée à se conformer. Un élément essentiel de cet idéal est la pudeur, à savoir cet effacement de soi, cette discrétion voire cette gêne qui empêche de dire ou de faire tout ce qui pourrait heurter la décence selon un code officiel de la bienséance (moralité, convenances et conventions, savoir-vivre, bonnes manières) et du bon goût (esthétique). D'où l'existence d'une censure, extérieure ou intériorisée, particulièrement en ce qui concerne le corps, sujet qu'une femme ne pourrait ou ne saurait aborder sans déchoir, sans retomber dans ce "cloaque" dont on essaie de la sauver. Ce discours de la pureté et de la pudeur a connu des moments forts ; par exemple, dans les sociétés occidentales, le culte marial au Moyen-Âge et l'idéologie de la "vraie féminité" ou de "l'ange au foyer" (voir le poème de Coventry Patmore, "The Angel in the House", 1885) à l'époque victorienne. Il perdure actuellement dans certaines pratiques sujettes à controverse comme le port du voile. Il met en évidence l'association du féminin et de l'interdit, ainsi que de son corollaire, la transgression. On peut alors se demander si les femmes, bravant les interdits et surmontant les inhibitions de la bienséance, n'ont pas, très tôt et avec une remarquable persévérance, "travaillé" les concepts qui nous préoccupent pour leur donner un contenu autre et se fonder comme sujet (et non plus objet) d'un discours, dans un long parcours identitaire. Sous les apparences de la conformité, l'acte d'écrire, de peindre, de composer, de danser, etc., n'est-il pas, d'ailleurs, par essence impudique puisqu'il s'agit de se dire, de se dévoiler malgré les interdictions ? Il importe de ne pas négliger ce qui peut paraître comme des contre-exemples, notamment le cas intéressant de celles qui ont prétendu ou prétendent jouer le jeu du conformisme dans des ouvrages dits édifiants. Que penser également des textes des grandes figures religieuses féminines dont les élans mystiques relèvent d'un épanchement pour le moins audacieux ? Voilà qui invite à un questionnement et à un travail de théorisation sur la polarité profane/sacré, sa fonction opératoire et sa pertinence dès lors qu'il s'agit de mener une réflexion sur les tentatives de définition "du féminin".

L'objectif du colloque est de réunir autour de cette thématique des spécialistes de différentes périodes, aires culturelles et formes d'expression – littéraire, plastique, photographique, musicale, chorégraphique, scénique, filmique… – dans une approche résolument pluridisciplinaire : critique littéraire et artistique, linguistique, psychanalyse, médecine, théologie, histoire des religions, anthropologie, philosophie sont convoquées pour dialoguer sur "le profane et le sacré dans l'imaginaire du féminin".

Les propositions de communication - titre et résumé d'une quinzaine de lignes - accompagnées d'un CV succinct sont à adresser par courrier électronique avant le 20 mars 2006 à :
Marie-Lise PAOLI
colloque.ercif@u-bordeaux3.fr

Catégories

Lieux

  • Bordeaux, France

Dates

  • lundi 20 mars 2006

Contacts

  • Marie-Lise Paoli
    courriel : marie-Lise [dot] Paoli [at] u-bordeaux-montaigne [dot] fr

Source de l'information

  • Julien Pierre
    courriel : julien [dot] pierre [at] unistra [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le profane et le sacré dans l'imaginaire du féminin », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 08 mars 2006, http://calenda.org/191277