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La pragmatique des émotions aux XIXe et XXe siècles

Traverse. Zeitschrift für Geschichte. Revue d’histoire

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Publié le jeudi 09 mars 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Depuis longtemps, l’analyse des régimes d’historicité des sentiments participe de la description historienne du changement social. Jusqu’à présent, l’attention s’est plus spécifiquement portée sur les débuts de la période moderne: les modernistes retiennent en général un changement social fondamental des affects des ménages, accompagné d’un contrôle croissant des sentiments (Norbert Elias). Depuis quelques années on constate un intérêt renouvelé pour l’histoire des émotions par des analyses qui remettent de plus en plus en question cette description linéaire des phénomènes.

Annonce


LA PRAGMATIQUE DES EMOTIONS AUX 19e ET 20e SIECLES

Date de parution prévue: été 2007

Depuis longtemps, l’analyse des régimes d’historicité des sentiments participe de la description historienne du changement social. Jusqu’à présent, l’attention s’est plus spécifiquement portée sur les débuts de la période moderne: les modernistes retiennent en général un changement social fondamental des affects des ménages, accompagné d’un contrôle croissant des sentiments (Norbert Elias). Depuis quelques années on constate un intérêt renouvelé pour l’histoire des émotions par des analyses qui remettent de plus en plus en question cette description linéaire des phénomènes. En outre, l’analyse du sentiment aux 19ème et 20ème siècles a surgi dans le champ de la recherche et s’est largement répandue. Cette vitalité des recherches est un bon motif pour approfondir, dans un numéro de traverse, le potentiel de connaissances qu’offre l’étude des émotions passées.
Les recherches menées dans les domaines les plus divers soulignent que les émotions sont des phénomènes qui ne sauraient se réduire ni à des processus physiques ni à des états intérieurs des individus, mais qu’il s’agit de phénomènes liés à de multiples processus cognitifs tant de la perception, de l'évaluation que de l'expression. Dans cette perspective, les sentiments sont à la croisée entre individu et société, entre intériorité et extériorité de la personne. C’est pourquoi l’analyse des émotions est un bon outil pour comprendre comment les sociétés perçoivent et évaluent les interactions sociales et le rôle du singulier. Elle peut enrichir l’analyse socio-historique des dynamiques sociales dans différents secteurs de la société comme dans les processus politiques. En outre, elle permet d’accéder aux phénomènes sociaux qui ne peuvent être soumis à l’analyse des règles sociales formelles ou des systèmes symboliques fermés.
Une étude historique des émotions se heurte toutefois au problème que les sentiments ne sont analysables qu’au travers de médiations. Cela n’est toutefois pas une entrave pour l’approche historique; on y verra au contraire l’occasion d’une plongée au coeur du phénomène. En effet, de nombreuses études ont montré que les émotions sont à comprendre comme des formes sociales et donc socialement partagées. Dans son livre «The navigation of feeling», l’historien et anthropologue culturel William Reddy a développé un concept des émotions, par lequel celles-ci sont analysées à travers les interactions sociales, notamment le langage. Le postulat de base de Reddy consiste à retenir que les émotions et les expressions émotionnelles dans les sociétés interagissent de manière dynamique. Cette dynamique émotionnelle peut contribuer à expliquer le changement social. Pour l’analyse historique, cela signifie que les formes émotionnelles des sociétés ne peuvent être examinées indépendamment des modes concrets de communication et d'actions sociales. Au coeur de la démarche se trouve donc la dimension pragmatique des sentiments.
Pour ce dossier de traverse, les contributions devront aborder prioritairement, cette dimension pragmatique. D’une part, sont souhaités des essais abordant des études de cas pratiques et spécifiques aux 19ème et 20ème siècles par lesquels les interprétations et l'apport des sentiments, en somme le rôle des sentiments, sont historiquement contextualisés. D’autre part, ce cahier devrait accueillir des contributions qui se situent sur un plan méthodique et théorique. De quelle manière peut-on mener son enquête comme historien ou historienne, si les sentiments sont des phénomènes fortement dynamiques dont les représentations sociales se modifient? Quel genre de conclusions peut-on effectivement tirer d’une telle enquête si les sentiments ne sont qu’indirectement analysables dans une perspective historique?

RESPONSABLES DE CE NUMERO THEMATIQUE

Marietta Meier, Daniela Saxer

DATES, ADRESSES

Les esquisses pour les contributions (max. 4000 signes, si possible par e-mail, attachement) doivent être envoyées d’ici au 30 avril 2006 à:
Daniela Saxer (saxer@collegium.ethz.ch), Collegium Helveticum, Schmelzbergstrasse 25, CH-8092 Zürich

Catégories

Dates

  • dimanche 30 avril 2006

Contacts

  • Daniela Saxer
    courriel : saxer [at] collegium [dot] ethz [dot] ch

Source de l'information

  • Daniela Saxer
    courriel : saxer [at] collegium [dot] ethz [dot] ch

Pour citer cette annonce

« La pragmatique des émotions aux XIXe et XXe siècles », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 09 mars 2006, http://calenda.org/191284