AccueilRichesse et pauvreté dans les Républiques suisses

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Publié le mardi 14 mars 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

La Société suisse pour l’étude du 18e siècle organise les 24-25 novembre 2006 en collaboration avec la section d’histoire de l’Université de Lausanne un colloque sur le thème „Richesse et pauvreté dans les Républiques suisses“. Les personnes intéressées sont invitées à transmettre des propositions de contributions relatives à l’un des quatre axes mentionnés.

Annonce

Richesse et pauvreté dans les Républiques suisses


La Société suisse pour l’étude du 18e siècle organise les 24-25 novembre 2006 en collaboration avec la section d’histoire de l’Université de Lausanne un colloque sur le thème „Richesse et pauvreté dans les Républiques suisses“. Les personnes intéressées sont invitées à transmettre des propositions de contributions relatives à l’un des quatre axes mentionnés. Le comité d’organisation se réserve la possibilité d’opérer un choix parmi les propositions reçues. Les personnes intéressées sont priées d’envoyer le titre et un court résumé (max. 1 page) au plus tard jusqu’à fin mai 2006 par e-mail (préférablement) ou par poste à l’adresse indiquée ci-dessous.



Colloque international, 24-25 novembre 2006, Université de Lausanne

Organisé par la Société suisse pour l’étude du XVIIIe siècle et la Section d’histoire de l’Université de Lausanne

L’objectif de ce colloque est d’étudier comment les républiques suisses ont abordé le problème de l’inégalité sociale. L’accent sera mis sur le XVIIIe siècle et sur la période de l’Helvétique. Bien que l’inégalité sociale ait toujours fait partie de la vie politique suisse, c’est au XVIIIe siècle que naissent des débats soutenus et critiques autour de l’importance de ce problème pour la politique républicaine. Il s’agira donc d’examiner quels effets les commentateurs politiques suisses, les théologiens et les magistrats, attribuèrent à la compétition économique croissante entre Etats sur la capacité de leurs républiques à maintenir une forte stabilité sociale. Ce faisant, on prendra en considération les solutions théoriques et institutionnelles proposées, de même que leur évolution au cours du XVIIIe siècle, tout en se demandant en quoi elles différaient de celles qui étaient développées ailleurs en Europe.

La confrontation entre les diverses positions des réformistes, magistrats et théologiens suisses en matière de richesse, de pauvreté et d’inégalité et les institutions sociales existantes devrait permettre une compréhension plus claire et historiquement plus nuancée du républicanisme suisse du XVIIIe siècle. Une telle étude pourrait également contribuer à une vision différenciée des aspects respectivement « progressistes » et « traditionalistes » du discours des partisans de réformes.

Il s’agira dans ce contexte d’adopter deux perspectives distinctes. D’une part on étudiera la manière dont les Suisses envisageaient la question de la richesse et de la pauvreté en relation avec leur propre histoire, comment ils comparaient des formes d’inégalité sociale existantes avec celles prévalant par le passé, etc. D’autre part, le discours réformiste suisse sera examiné dans une perspective européenne. C’est d’autant plus important que de nombreuses positions défendues dans des textes suisses de l’époque furent élaborées en réaction à des mouvements intellectuels, économiques et sociaux extérieurs à la Suisse. A ce titre, les réactions des Suisses face au défi que représentait le discours réformiste monarchique, qui acceptait le luxe et l’inégalité comme conséquences inévitables de la civilisation moderne et de la compétitivité économique, s’avèrent particulièrement intéressantes.

La plupart des Suisses se montraient très critiques face à l’inégalité croissante que semblait engendrer l’essor du commerce. Ils rejetaient également le scepticisme moral implicite dans l’apologie moderne du luxe. Pour la plupart d’entre eux, la question centrale était de savoir s’il était possible de participer à la « civilisation moderne » et de profiter de la nouvelle prospérité économique de l’Europe sans pour autant condamner une large frange de la population suisse à la pauvreté. Tandis que certains prônaient l’idéal de pauvreté vertueuse et une redistribution radicale de la propriété, dans le sillage des lois foncières romaines, la majorité d’entre eux semblait accepter que la survie à long terme des républiques suisses au sein de l’Europe exigeait d’elles un pas en direction d’une plus grande ouverture économique. Pour ces derniers il s’agissait de savoir non pas comment éradiquer l’inégalité, mais plutôt comment la contenir et la limiter pour qu’elle n’ébranle pas l’autorité des lois.

Ce projet de colloque part de l’hypothèse que l’intense activité des milieux réformistes suisses du XVIIIe siècle en faveur de nouvelles formes d’aide sociale se développe sur cette toile de fond. C’est également à la lumière de ce contexte qu’il faut analyser les critiques virulentes qu’ont suscité pour des raisons politiques et économiques les institutions existantes. Une attention particulière doit être accordée au phénomène des « Ecoles de Charité » et autres sociétés d’émulation ou d’utilité publique (Aufmunterungsgesellschaften, Gemeinnützige Gesellschaften, etc.). Dans cette perspective on étudiera non seulement les dimensions morale, philosophique, théologique, économique et politique de leur discours réformiste, mais également les solutions apportées au plan pratique et institutionnel, qu’il s’agisse de maisons de travail, de nouvelles formes de corporations, etc.

Le colloque s’articulera autour de quatre sections thématiques :

1. Les républiques suisses et leurs pauvres

La première section se concentre sur l’étude de la richesse et de la pauvreté de la fin de la Réformation à la fin du XVIIe siècle. Sont attendues ici des contributions qui s’intéresseraient au thème des lois somptuaires, de la législation sur les pauvres, du rôle social des corporations comme au rôle joué par les consistoires dans le cadre du maintien d’une discipline morale. On songe également à des contributions portant sur la pauvreté et la charité dans la pensée calvinienne, ou sur la polémique zwinglienne contre le luxe, qui compareraient ces positions à celles de protestants modérés du début du XVIIIe siècle, à l’exemple d’Ostervald qui s’engagera dans le mouvement des Ecoles de Charité.

2. Du luxe monarchique à la frugalité républicaine

La deuxième section se focalise sur le rôle attribué aux républiques par le discours réformiste monarchique de la fin du XVIIe et du XVIIIe siècle. Une attention particulière sera portée à Montesquieu et à la réception de sa pensée en Suisse. Il s’agira d’analyser la réaction des Suisses à la vision de la politique républicaine développée dans L’esprit des lois, ainsi que les alternatives qui y furent opposées, le cas échéant. Il pourrait s’avérer utile de comparer le modèle de Montesquieu avec la vision de la politique républicaine de Rousseau, de Bodmer, de Wegelin ou d’autres patriotes zurichois. Mais on souhaiterait également des contributions consacrées à l’esthétisation de la pauvreté, dans des représentations littéraires et artistiques.

3. Au-delà du luxe et de la charité

La troisième section porte sur les débats suisses consacrés aux stratégies en matière de gestion de la pauvreté susceptibles de remplacer le luxe et la charité. On songe ici à des contributions qui examineraient les confrontations intellectuelles survenues dans diverses sociétés réformistes, mais aussi à celles qui s’intéresseraient aux nouveaux concepts d’éducation populaire qui furent développés en lien avec la disette de 1771/72. Il conviendrait également d’étudier comment pauvreté et mendicité furent thématisées dans le cadre des Lumières et de la Volksaufklärung.

4. Institutions de bienfaisance

La dernière section est consacrée au développement de nouvelles formes d’institutions de bienfaisance en Suisse (voire dans d’autres pays européens tels que la Hollande, l’Angleterre, la France ou les territoires allemands). Des contributions traitant des Ecoles de Charité, des maisons de travail et des différentes formes de sociétés de bienfaisance, mais également des loteries, des investissements étrangers et des premières expériences de fonds de pension seraient bienvenues.

Comité d’organisation: André Holenstein (Bern), Béla Kapossy (Fribourg, Lausanne), Danièle Tosato-Rigo (Lausanne), Simone Zurbuchen (Fribourg)

Catégories

Lieux

  • Lausanne, Confédération Suisse

Dates

  • mercredi 31 mai 2006

Contacts

  • Béla Kapossy
    courriel : kapossy [at] bluewin [dot] ch

Source de l'information

  • Béla Kapossy
    courriel : kapossy [at] bluewin [dot] ch

Pour citer cette annonce

« Richesse et pauvreté dans les Républiques suisses », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 14 mars 2006, http://calenda.org/191315