AccueilFracture(s) coloniale(s)

Fracture(s) coloniale(s)

Penser le postcolonial dans les sciences sociales françaises

*  *  *

Publié le lundi 20 mars 2006

Résumé

Il s’agira pour les intervenants de présenter le rapport qu’entretiennent leurs recherches avec l’évolution française et internationale des questions postcoloniales. En illustrant d’un point de vue original leurs perspectives méthodologique, épistémologique et critique, ils questionneront, selon et depuis leurs champs, l’hypothèse du continuum (héritages-reformulations). Ceux-ci ont été sélectionnés parce qu’ils inscrivent leurs problématiques larges dans l’un des axes de recherches de l’Institut : cultures et identités, genre et classe, mémoire et persistance historique.

Annonce

Séminaire public

 

Fracture(s) coloniale(s)

Penser le postcolonial dans les sciences sociales françaises

 

mercredi 5 avril 18h-21h

Université Saint-Denis Paris 8, Salle B132.

 

Le rapport qu’entretiennent les sciences sociales françaises avec le paradigme postcolonial anglo-saxon est ambigu. Il est généralement admis que l’université française serait restée hermétique aux apports des postcolonial studies. C’est pourtant bien aux french studies – terme que l’on ne semble employer qu’à l’étranger- que ces premières font incessamment référence. Si, effectivement, les théoriciens principaux des postcolonial, cultural, gender, et queer studies sont marginalisés en France, les problématiques qu’ils développent ont fait un retour en force dans les travaux de la génération post-89. Il semble que les objets hybrides comme les sujets subalternes ont traversé une longue période de latence avant de trouver des réseaux de légitimation qui les appréhende comme des objets en soi et non connexes. Cette période correspond à celles des « trente glorieuses  françaises », elle est conjuguée à un trou de mémoire (post)colonial et à une phase d’invisibilité historico-politique du dominé issu de la colonisation. Au seuil des années 1990, avec l’arrivée des « secondes générations issues de» dans l’université, et la convergence des crises socio-économiques, ce paradigme négatif se rompt et fait se retrouver, en France, les outils des french studies qui n’avaient pas été relégués (issus de Foucault, Derrida, Deleuze…) et les objets postcoloniaux. Des séries de recherches croisant le genre et l’ethnicité, l’hybridité et les rapports de classe, l’institution imaginaire de la société et les techniques de contrôle réelles et symboliques des descendants de la colonisation émergent alors. C’est dans ce contexte et au contact d’une politisation progressive de la problématique, que le début de millénaire fait se rompre les paradigmes et se déchirer les « écoles ». Ce rapport « ambigu » semble bien être un moment de contradiction, en passe d’être dépassé, produit d’une dialectique entre la légitimité épistémologique d’un objet et le statut politique des énoncés qui s’y réfèrent. Un changement de paradigme est le symptôme d’une large transformation sociale dont l’université n’est que la caisse de résonance et que l’on peut dès à présent questionner.  

Il s’agira pour les intervenants de présenter le rapport qu’entretiennent leurs recherches avec l’évolution française et internationale des questions postcoloniales. En illustrant d’un point de vue original leurs perspectives méthodologique, épistémologique et critique, ils questionneront, selon et depuis leurs champs, l’hypothèse du continuum (héritages-reformulations). Ceux-ci ont été sélectionnés parce qu’ils inscrivent leurs problématiques larges dans l’un des axes de recherches de l’Institut : cultures et identités, genre et classe, mémoire et persistance historique. Ils ont par ailleurs, contribué pour plusieurs d’entre eux à l’ouvrage La Fracture Coloniale (La Découverte, 2005). Ce séminaire aura la double fonction de proposer un enseignement de pointe aux étudiants de l’Institut et de l’université ainsi que d’ouvrir l’Université et ses questionnements sur la sphère publique en proposant une diffusion plus large de recherches novatrices sur ces questions qui déchirent actuellement la société française, ses périphéries et les marges de ces périphéries.

Attention : programme modifié

 

18h00. Présentation.
Questions postcoloniales, rupture de paradigme ?
Mathieu Rigouste.

18h30. Médias et altérité. Analyser la construction médiatique de l’islamophobie .
Thomas Deltombe, journaliste indépendant.
Dernier ouvrage paru : L’Islam imaginaire. La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005, La Découverte, 2005.

19h15. Apologie de la colonisation  et discrimination mémorielle.  
Olivier Le Cour Grandmaison, enseignant en sciences politiques, université d'Evry-Val-d'Essonne
dernier ouvrage paru: Coloniser. Exterminer. Sur la guerre et l'Etat colonial, Fayard, 2005.

20h00. La mémoire du fait colonial et l’expression culturelle de l’immigration algérienne en France : enjeux épistémologique et méthodologique
Naima Yahi. Doctorante, responsable de projet à Génériques.

Lieu : Université Saint-Denis Paris8 Métro Saint-Denis Université Salle B132

Catégories

Lieux

  • Saint-Denis, France (93)

Dates

  • mercredi 05 avril 2006

Contacts

  • Rigouste Mathieu
    courriel : mathieurigouste [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • mathieu rigouste
    courriel : mathieurigouste [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Fracture(s) coloniale(s) », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 20 mars 2006, http://calenda.org/191336