AccueilLes relations entre pays producteurs et compagnies pétrolières au XXe siècle

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Publié le lundi 20 mars 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Après le colloque tenu en 2003 sur les « compagnies pétrolières nationales » (publié en fin d’année), une deuxième rencontre internationale sera consacrée en septembre 2006 à l’histoire des relations entre les compagnies pétrolières (au sens le plus large du terme) et les pays producteurs (sans exclusive géographique). Ce thème rencontre des échos contemporains et une perspective de longue durée peut aider à comprendre les évolutions, les ruptures ou les continuités, les spécificités du rapport complexe entre l’acheteur et le fournisseur.

Annonce

Après le colloque tenu en 2003 sur les « compagnies pétrolières nationales » (publié en fin d’année), une deuxième rencontre internationale sera consacrée en septembre 2006 à l’histoire des relations entre les compagnies pétrolières (au sens le plus large du terme) et les pays producteurs (sans exclusive géographique). Ce thème rencontre des échos contemporains et une perspective de longue durée peut aider à comprendre les évolutions, les ruptures ou les continuités, les spécificités du rapport complexe entre l’acheteur et le fournisseur.

Il est bien entendu possible et souhaitable de comprendre l’avant-guerre dans la période d’étude. Le système de prix est un des éléments à prendre en compte, d’abord avec un mécanisme basé sur les Etats-Unis (New York Plus et Gulf plus) qui se décale de plus en plus pour tenir compte de la montée en puissance des gisements du Moyen-Orient. Surtout, il faudrait revenir sur l’exemple mexicain et la première nationalisation significative avec la création de la Pemex (1938). De même le Vénézuéla est à l’origine du premier partage des bénéfices (fifty-fifty) en 1948. A l’inverse, pendant une trentaine d’années, le système mis en place par le cartel dit des 7 Sœurs maintiendra une bonne stabilité des prix. L’après-guerre va progressivement modifier ces données initiales. D’une part les Etats-Unis deviennent importateurs nets. Les regards se portent donc de plus en plus à l’extérieur des Etats-Unis ce que faisaient déjà les Majors mais que font à leur tour les Indépendants. L’accord 50/50 avec le Vénézuéla devient dès lors une référence pour des états producteurs qui veulent une redistribution plus équitable des recettes pétrolières. La première crise significative éclate en Iran avec la nationalisation proclamée par le Dr Mossadegh (1951/53). Mais le dénouement de la crise en 1954 aboutit à un nouveau partage des bénéfices 50/50, signe d’un changement géopolitique significatif dans un monde devenu plus complexe (on peut y ajouter la nationalisation du canal de Suez en 1956 et un premier rationnement en Europe). De plus, les Indépendants américains montrent pour la première fois leur force en entrant dans le consortium iranien. Ils feront davantage en investissant et en découvrant du pétrole au Moyen-Orient, au Sahara, en Libye… Un autre changement majeur intervient durant cette période dans le calcul des prix postés (posted prices) qui doivent tenir compte du poids du Moyen-Orient avec ses bruts bon marché. Désormais, la cotation est établie au départ de chaque zone productrice, le prix final prenant en compte le fret. Trois facteurs vont profondément transformer le marché pétrolier par la suite et par voie de conséquence les relations pays producteurs/compagnies pétrolières : la généralisation du partage 50/50, l’affirmation des compagnies nationales et la création de l’OPEP. Avec la création de cette dernière Organisation, le partage 50/50 est peu à peu abandonné et la balance penche du côté des pays producteurs. L’indépendance de l’Algérie donne à ce pays la maîtrise d’une industrie pétrolière majeure. La fin des années 1960 voit aussi une nouveauté au Moyen-orient : les contrats d’entreprise où une compagnie pétrolière offre ses services et un financement sans être elle-même concessionnaire. Le premier choc pétrolier souligne combien le pétrole est devenu une arme stratégique pour les pays producteurs (la guerre de 1967 l’avait en fait déjà montrée mais avec une plus faible ampleur). Les années 1970 sont sans doute celles du renversement définitif du rapport de force en faveur des pays producteurs, avec le poids croissant de pays déterminés comme la Libye. Le deuxième choc pétrolier confirme cette mutation. La période qui clôt le XXè siècle reste complexe : d’un excédent de production, le monde est passé à de fortes tensions du fait de la demande croissante de nouveaux pays non producteurs comme la Chine ou l’Inde. L’OPEP affaibli par la production non-OPEP sait que les réserves majeures sont encore au Moyen-orient. Le géant russe s’est réveillé et peut jouer sur les cours. Le discours de certains pays producteurs comme le Vénézuéla n’est pas sans rappeler l’exemple mexicain d’avant-guerre. Plus que jamais, la relation complexe et nécessaire entre les pays producteurs et les compagnies pétrolières est au centre des préoccupations.

Le colloque de septembre 2006 combinera donc des approches économiques, géopolitiques et techniques. Dans un premier temps, nous souhaiterions privilégier le cas des pays européens et celui des compagnies pétrolières de cet espace. Selon les réponses, il sera plus ou moins possible d’élargir la problématique à d’autres continents. Les organisateurs assureront l’hébergement et les repas sur place. Un nombre limité de déplacements pourra être pris en charge.

-> Les propositions de communication (d’une demi-page à une page) doivent être adressées avant le 15 mai 2006 soit en français soit en anglais à :

Alain BELTRAN
Directeur de recherche au CNRS
beltran@univ-paris1.fr
adresse postale : Château de Vincennes, 1 avenue de Paris, 94300 Vincennes, France

Catégories

Dates

  • lundi 15 mai 2006

Contacts

  • Alain Beltran
    courriel : beltran [at] univ-paris1 [dot] fr

Source de l'information

  • Alain Beltran
    courriel : beltran [at] univ-paris1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les relations entre pays producteurs et compagnies pétrolières au XXe siècle », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 20 mars 2006, http://calenda.org/191342