AccueilLes espaces de l'atelier

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Publié le jeudi 06 avril 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Journée d'étude organisée par l'Equipe de recherche EA 3400 et les Musées de Strasbourg, s'intéressant à la notion centrale de l'atelier de l'artiste.

Annonce

Les espaces de l’atelier


Journées d’études

4-5 mai 2006

Auditorium du Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg


EA 3400/Université Marc Bloch - Musées de Strasbourg


Jeudi 4 mai

Matinée - Président de séance Laurent Baridon

9h 15 Accueil des participants

9h 30 Marie-Anne Lescourret L’atelier intérieur ; la mélancolie

Il s'agira à partir des études de Wittkower, Panofsky et donc du néoplatonisme à la Renaissance d'évoquer la mélancolie comme moteur de la création artistique, composante de ce que le psychologue autrichien J. Graf appelait « l'atelier intérieur ».

Marie-Anne Lescourret est professeur associé d'esthétique à l'Institut d'histoire de l'art de Strasbourg. Elle travaille à une herméneutique de l'œuvre d'art picturale et musicale au moyen des divers outils fournis par la philosophie du langage. Elle est notamment l’auteur d'une Introduction à l'esthétique(Champs Flammarion) ainsi que d'ouvrages sur Rubens, Levinas,Goethe et Claudel dont la création est envisagée dans sa contextualisation historique.


10h Anne-Doris Meyer La maison natale de l’artiste comme« l’atelier imaginaire »

En 1841, le clos Poussin, lieu natal du peintre (aux Andelys, dans l’Eure), est mis en vente. L'helléniste normand Gandar se fait alors le défenseur de la création d’un musée Poussin en ces lieux. Dans les années 1920, Barrès s’emploie à transformer également la maison natale du Lorrain (Chamagne, Vosges) en musée. Ces deux propositions, éloignées dans le temps, possèdent entre elles bien des points communs. Il est frappant de constater que malgré la distance chronologique, les mêmes arguments sont utilisés : dans l’un comme dans l’autre cas, l’emprise du lieu natal sur l’œuvre est revendiquée, et les deux sites sont décrits comme des matrices dont toute l’œuvre ultérieur porte la marque. De même, c’est la maison de Jeanne d’Arc à Domrémy qui tient lieu de référence commune aux deux projets. Plus qu’un musée, c’est d’un temple dédié au génie du lieu qu’il s’agit de créer. Il convient, comme l’écrit Gandar, de lui permettre d’agir encore et aussi d’en préserver la pureté et l’intégrité, comme le souligne Barrès. Nous nous proposons d’étudier ces deux projets qui n’ont finalement pas été réalisés, en analysant le thème de la maison natale considérée comme un « atelier imaginaire ».

Anne-Doris Meyer est docteur en histoire de l’art, chargée de cours au département des Arts visuels de l’université Marc Bloch Strasbourg 2. Elle travaille sur l’histoire des pratiques muséographiques. Elle a publié : « Les donations Le Véel, du musée d’artiste au musée de collectionneur », catalogue de l’expositionArmand Le Véel, de cape et d’épée, Cherbourg-Octeville, musée d’Art Thomas-Henry, 8 juillet-31 octobre 2005, Cherbourg-Octeville, Éditions Le vent qui passe, 2005, p.55-59 ; « Hans Haug et le musée de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg », La Revue d’Alsace (à paraître en septembre 2006) ; « Les missions archéologiques françaises en Grèce et en Asie Mineure sous la monarchie de Juillet »,Actes du Colloque Révolution, politique, guerre et déplacement de l’art, 1789-1848, Institut National d’Histoire de l’Art/Getty Research Institute, édités par le Getty Research Institute et les Presses Universitaires de Rennes. (à paraître fin 2006).


Questions

Pause


11h Martial Guédron L'atelier du graveur. Résistance des matériaux, volonté incisive, aspiration à la lumière

Entre la fin de la Renaissance et les débuts du XIXe siècle, l’atelier comme bottega a cédé du terrain à l’atelier comme studio. Les représentations de l’atelier comme lieu où se manifeste un travail commercialisable ont été peu à peu dévalorisées au profit de celles qui en faisaient avant tout un lieu de méditation. Cette évolution est sensible dans les textes et les images évoquant l’activité des graveurs. En 1660, en France, la gravure était promue au rang d’art libéral ne pouvant être assujetti à d’autres lois qu’à celles des intentions de l’artiste. Dès lors, les représentations d’ateliers de graveurs qui décrivaient avec précision les phases d’un travail mécanique au sein d’un espace collectif furent concurrencées par les portraits individuels d’artistes inspirés et élégants aspirant au libre épanouissement de leur personnalité. Naturellement, les critiques et les amateurs d’art s’en mêlèrent : investissant l’espace de l’atelier, jouant avec ses outils et ses accessoires, ils multiplièrent les métaphores sur les résistances de la matière, la volonté incisive des vrais créateurs et leur aspiration à la lumière. Le vieux clivage théorique entre le métier physique du sculpteur et l’activité intellectuelle du peintre fut même adapté aux discours sur la gravure à travers l’opposition entre « burinistes » et « aquafortistes ».

Martial Guédron étudie les modèles épistémologiques dans les représentations du corps au 18e et 19 siècles. Il s'intéresse également aux mythes que construisent les discours sur les arts et les artistes depuis la Renaissance. Depuis une dizaine d'années, il travaille en collaboration avec Laurent Baridon sur les enjeux esthétiques des théories physiognomoniques aussi bien dans l'art savant qu'à travers l'image satirique et la caricature. Cette collaboration s'est traduite par la conception et organisation de l’expositionHomme-Animal. Histoires d’un face à faceainsi que la codirection du catalogue qui en est résulté (Musées de Strasbourg/Adam Biro, printemps 2004). En préparation, toujours avec Laurent Baridon, un ouvrage sur l'histoire de la caricature de la Renaissance à nos jours.Autres publications : Peaux d’âmes.L’interprétation physiognomoniques des œuvres d’art,Paris, Kimé, 2001 ; De chair et de marbre. Imiter et exprimer le nu en France (1745-1815), Paris, Honoré Champion, 2003.


11h 30 Mathieu Schneider Peut-on parler d’ « ateliers » de compositeurs ? Réflexion autour de la notion d’atelier en musique à partir de trois exemples de la musique d’après-guerre

L’atelier est le lieu de travail d’un artiste ou d’un groupe d’artistes ; par extension, le terme a rapidement eu tendance à désigner ce groupe d’artistes, et non plus simplement le lieu. Presque chaque artiste peintre ou sculpteur a donc eu son atelier (dans le sens où ce terme désignait son lieu de travail), mais nombreux aussi sont les peintres et sculpteurs (notamment à la Renaissance) qui avaient autour d’eux un groupe de disciples voire un cénacle d’artistes. En musique, la notion d’atelier semble peu communément utilisée dans son sens premier. On n’entendra que rarement un compositeur appeler « atelier » son lieu de travail. En effet, l’origine du terme même d’atelier (« astelle », éclat de bois) ramène implicitement le travail de l’artiste au travail du matériau. Le peintre travaille concrètement à partir de gouache et de peinture, qu’il l’applique sur sa toile ; le sculpteur s’attaque à la matière brute (plâtre, bois, pierre…) pour en faire une œuvre d’art. En musique, la matière est invisible, le travail est purement intellectuel, conceptuel, notamment aux époques classiques et romantiques. Mon idée est que c’est au moment précis où le son en vient à être considéré comme unmatériau que le compositeur entend véritablement façonner, et non simplement intégrer à une forme, que la notion d’atelier (dans sa première, mais surtout dans sa seconde acception) commence à prendre un sens en musique. Les artistes éprouvent le besoin de se regrouper pour faire part mutuellement de leurs recherches, pour expérimenter ensemble un nouveau traitement du son, pour confronter leurs démarches. Pourtant, là encore, il ne faut pas aller trop vite en besogne et ne pas assimiler trop hâtivement école (laquelle implique l’idée d’une doctrine, d’un enseignement) et atelier. Mon idée est donc de considérer plusieurs regroupements de compositeurs et de musiciens au lendemain de la Seconde guerre mondiale et d’étudier la pertinence du concept d’atelier en musique. Je considérerai pour ce faire les cours d’été de Darmstadt (pour lesquels il me semble plus pertinent de parler d’école que d’atelier), le studio de la RTF à Paris et le studio de la WDR à Cologne (sous les directions respectives de Pierre Schaeffer et Herbert Eimert). Ces deux derniers groupements d’artistes-expérimentateurs se rapprochent certainement le plus de la notion d’atelier, tant par leur revendication ouverte de travailler sur le matériau sonore que par leur approche expérimentale. J’étudierai aussi les modes de fonctionnement de ces groupements de compositeurs afin de faire ressortir des parentés avec les ateliers de peintres et de sculpteurs.

Mathieu Schneider est maître de conférences à l’université Marc-Bloch où il enseigne l’histoire, l’analyse et l’esthétique de la musique de la fin du xixe siècle et du xxe siècle au département Musique. Auteur d’une thèse sur l’influence du premier romantisme allemand dans les formes symphoniques postromantiques (G. Mahler, R. Strauss) publiée aux éditions Gorz (Waldkirch, 2005), il poursuit actuellement ses recherches à la fois dans le domaine des parallèles entre musique et littérature (le problème de l’humour en musique) et dans celui de la transition entre romantisme et modernité (sur Enesco, R. Strauss, G. Mahler, A. Schoenberg, P. Hindemith…). Rédacteur en chef des Cahiers Franz Schubert, il collabore au programme international de recherche en signification musicale (ICMS) et rédige entre autres des notices pour la nouvelle édition de l’encyclopédie allemande Die Musik in Geschichte und Gegenwart.


Questions



Repas à l’Art Café


Après-midi

Présidente de séance Marie-Anne Lescourret

14h Laurent Baridon Les ateliers de Le Corbusier : l'architecte entre création, diffusion et communication

Par son inscription profonde dans la société, l’architecture est essentiellement collective. Elle l’est encore par le partage des tâches qui s’opère entre le maître d’œuvre et le maître d’ouvrage, entre le concepteur et les exécutants, mais aussi entre ceux qui entourent directement l’architecte : associés, ingénieurs, dessinateurs, etc. Certains architectes fondent des agences, d’autres des ateliers. Ils les dirigent seuls ou collectivement, signent leurs édifices de leur nom ou de celui de la structure. L’exemple des ateliers de Le Corbusier permet de comprendre le partage opéré entre travail individuel et collectif dans sa pratique de l’architecture, mais surtout de cerner la stratégie de communication qu’il a élaborée, tant à usage interne qu’à celui du public et des commanditaires. L’actuelle médiatisation des architectes hérite de cette redéfinition moderne de leur image.

Laurent Baridon enseigne à l'UMB l'histoire de l'architecture des périodes moderne et contemporaine. Ses recherches portent sur les imaginaires scientifiques et sociaux des artistes tels qu'ils s'expriment dans les productions visuelles et théoriques. Il prépare actuellement deux ouvrages, l'un consacré aux mythes de l'incarnation en architecture, l'autre à la caricature, en collaboration avec Martial Guédron. Il a publié : L’imaginaire scientifique de Viollet-le-Duc, Paris, Université des Sciences humaines de Strasbourg/ L’Harmattan (collection VILLES, histoire, culture, société), 1996 (290 p.).En collaboration avec Martial Guédron, Corps & arts, physionomies et physiologies dans les arts visuels, Paris, L’Harmattan/Centre Koyré, CNRS, collection Histoire des Sciences Humaines, 1999 (265 p.) ; Laurent Baridon & Martial Guédron (ed.), Homme-Animal, histoires d’un face à face, cat. expo. Musées de Strasbourg avril-juillet 2004, Paris/Strasbourg, Adam Biro/ Musées de Strasbourg, 2004 (301 p.).


14h30 Valérie Da Costa L'atelier du sculpteur : Germaine Richier et Alberto Giacometti sous le regard des écrivains

L’atelier de l’artiste a toujours été envisagé comme un lieu fascinant, inaccessible, mystérieux. En choisissant ceux de Germaine Richier et d’Alberto Giacometti, nous verrons comment les écrivains (F. Ponge, J. Genet, G. Limbour) et les photographes (Brassaï, D. Colomb, E. Scheidegger) ont tenté de saisir par les mots et les images la singulière atmosphère d’un lieu de création.

Valérie Da Costa est maître de conférences en histoire de l’art contemporain-XXe siècle à l’université Marc Bloch de Strasbourg. Critique d’art, elle collabore à plusieurs revues (Mouvement, Art press…). Elle vient de faire paraître un livre sur Germaine Richier aux Editions Norma (Paris).

Questions

Pause


Présidente de séance Valérie Da Costa

15h 15 Corinne Pencenat De l'atelier au Laboratoire Expérimental chez Pinot-Gallizio : du singulier au collectif, Alba le creuset de l'Internationale Situationniste

A la fin des années quarante, l’avant-garde européenne remet en question les principes du surréalisme. Alba a été le lieu de rencontres, de pratiques et de pensée qui devaient réaliser la fusion de l'art avec la vie. Entre 55 et 57, Asger Jorn et Giuseppe Pinot-Gallizio transforment l'atelier en un laboratoire expérimental. Pour les artistes qui s'y retrouvent, l'art est le fruit d'une implication sociale et politique qui doit changer les conditions de la vie quotidienne. Il s'y nouera le dernier chapitre des avant-gardes.

Corine Pencenat a soutenu une thèse sur Le cirque dans la peinture de Fernand Léger à l’EHESS sous la direction de Louis Marin en 1990. Enseignante à l’école Nationale des Arts du Cirque à Châlons-sur-Marne, puis dans différentes écoles des Beaux-Arts, membre de l’Association internationale des Critiques d’Art (AICA) depuis 1987, elle est actuellement maître de conférence à l’UFR Arts de l’université Marc Bloch à Strasbourg. Elle a récemment publié : « De Strasbourg, Lettrisme et situationnisme, hier et aujourd’hui »,Cahiers/Chroniques, n°4, Université Marc Bloch, UFR Arts, Strasbourg, dernier trimestre 2005 ; « Le cirque, un espace dramaturgique de la mobilité : le corps forain, Lola Montés », Cahiers Recherche, Université Marc Bloch, UFR Arts, Strasbourg, juin 2004 ; « L’œil moteur », Musée d’Art Moderne et contemporain de Strasbourg, Universalia 2006, ed. Encyclopédie Universalis, Paris ; « La Grande Parade » , Galeries Nationales du Grand Palais, ParisUniversalia 2005, ed. Encyclopédie Universalis,, Paris ; « Autour de l’art des années 1950-1960 » Paris, Universalia 2005, ed. Encyclopédie Universalis, Paris ; « La formation à l’École supérieure d’art dramatique du Théâtre National de Strasbourg », in Les nouvelles formations de l’interprète, théâtre, danse, cirque, marionnettes, Anne-Marie Gourdon (dir.), CNRS, Paris, 2004 ; « Véronique Boudier, le corps un matériau acceptable », Emmetrop : 20 ans Bourges, 2004 ; « Christelle Familiari, Jusqu’au bout d’un possible [...] » Frac des Pays de la Loire Janvier 2004 ; « Un théâtre d’auteur , Jean Lambert-wild », Théâtre-Public, Gennevilliers, n°174 Juillet-Septembre 2004 ; « Dessin d’enfant et primitivisme à l’aube du XX°siècle »,Critique d’art, n°23, Printemps 2004.


15h 45 Olivier Neveux De « l'atelier » comme maquis. Armand Gatti et la maison de l'arbre à Montreuil

Le travail du poète-dramaturge Armand Gatti trouve à compter de 1989 un point d'ancrage dans sa longue migration entamée à partir de la censure de sa pièce La Passion en violet, jaune et rouge en 1968 sur ordre du général Franco. Depuis ce temps, Gatti avait erré : de l'Allemagne des années de chasse à l'homme où il s'affirmait solidaire des militantes de la RAF à l'Irlande où mourrait Bobby Sands. Quelques années de stationnement à Toulouse avait permis ce travail avec le peuple des sans-langages : les loulous. Arrivé en 1989, Gatti investit la maison de l'arbre (du nom de l'arbre du cinéaste Méliès) : espace rare pour un homme de théâtre puisqu'il s'agit d'entrepôts — et qu'il n'y sera pas question de représentations. Et tente d'inventer un lieu de travail et de retrouvailles, espace de création des complots à naître, ouvert sur le monde et ses résistances. Cette « maison de l'arbre », halte dans l'errance d'une parole, dessine un type d'atelier d'artiste particulier. Elle se refuse à n'être qu'un lieu de retrait et de création de l'artiste. Mais simultanément, et de manière effective, cette maison permet bien le repli, l'écriture, la production de projets sérigraphiques, théâtraux, cinématographiques. Cette tension est au cœur même du projet. Un hors le monde, hors-le-théâtre qui se rêve, paradoxalement, comme le lieu possible d'une résistance collective manifeste, explicite et qui prend source au cœur même de la biographie gattienne, dans son expérience de maquisard, en 1942, en Corrèze.

Olivier Neveux est maître de conférences en arts du spectacle à l'université Marc Bloch Strasbourg II et enseignant à l'Ecole Nationale des arts et des techniques du théâtre (ENSATT- Lyon) — section écriture. Il publiera en janvier 2007 Théâtres militants aux Editions la Découverte et, avec Christian Biet, Une histoire critique du spectacle militant : théâtres et cinémas militants 1966-1981, actes du colloque de l'université Paris X Nanterre, la cinémathèque française et le Cartoucherie de Vincennes (Editions l'Entretemps) qui comprendra entre autres un scénario inédit d'Armand Gatti Les Katangais. Il a préfacé l'édition de la dernière pièce publiée de Gatti Le Couteau toast d'Evariste Galois... (à paraître en juin 2006 chez Verdier) et prépare l'édition critique des écrits sur le théâtre d'Armand Gatti.


Questions


Pause



16h 30 Catherine Jordy L'atelier au cinéma

Les ateliers sont fréquemment représentés au cinéma et correspondent à des reconstitutions de lieux de vie dans les biographies d’artistes ou constituent une mise en abyme de la démarche artistique du cinéaste, entre autres possibilités... Le cinéma dans son ensemble (du scénario à la promotion) est souvent comparé à un gigantesque atelier ; quant au décor, il a tout de l’atelier. Petite promenade sémiologique, sociologique et analytique dans les ateliers du 7e Art.

Catherine Jordy est docteur en histoire de l'art. Sa thèse portait sur la Peinture romantique en Alsace (1770-1870). Elle assure des vacations dans différentes universités (Strasbourg, Metz, Luxembourg) sur l'histoire de la peinture occidentale de la fin du Moyen Âge jusqu'à la fin de la seconde Guerre Mondiale. Elle donne également des cours en anglais sur l'histoire du cinéma pour l'antenne strasbourgeoise d'une université américaine (Syracuse University).

Questions


Programmation film : présentation Patrick Javault

Jeff Koons. Un homme de confiance. Un film écrit par Judit Kele et Patrick Javault. Réalisé par Judit Kele (2004)

Jeff Koons est sans doute le plus célèbre et le plus controversé des artistes vivants. Rassemblant en lui l’esprit positif des grands entrepreneurs, la liberté du Pop et une exigence de perfection digne des maîtres anciens, Jeff Koons a indéniablement réussi à populariser les stratégies de l’avant-garde. Le film témoigne de sa réinvention du rôle de l’artiste en homme de communication, et de la place prise par ses œuvres dans la vie de quelques collectionneurs qui lui ont permis de réaliser ses rêves. A travers son activité d’artiste, ses propos et ceux de quelques proches, cet univers de séduction et de reflets laisse aussi entrevoir ses zones d’ombre et d’opacité.

Vendredi 5 mai


Matinée

Président de séance Mathieu Schneider

9h 15 Germain Roesz L’atelier comme espace du déplacement

Ma pratique artistique s’est transformée au cours des années en modifiant la réalité de l’atelier. D’une certaine manière l’atelier s’est déplacé parce que vécu (porté) par l’œuvre en cours. C’est cet aller et retour que j’interroge ici, c’est ce point où le lieu d’une fabrique témoigne d’une pensée. L’atelier n’est pas le lieu séparé de l’œuvre et ce n’est pas juste l’espace utile pour l’œuvre, c’est bien davantage. C’est l’un des nœuds où se déploie l’œuvre comme outil, c’est l’une des aires où s’expérimente le non encore connu. C’est encore le lieu d’un arrêt pour une œuvre et pour une vie qui a choisi le flux continu. L’atelier en ce sens participe d’une interrogation sur la réalité de l’œuvre. Il condense autant les choix par rapport à l’atelier contemporain que ceux liés aux multiples types, genres et fonctionnements de l’atelier en général. Il cristallise l’engagement de l’artiste. J’interroge donc l’atelier comme un paradoxe actif.

Germain Roesz est professeur à l’UMB, directeur de l’UFR des arts. Il agit dans des espaces diversifiés qui conduisent à une lecture multiple et pourtant reliée ― peinture, sculpture, performances poésie/action (nombreuses expositions en France et à l’étranger. Il y a plus de 10 ans création du duo L’épongistes ― Rien naît à sa place ― avec Jean-François Robic. Dans le champ de la recherche universitaire il développe une réflexion sur la création collective et sur les questions de la représentation du politique où les dimensions sociales, politiques, économiques et esthétiques sont au cœur du dispositif analysé. Il dirige la série Ars dans la collection « Esthétiques » (L’Harmattan). Avec Sylvie Villaume il a créé les éditions Lieux-Dits (poésie contemporaine et textes d’artistes). Il tient une rubrique philo/texte (chaque mois) dans la revue Regioartline. Germain Roesz a publié récemment : Sculptures trouvées, avec Jean-François Robic, coll. Esthétiques, Harmattan, 2003 ; Revue Plastik, entretien avec Anna Guilló et Katherine Gattinger, déc. 2004, Paris ; C’est la critique, L’épongistes (Rien naît à sa place), déc. 2004, Rouen/Strasbourg ; Il. dit c’est un poème d’amour, avec des photographies d’Henri Maccheroni et Pascal Roulet, Ipsa facta, 2005, Paris ; Catalogue raisonné de Godwin Hoffmann, entretien, Somogy éditions, 2005, Paris ; Les grappins, catalogue Robic, textes J.F. Robic et G. Roesz - éditions La minoterie, Penzé, 2005 ; Catalogue Mroczowski Stéphane - texte Germain Roesz - co-éditions La minoterie & Ass. Faisant, 2005 ; La couleur de l’horizon, À propos de trois œuvres de Didier Guth, textes D. Guth, J.-F. Robic et G. Roesz, Cahiers recherche, UMB, Strasbourg, 2005 ; L’art dans son temps, sous la direction de Jean-Louis Flecniakoska, Ars, Harmattan, 2006.


09h 45 Jean-François Robic Mes ateliers

Sortir de l’atelier ou y rester ; l’atelier est le lieu même de la production de l’œuvre et ne peut donc se définir qu’en fonction de la nature de celle-ci, et non comme un lieu préconçu : mais est-ce l’œuvre qui en détermine l’espace et l’usage, ou au contraire, l’atelier ne participe-t-il pas de la mise en forme de l’œuvre ?

Jean-François Robic, artiste et professeur d’arts plastiques à l’Université Marc Bloch. Equipe d’accueil 3402 Approches contemporaines de la création et de la création artistique. Il a publié Conversation avec Giuseppe Penone, Centre de recherche en Arts Plastiques “Textes, paroles et pratiques d’artistes”, Université des Sciences Humaines de Strasbourg, 1994 ; Paysages discontinus - lieux et non lieux de J-P. Brigaudiot (avec J-P. Brigaudiot et G. Roesz), Centre de recherche en Arts Plastiques, Université des Sciences Humaines de Strasbourg, 1996 ; Portrait de l’artiste en naufrageur, L’Harmattan, 2002 ; Sculptures trouvées, (avec M. Demange, D. Payot, G. Roesz), L’Harmattan, 2003 ;M.E.T.R.O (de l’art contemporain). Les œuvres d’art du métro de Rouen, Cahiers recherche, Equipe d’accueil 3402, Université Marc Bloch, 2004 ; La couleur de l’horizon (avec G. Roesz), Cahiers recherche, Equipe d’accueil 3402, Université Marc Bloch, 2005. A paraître : Copier-créer – essais sur la reproductibilité à l’époque de l’art ; Un monument à Arman Robin.

Questions

Pause

Président de séance Martial Guédron

10h 30 Roland Huesca « Dehors » : l'atelier singulier du danseur

Qu’un danseur parcoure nos pensées, et, sous l'autorité des usages, son talent s’inscrit bien souvent dans l’embrasure des scènes théâtrales. Parfois, cependant, un artiste se déleste du poids de ces coutumes. Empruntant des chemins de traverses, sa recherche le conduit vers d’autres territoires. Toits, murs, falaises, piscine, jardin, rues inspirent sa démarche et guident ses pas. Quittant l’enclos des seuls plateaux de théâtre, la danse s’enrichit des richesses trouvées dans un « Ailleurs » étranger le plus souvent à son art. Elle en écoute les sons et les murmures, en épouse les formes, et, au final, met à l’épreuve ses facultés d’adaptation au monde alentour. Dedans/dehors : la dyade n’est pas neuve. Dès le début du XXe siècle, Isadora Duncan s’ébattait volontiers sur des grèves édéniques. Semblables aux ondes marines, ses mouvements souhaitaient entrer en résonance avec une nature voulue idéale. À la fin du XXe siècle, la danse investit à nouveau des espaces étranges et étrangers à son milieu. La part insolite de leurs présences arraisonne notre rapport à l’histoire et, renouvelant les imaginaires, invite à de nouvelles manières d’être, de penser, d’explorer, de se tenir et de ressentir.

Roland Huesca est Maître de conférences à l’Université de Metz. Il a publié Triomphes et scandales, la belle époque des ballets russes, Paris, Hermann 2001 ;Danser au mépris des usages, Paris, Hermann (à paraître) ; « Homme, danse homosexualité »,Revue d'esthétique, 2005 ; « Danser nu, usages du corps et rhétoriques postmoderne », Revue canadienne de philosophie continentale, 2006.


11h Christine Mons & Louis Ziegler L’Atelier de la danse : « La pensée motrice »

L’atelier pour un danseur caractérise une forme de travail qui se développe avec la modernité dans les danses du XXe siècle. L’atelier apparaît, en réaction à toutes formes de conventions qui marquent le corps, comme un nouvel espace de liberté. C’est une quête fondamentale de « l’expérience de danse », une plongée intime en soi lors de laquelle le danseur expérimente et réagit à ses sensations. Ainsi, rejetant la préséance d’une pensée qui organise la forme et l’effet, le mouvement se développe de lui-même. Cette danse-voyage qui explore la gravité et le poids, les tensions et les flux, met en cause la notion de corps, le sens de la danse, son esthétique, au bénéficie d’une corporéité dansante fondée sur « la pensée motrice » (Laban). L’enjeu est de « pénétrer les recoins les plus obscurs de l’atelier de la pensée et de l’action ». L’atelier est le lieu des ressentis, le temps de l’exploration, ou de la création. Cette pratique de soi et d’autrui posée comme une pensée du corps en mouvement est garante d’un renouvellement propre à la modernité et nécessaire à une « danse vivante ». L’improvisation, le défi du hasard, le travail de composition, la création instantanée inscrivent peu à peu le processusen avant scène. Celui-ci précède ou concurrence l’œuvre, bouleverse les formes et les repères en danse.

Comment l’atelier génère l’émergence de nouvelles modernités en danse, et celle d’une figure singulière, le solo ? Quels rapports se tissent vis-à-vis de l’institution, de l’institué ? Comment création - production redéfinissent le paysage contemporain ?

Repères d’investigation : l’école moderne allemande ; le Bennington College (M. Cunningham, S. Forti…) ; des ateliers aux installations (le GRTOP - C. Carlson…)

Christine Mons est Docteur en Staps – spécialiste Danse, Enseignante en Arts du Spectacle, option danse - E.A. 4302 Arts (UMB). Elle a organisé le Colloque international « La danse, une culture en mouvement », CREEC/ U.M.B. 1999. Elle a publié : « Relâche ; l’ultime salut des Ballets Suédois », in Actes « Journées de l’Action Culturelle » UMB, avril 2005 ; « Tanzpädagogik in Frankreich und Deutschland », in Actes « Sport in Europa », Leipzig (D) septembre 2005. Créations : « Ephémères », avril 2005 ; « Battements de cœur », mars 2006 ; « Vues sur jardin - II », Spectacle- Ateliers, mai 2005.

Louis Ziegler est danseur chorégraphe, Directeur du Grand Jeu, Enseignant en Arts du Spectacle, option danse - E.A. 4302 Arts à l’UMB. Titulaire d’une Maîtrise en Lettres Modernes, il a suivi une formation au Centre National de Danse Contemporaine (CNDC) d’Angers. Créations : « Danse de Zigs », « Bing Becket » (multimédia), créations 2004 ; « TWALL II » (nouvelles technologies), Savoirs en communs, création 2004 ; « La recherche de la Vérité » (textes philosophiques du XVIIème), reprise 2005 ; « Bal 8 » et « Bal 9 » (interdisciplinarité et nouvelles technologies), créations 2005 ; « Quai Est » (textes de Bernard Koltès), « Utopiques », créations 2006.

Questions

Fin des journées

Catégories

Lieux

  • Strasbourg, France

Dates

  • jeudi 04 mai 2006

Contacts

  • Martial Guédron
    courriel :

Source de l'information

  • Siffer Florian
    courriel : florian [dot] siffer [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les espaces de l'atelier », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 06 avril 2006, http://calenda.org/191410