AccueilLes échanges religieux entre la France et les Pays-Bas du Nord à l'époque moderne

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Publié le lundi 17 avril 2006 par Marin Dacos

Résumé

Colloques à Lyon en septembre 2007 et à Amsterdam en septembre 2008. C’est en nous inspirant des perspectives ouvertes par ces différentes publications bilatérales et par un nombre relativement important d’articles et de livres consacrés à des aspects précis des relations franco-hollandaises que nous voudrions nous pencher sur les liens entre la France et les Pays-Bas du Nord, devenus au cours de l’époque moderne Provinces-Unies.

Annonce

De plus en plus, et particulièrement en Europe, nous avons conscience qu’un pays ne se construit pas de manière autonome mais toujours en interaction avec d’autres pays. Les historiens y sont sensibles depuis quelques années et multiplient les recherches sur les relations entre deux nations. Concernant la France, on peut donner quelques exemples : les études rassemblées par Mgr M. Maccarrone, A. Vauchez, Echanges religieux entre la France et l’Italie du Moyen Age à l’époque moderne (Slatkine, 1987), mettent en évidence les relations réciproques entre les deux pays, en insistant sur les régions de contact que sont la Provence, Avignon, le comté de Nice, le Dauphiné, la Savoie ; en 1993 sont parus Une Amitié Millénaire. Les relations entre la France et la Suède à travers les Ages (Beauchesne) et H. Martin (dir.), Eglise et Etats. France et Pologne XVe-XXe siècles (Presses Universitaires de Rennes) ; le premier décrit des échanges plutôt inégaux, souvent à sens unique (de la France vers la Suède), tout en montrant comment les Suédois s’approprient les emprunts, le second adopte une démarche plutôt comparatiste. La même démarche comparatiste se retrouve dans Ph. Benedict, G. Marnef, H. van Nierop, M. Venard, Reformation, Revolt and Civil War in France and the Netherlands 1555-1585 (Amsterdam, Royal Netherlands Academy of Arts and Sciences, 1999). En 2004 la Revue d’Histoire de l’Eglise de France a publié les actes du colloque " Les échanges religieux entre la France et l’Espagne du Moyen Age à nos jours " qui mettait l’accent sur les influences réciproques dans le domaine des idées, mais aussi sur les déplacements humains. Enfin, le colloque " France Levant de la fin du XVIIe siècle à la première guerre mondiale ", publié en 2005 (Paris-Beyrouth, Librairie orientaliste – Paul Geuthner), permet également d’observer des échanges inégaux, mais en sortant cette fois de l’Europe. La démarche comparatiste a pu être employée pour analyser les guerres (Gantet, El Kenz, 2003) et les paix de religion (Christin, 1997) et pour des sujets aussi variés que l’origine de la Réforme (Tallon, 2005) ou la Révolution française (Jourdan, 2004).

Des recherches d’histoire comparée ou bilatérale ont été depuis longtemps entreprises aux Pays-Bas, comme le montrent des publications telles que Britain and the Netherlands (depuis 1960) et les Dialogos hispanicaos (depuis 1980). De même, nombre d’études ont évidemment vu le jour au sujet des relations entre les Provinces-Unies d’un côté et les Pays-Bas ou l’Espagne de l’autre (cf. Rietbergen, 1988). Au cours des dernières années, les relations avec l’Allemagne ont fait l’objet de nouveaux travaux, l’enquête de Lademacher (1990) constituant ici une étape essentielle. La société belgo-hollandaise pour l’étude du XVIIIe siècle a prévu d’organiser en janvier 2007 une conférence sur les relations entre l’Allemagne et les Provinces-Unies. En outre, on porte de plus en plus d’attention aux relations avec l’Europe de l’Est, comme le montrent les actes du colloque publié en 1997 (Carel Horstmeier et al.) et consacré à " Pierre Le Grand : trois siècles de relations politiques, économiques et culturelles entre la Russie et les Provinces-Unies " et une synthèse récente publiée par Van Koningsbrugge et Waegemans. Les actes d’un colloque historique, organisé à l’occasion de la commémoration de quatre siècles de relations diplomatiques franco-néerlandaises ont été publiés par Frijhoff et Moorman van Kappen (1993). Malheureusement, la collection La France et les Pays-Bas, inaugurée en 1993, ne comporte pour l’instant qu’un seul titre, ce qui illustre sans doute l’intérêt du projet présenté ici.

C’est en nous inspirant des perspectives ouvertes par ces différentes publications bilatérales et par un nombre relativement important d’articles et de livres consacrés à des aspects précis des relations franco-hollandaises que nous voudrions nous pencher sur les liens entre la France et les Pays-Bas du Nord, devenus au cours de l’époque moderne Provinces-Unies. Ce sujet a certes été abordé précédemment, mais le plus souvent de façon incidente et comme en passant. Les deux pays sont traditionnellement opposés, au point qu’ils semblent se construire l’un par rapport à l’autre, par effet de miroir : la monarchie absolutiste catholique et la république calviniste, le colbertisme et le libéralisme, l’oppression et la tolérance, etc. Si ces oppositions sont à nuancer considérablement, et les colloques prévus le montreront sans doute, elles témoignent cependant de liens forts entre les deux pays, liens que nous nous proposons d’explorer dans un domaine particulièrement important à l’époque moderne et qui a été amplement présenté dans les grandes entreprises historiographiques tant en France qu’aux Pays-Bas, le religieux ; ou, plus exactement, nous voudrions nous demander comment et dans quelle mesure ce qui se produit dans un des deux pays a des répercussions sur les idées, la piété ou les pratiques religieuses de l’autre. Il s’agit donc d’une histoire religieuse profondément ancrée dans le culturel et le social.

Comme dans plusieurs des cas déjà évoqués, ces liens pourraient paraître inégaux, étant donné la différence de taille entre les deux pays. Ce serait oublier la richesse économique, intellectuelle, artistique des Pays-Bas. Un des enjeux serait par conséquent de mesurer quels " produits ", notamment religieux sont échangés, et dans quel sens, afin de révéler la complexité des liens qui unit les deux pays. Dans bien des cas, ce ne sont d’ailleurs pas deux pays qui sont en liens ; tout d’abord parce que ceux-ci sont en construction : les Provinces-Unies n’acquièrent leur indépendance de facto que dans les années 1580 et de jure qu’en 1609, voire 1648, et le territoire français s’agrandit considérablement entre la fin du Moyen Age et la Révolution ; ensuite, parce que ce ne sont pas toutes les régions, ni tous les habitants qui sont concernés par les échanges : suivant les cas, ce sera un lieu, une classe sociale, une confession religieuse. Il sera nécessaire de déterminer à chaque fois qui est concerné par tel type d’échanges.

Contrairement à d’autres cas évoqués, France et Pays-Bas n’ont pas de frontières communes, donc pas de régions de contact. Cela suppose de se pencher sur la manière dont les relations peuvent se faire : voyages, envois de manuscrits, de livres, de tableaux, migrations, conflits militaires, connaissance indirecte de l’autre, …

La périodisation retenue est large : de la fin du XVe siècle à 1800 environ, afin de faire droit aussi bien à la diffusion de nouvelles formes de dévotion qu’à la déchristianisation révolutionnaire. Au cours de cette vaste époque moderne, certains thèmes sont évidemment privilégiés : le protestantisme, le jansénisme, les courants philosophiques (Descartes, Spinoza, les penseurs du Refuge, les Lumières…). Une attention particulière devra être portée à des liens qui peuvent nous paraître moins évidents aujourd’hui qu’aux contemporains, par exemple à l’intérieur du catholicisme. Le même intérêt sera donné aux intermédiaires mineurs et moins bien connus (écrivains, penseurs, artistes, voyageurs, etc.), sans oublier d’autres domaines dont les répercussions sur la vision religieuse du monde ont pu être considérables, comme les sciences ou la médecine.

Ceci nous amène à dégager quelques grands axes :

  • La connaissance de l’autre : que savent les Français de la situation religieuse néerlandaise, et vice versa ? Quel fut le rôle des groupes cosmopolites tournés vers l’étranger ou des organisations supra-nationales (jésuites, francs-maçons, République des Lettres) ? Les récits de voyage pourront être explorés. Mais il faudrait aussi s’interroger sur les traductions (qu’est-ce qui est traduit ? de quelle manière ? par qui ?), sur la diffusion des ouvrages, des journaux (Diffusion et lecture, 1987) et des manuscrits. On pourra aussi se demander comment sa propre histoire religieuse est mobilisée pour lutter contre l’adversaire (image d’un Louis XIV combattant l’hérésie ou, inversement, de Guillaume d’Orange luttant pour la vraie foi). Il faudra alors rappeler que les élites hollandaises maîtrisaient bien mieux le français, langue internationale des couches cultivées, que les français ne connaissaient le néerlandais (Frijhoff 1989).

  • Les échanges artistiques : il peut s’agir de la peinture ; achète-t-on de la peinture, notamment religieuse, française aux Pays-Bas, et inversement ? Les artistes voyagent-ils entre ces deux pays (il semble que le voyage en Hollande commence à s’imposer au XVIIe siècle) ? S’inspirent-ils de ce qui se fait dans l’autre pays (la diffusion du genre des " vanités " pourrait être intéressant à cet égard). Mais il faudra aussi s’intéresser à la musique (rôle des éditions musicales d’Amsterdam ? circulation des psaumes ? diffusion de la musique religieuse ?) comme à la littérature (on retrouve le problème des traductions) et à l’architecture (y a-t-il diffusion de modèles pour la construction des temples ?).

  • Les échanges intellectuels : le protestantisme est évidemment privilégié. On pourra s’intéresser aux influences théologiques, notamment aux XVIe et XVIIe siècles (les monarchomaques, le synode de Dordrecht, les idées arminiennes (Laplanche, 1965), etc.), mais aussi à la manière dont les controverses néerlandaises sont réutilisées en France dans la pensée clandestine et philosophique (McKenna). Les courants marginaux (anabaptisme, labadisme, piétisme, etc) ne devront pas être négligés, d’autant que l’action combinée de tous ces phénomènes religieux a eu, dans leur pays d’origine, une influence bien plus grande que la philosophie radicale – les deux se mêlant quelquefois (Kolakowski, 1969) . Le catholicisme pourra être étudié à travers la diffusion de modèles de piété, notamment au début de la période, et du jansénisme (comme cela a déjà été fait à propos des Oratoriens (Frijhoff, 1988)). Il sera indispensable également de s’intéresser aux échanges philosophiques et scientifiques. Toute cette section ne devra pas en rester à une histoire des idées. L’étude, plus matérielle, de la diffusion des livres, des périodiques et de leur contenu devra être envisagée.

  • Les migrations : on pense évidemment au Refuge huguenot, déjà bien étudié (Magdelaine, 1985, Bots, 1986), mais aussi janséniste. On peut s’interroger inversement sur la présence de Néerlandais en France, qu’ils soient négociants, manufacturiers ou ouvriers dans des manufactures, et le rôle religieux qu’ils peuvent jouer dans un pays catholique. Les étudiants continuent-ils de voyager d’un pays à l’autre (Frijhoff 1989) ? Les écoles jouent-elles un rôle de refuge ou de domicile provisoire pour les jeunes ? La question de la tolérance a fait l’objet de très nombreuses publications, mais il reste bien des cas individuels à envisager, au-delà de ceux de Descartes aux Provinces-Unies ou de Grotius en France, si l’on veut aller au-delà des banalités ou des anachronismes sur " l’œcuménisme ". Et il faudrait être attentif, non seulement à Descartes ou à Grotius, mais aussi à des réfugiés et des écrivains itinérants moins connus. Les migrations de groupes des Provinces-Unies vers la France doivent ainsi être prises en compte, comme celle des révolutionnaires hollandais qui partent pour la France dans les années qui précèdent 1789 (Rosendaal, 2003).

  • L’intervention directe d’un pays dans les affaires de l’autre. Il s’agirait de s’interroger sur l’aspect religieux des relations diplomatiques ou des guerres entre les deux pays. Mais l’appui des Provinces-Unies à l’Eglise du Désert (rôle de la chapelle de Hollande à Paris, réseau de soutien autour d’Antoine Court) ou au jansénisme devra aussi être examiné, de même qu’il ne faudrait pas oublier de s’intéresser aux réformes religieuses et à la déchristianisation révolutionnaire, qui vont de la France vers la république batave, en gardant à l’esprit tout ce qui peut séparer ici les politiques officielles et leur application concrète, ou les vues des élites cultivées et celles de couches plus larges de la population (Frijhoff, Rottier and Jongedijk (1989); Dekker and Frijhoff (1991).

  • Les rencontres en dehors de l’Europe. Au cours de la période considérée, les deux pays deviennent des grandes puissances, avec des intérêts économiques et politiques de plus en plus importants dans le domaine colonial, qu’il s’agisse du commerce ou du peuplement. L’expansion néerlandaise dans les Indes orientales et occidentales fut suivie par la montée en puissance de la France dans ces régions. Les activités missionnaires (par exemple les jésuites français aux Philippines ou les calvinistes néerlandais dans les stations de la VOC, ou dans les colonies néerlandaises en Amérique et au Québec) furent un volet important de la vie religieuse extra-européenne. On peut se demander quelles furent les répercussions de cette compétition économique et politique (et des conflits qui en résultent) dans les relations religieuses.

Concrètement, ces différents thèmes, dont la liste n’est pas limitative, pourront être étudiés lors de deux colloques. Le premier (en français et en anglais), qui se tiendra à Lyon du 27 au 29 septembre 2007, s’intéressera à l’influence néerlandaise en France. Le second (en anglais), à Amsterdam les 25-27 septembre 2008, étudiera l’influence française dans le nord des Pays-Bas.

Ces deux colloques sont organisés par l’équipe RESEA (Religions, Sociétés et Acculturation) de l’UMR 5190 LARHRA (Universités Lumière-Lyon 2 et Jean Moulin-Lyon 3) et le Centre for Dutch Religious History (ReLiC) de la Vrije Universiteit d’Amsterdam.

Religious interchange between France and the (northern) Netherlands in the early modern period

We have become more and more conscious, especially in Europe, of the fact that countries do not simply ‘construct’ themselves, but invariably do so in interaction with others. This awareness on the part of historians has in recent years led to an increase in the number of publications dealing with the interrelations between two countries. In respect of France, various studies may be mentioned. A series of articles edited by Maccarone and Vauchez (1987) focuses on the reciprocal relations between these two countries, paying particular attention to regions of contact such as the Provence, Avignon, the county of Nice, the Dauphiné, and the Savoy. Battail and Battail eds. (1993) describes an exchange that was rather unbalanced (often one-directional only), showing how the Swedes borrowed and appropriated ideas and material from France. Martin ed. (1993) takes a more comparative line, an approach that may be found also in Benedict et al eds. (1999). In 2004 the Revue d’Histoire de l’Eglise de France published the proceedings of the colloquium ‘Les échanges religieux entre la France et l’Espagne du Moyen Age à nos jours’; while not neglecting the movement of people, the emphasis was particularly put on mutual influences in the realm of ideas. Finally, the colloquium ‘France Levant de la fin du XVIIe siècle à la première guerre mondiale’ (Paris-Beirut, Librairie orientaliste Paul Geuthner 2005), likewise focuses on unequal interchange, this time, however, with a bearing on regions outside Europe. The comparative approach has taken to analyze the wars of religion (Gantet, El Kenz 2003) as well as religious concord (Christin 1997), and subjects as varied as the origins of the Reformation (Tallon 2005) or the French Revolution (Jourdan, 2004).

As for the Netherlands, research on bilateral relations has long been on the historical agenda, as shown by such series as Britain and the Netherlands (since 1960) and the Diálogos hispánicos (since 1980). It is almost self-evident that a large number of studies have appeared on the Dutch-Belgian connection, as well as on relations with Spain (e.g. Rietbergen ed. (1988)). In recent years relations with Germany in particular have been emphasized; in this respect, Lademacher (1990) was a milestone. The Dutch-Belgian Society for Eighteenth Century Studies has planned a conference for January 2007 on eighteenth-century interrelations between Germany and the Netherlands. There is growing interest in the relations with eastern European countries. For instance, the proceedings of a conference ‘Around Peter the Great, three centuries of political, economic and cultural ties between Russia and the Netherlands’ have been published (Carel Horstmeier et al in 1997); another recent overview is Van Koningsbrugge and Waegemans eds. (2002). The proceedings of a ‘colloque historique, organisé à l’occasion de la commémoration de quatre siècles de relations diplomatiques franco-néerlandaises’, were published by Frijhoff and Moorman van Kappen (1993). Unfortunately, the series La France et les Pays-Bas, begun in 1993, thus far includes only one volume – which clearly shows the relevance of the present project.

The perspectives opened by these ‘bilateral’ publications, and by a relatively large number of articles and books concerned with specific themes in French-Dutch relations, invite further study. It is our purpose to examine the religious interchange between France and the (northern) Netherlands in the course of the early modern period. The theme has been addressed in previous studies, but only incidentally, or in passing, and we propose to explore these interrelations more extensively than has yet been done. Both countries have traditionally been seen as opposites, to the extent that the one fashioned itself as a mirror-image of the other: thus, the Catholic absolute monarchy has been opposed to the Calvinist republic, colbertism to liberalism, oppression to tolerance, etc. If such opposing images need to be considerably modified – we have no doubt that the intended conferences will do so – they nevertheless bear witness to palpable relations between the two countries with respect to religion. Doubtless religion has figured largely in the combined histories of both France and the Netherlands, and it is in any case a domain of great importance to the early modern period. More precisely, we should like to question how and to what extent the various aspects of cultural, social and political life of one country had effects on the ideas, the piety or the religious practices of the other. The focus, then, is on the history of religion as a phenomenon deeply rooted in cultural and social life.

As in several of the cases mentioned previously, and given the sheer differences in size between two countries, interconnections may at first glance seem asymmetric. This, however, would be to forget the economic, intellectual and artistic wealth of the United Provinces. Consequently, one of the aims of the proposed conferences is to determine which ‘products’ were exchanged (notably religious products), and how this was done, in order to reveal the complexity of the interrelations between the two countries. In many cases, however, the connections under consideration will not be those between two countries at all. On the one hand, both territories were still ‘under construction’ in this period: the United Provinces only acquired de facto self-government in the course of the 1580s, and a de jure independence in 1609 or 1648; French territory became considerably enlarged between the end of the Middle Ages and the Revolution. On the other hand, not all regions and not all inhabitants were involved in the interchange. Interchange might take place between places, social classes or religious confessions, rather than between countries. It will be necessary in each case to determine who is involved in which kind of interchange.

France and the Netherlands – in contrast to some of the other cases discussed above – have no boundaries in common, and therefore no regions in physical contact with each other. This suggests a specific focus on the manner in which relations were established in the past, for instance by travel, through the transfer of manuscripts, books or paintings, by migration, by military conflict, or simply via an awareness of the other that at times was at best indirect.

The period under review – from the end of the fifteenth century to about 1800 – is substantial, in order to do justice to the diffusion of new forms of devotion as well as to the dechristianization of the revolutionary era. Given this vast epoch, certain themes are bound to stand out: Protestantism, Jansenism, as well as the more significant philosophical currents (Cartesianism, Spinozism, thought in the Refuge, the Enlightenment …). However, due attention should be given also to those connections that may be less self-evident to us than they were to contemporaries, for instance the interrelations within the Roman Catholic world. The same applies to minor and less well-known intermediaries (writers, thinkers, artists, merchants, and so on), as well as to those themes that could have considerable effects on a religious outlook of the world, including the natural sciences and medicine.

All this leads us to distinguish between the following major topics.

  • Knowledge of the other. What did the French actually know about the religious situation in the Low Countries, and vice versa? What was the role of ‘internationally’ oriented groups or supra-national organizations (Jezuits, freemasons, the Republic of Letters) in the religious interchange? Travel journals could be explored. It will be no less necessary to inquire into translations (whose work was translated, in which manner, and by whom?), and the diffusion of books, journals (Diffusion et lecture 1987) and manuscripts. Another area that could be explored concerns the way religious histories were mobilized to refute adversaries (the image of William of Orange fighting for the true faith in contrast to that of Louis XIV combating heresy). An important point is, of course, the fact that the Dutch élites of the ancien régime were much better acquainted with the French language than vice versa (Frijhoff 1989 and 1996).

  • Exchange of art. Painting needs to be addressed as a topic. Did the French buy or commission paintings particularly with religious themes in the United Provinces, and vice versa? Did artists travel between the two countries? – it seems that the ‘voyage en Hollande’ first started to develop as a tradition in the seventeenth century. Were artists inspired by what they did in either country (in this respect, the diffusion of the ‘vanities’ as a genre may be of interest)? Music is another subject that merits attention. What was the role of music published in Amsterdam? What do we know about the circulation of psalmodies, or the diffusion of religious music?. The same applies to literature (again we come to the problem of translation) and architecture (were plans and models for churches interchanged, for example?).

  • Intellectual exchange. To some extent, perhaps, Protestantism will be a privileged object of inquiry. Theological influence may be a point of interest, notably in the sixteenth and seventeenth centuries (one thinks of the monarchomaques, the Synod of Dort, Arminianism (Laplanche 1965), etc.). But the same applies to the way Dutch controversies were recycled in clandestine thought and philosophy in France (McKenna). Ostensibly marginal currents, such as Anabaptism (or Mennonitism), Labadism and Pietism should not be neglected either – it should be remembered that within their countries of origin, the combined influence of these religious phenomena far exceeded that of radical philosophy, although they sometimes merged (Kolakowski 1969). Catholicism could be examined with regard to Jansenism, as has done with regard to French Oratorians (Frijhoff 1988). The diffusion of general models of piety, notably at the beginning of the period, likewise deserves attention. It is no less indispensable to concentrate on intellectual exchange in the domain of philosophy and science. Nor should this topic be restricted to the history of ideas as such. Due attention must be paid to the material aspects of the diffusion of books, periodicals and their content.

  • Migration: The already well-studied Hugenot Refuge springs to mind (cf. Magdelaine 1985; Bots 1986), but so do Jansenist exiles. Conversely, one could study the presence of Dutchmen in France, including merchants, manufacturers and artisans, and the religious role they may have played. University students travelled from the one country to the other (Frijhoff 1989); boarding schools sometimes served as temporary abodes for the youth. There is already a vast literature on the issue of religious toleration, but individual cases still need to be highlighted if we want to do more than just reiterate commonplaces or anachronisms concerning "ecumenism". And we should pay attention, not just to Descartes in the United Provinces, or Grotius in France, but also to less well-known refugees or itinerant writers. Group migrations from the Netherlands to France are also a case in point, in particular the Dutch revolutionaries who left the United Provinces in exile in the years preceding 1789 (Rosendaal 2003).

  • Direct intervention of one country in the affairs of the other. Questions might be posed concerning the religious aspects of diplomatic relations or of the wars waged between the two countries. Also, Dutch assistance for the Eglise du Désert (for example, the role of the Dutch chapel in Paris, or the network of support around Antoine Court) or Jansenism must be examined. Nor must we forget religious reform and the dechristianization of the revolutionary period, when French influence made itself felt in the Batavian Republic – although it will be wise to distinguish here between official policies and their reception, or between the views of religion of the intellectual and political elites and those of the broader social strata (Frijhoff, Rottier and Jongedijk (1989); Dekker and Frijhoff 1991).

  • Encounters beyond Europe. In the period under consideration, both countries rose as global powers, with growing political and economic interests in colonial trade and settlement. Dutch expansion in the East and West Indies was followed by the growth of French power in these regions.Missionary activities – by French Jesuits in the Philippines, for example, or by Dutch Calvinists at the VOC trading stations, or between New Netherlands and Québec – were an important facet of extra-European religious life. How did competition in the economic and political spheres and the conflicts resulting from this relate to exchanges in the field of religion?

These various themes – and others – may form the subject material for the two conferences. The first, a bilingual (French-English) conference to be held in Lyon on 27-29 September 2007, will be devoted to Dutch influence in France. The second, an English-language conference to be held in Amsterdam on 25-27 September 2008, will examine French influence in the northern Netherlands.

The conferences will be organized by RESEA (Religions, Sociétés et Acculturation) of the UMR 5190 LARHRA (Université Lumière-Lyon 2 and Université Jean Moulin-Lyon 3) and the Centre for Dutch Religious History (ReLiC) at the VU University Amsterdam.

Bibliography - Bibliographie

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Organizers - Organisateurs

Yves Krumenacker – Olivier Christin - Joris van Eijnatten

Scientific Committee - Comité scientifique

Philip Benedict (Institut d’Histoire de la Réformation, Genève), Hans
Bots (Raboud Universiteit, Nijmegen), Olivier Christin (Université Lyon
2, UMR 5190 LARHRA), Jean Delumeau (Collège de France, Paris), Joris
van Eijnatten (Vrije Universiteit, Amsterdam), Willem Frijhoff (Vrije
Universiteit, Amsterdam), Yves Krumenacker (Université Lyon 3, UMR 5190
LARHRA), Fred van Lieburg (Vrije Universiteit, Amsterdam), Dominique
Varry (ENSSIB, Villeurbanne), Henk Wesseling (Leiden Universiteit)

Lieux

  • Lyon, France
  • Amsterdam, Pays-Bas

Dates

  • mercredi 31 mai 2006

Contacts

  • Krumenacker Yves
    courriel : yves [dot] krumenacker [at] wanadoo [dot] fr
  • Christin Olivier
    courriel : christin [dot] olivier [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Yves Krumenacker
    courriel : yves [dot] krumenacker [at] univ-lyon3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les échanges religieux entre la France et les Pays-Bas du Nord à l'époque moderne », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 17 avril 2006, http://calenda.org/191451