AccueilForce ouvrière, acteur de la vie contractuelle et du paritarisme

Force ouvrière, acteur de la vie contractuelle et du paritarisme

Fin des années 1950-début des années 1980

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Publié le mardi 18 avril 2006 par Corinne Cassé

Résumé

En prévision du colloque sur « Force ouvrière, acteur de la vie contractuelle et du paritarisme (fin des années 1950-début des années 1980) », programmé pour le premier semestre 2008, le Centre d’Histoire sociale du XXe siècle lance un appel à contributions. Centré sur le deuxième âge de la CGT-FO, celui de l’affirmation d’une identité et d’une pratiques « réformistes » rendues crédibles aux grandes heures des Trente Glorieuses, le questionnement historien du colloque est ouvert aux approches des sociologues, politologues, juristes et économistes. A la croisée des problèmes du syndicalisme, des relations professionnelles et de l’Etat social, l’initiative entend privilégier les propositions attentives à la reconnaissance du rôle des différents acteurs, des niveaux et des lieux d’intervention, des champs couverts, des références et des modèles mobilisés ou expérimentés. Il s’agit aussi d’évaluer les résultats et les effets des procédures suivies comme des compromis conclus.

Annonce

Appel à contributions

Colloque organisé par le Centre d’histoire sociale du XXe siècle (Université de Paris, CNRS) et la CGT-Force ouvrière. Paris, premier semestre 2008.

Après un colloque tenu en 2001 consacré à Robert Bothereau et à la naissance de la CGT-FO (publié en 2003 aux Presses universitaires de Rennes), le Centre d’histoire sociale du XXe siècle souhaite poursuivre l’exploration historienne de cette confédération, en coopération avec elle.

À cette fin, un nouveau colloque se tiendra à Paris, au premier semestre 2008. Centré sur les décennies 1960-1980, il traitera de ce que l’on peut tenir comme le deuxième âge de la CGT-FO, celui de son affirmation dans la configuration syndicale française à travers l’expression d’une identité et de pratiques « réformistes » irréductibles à l’anticommunisme initial. Dans cette perspective, le choix a été fait de privilégier l’étude du rôle de la CGT-FO dans le développement des relations contractuelles et du paritarisme, de sa place dans les organismes sociaux et les instances de concertation. Sans interdire des incursions vers l’amont - loi du 11 février 1950 sur les conventions collectives ou relance des négociations à partir de 1955 -, la période retenue s’inscrit entre deux pôles chronologiques : la convention interprofessionnelle de décembre 1958 instituant la gestion paritaire de l’assurance chômage et l’échec, en décembre 1984, des négociations sur la flexibilité. De l’avancée sur la protection contre le chômage, risque alors secondaire, à l’impossibilité de s’accorder sur une question devenue d’actualité par l’état du marché du travail, un cycle s’achève. Sortis du stade expérimental des premiers temps, bousculés par le choc de 1968, dont on cherchera à mesurer l’effet sur la Confédération, régis par les contraintes concurrentielles du pluralisme, restés à portée d’intervention des pouvoirs publics, les compromis sociaux des grandes heures de la croissance butent, à la fin des années 1970, sur la raréfaction du « grain à moudre ». Il reviendra au colloque de discerner comment la CGT-FO s’insère dans ce contexte qu’elle contribua à définir et à faire évoluer.

Historienne dans son questionnement, l’initiative est ouverte aux approches des sociologues, politologues et juristes qu’intéresse un thème à la croisée des problèmes du syndicalisme, des relations professionnelles et de l’Etat social. Sur cette base, les propositions de communication considéreront :

Les acteurs

En premier lieu, il s’agit d’identifier les militants et les responsables de la CGT-FO, promoteurs et praticiens les plus engagés sur cette voie. On s’intéressera aux experts et conseillers, en charge de ces questions tant à l’échelon de la Confédération qu’à celui des fédérations, aux interlocuteurs patronaux, administratifs et politiques de FO, ainsi qu’à ses alliés, rivaux et adversaires syndicaux.

Les niveaux et les lieux

Assumés par la Confédération, l’orientation contractuelle et le paritarisme se sont déclinés de façons distinctes d’une fédération à l’autre. On s’efforcera, en conséquence, de multiplier les points de vue, depuis l’analyse des pratiques au niveau interprofessionnel jusqu’à celui de quelques grandes entreprises publiques – EDF, PTT, SNCF, etc. – et privées, en passant par l’indispensable échelon fédéral. Par là, on s’intéressera aussi à l’implantation de la Confédération, notamment dans la fonction publique et de certaines faiblesses dans le secteur public. Les responsabilités exercées dans les différentes instances de la Sécurité sociale, avant, puis après les ordonnances de 1967, retiendront l’attention, au même titre que la nature des interventions et les liens noués au sein d’institutions telles que le Conseil économique et social, les commissions du Plan, l’OIT, etc.

Les champs

Variables selon les branches et des moments dont on tentera de saisir les logiques de différenciation, certains thèmes transversaux ressortent plus particulièrement et méritent un examen approfondi : politique salariale – en relation, notamment, avec les projets officiels de « politiques des revenus » -, la formation professionnelle, chômage, protection sociale.

Les références et les modèles

Malgré la prééminence réformiste, partagée d’ailleurs par d’autres centrales, le paradigme contractuel qui l’emporte dans les années 1960 n’allait pas de soi si l’on se souvient de la démarche programmatique léguée par la CGT de l’entre-deux-guerres. Ainsi la CGT-FO passe peu à peu à la mise en pratique d’une politique conventionnelle reposant largement sur la défense des conventions collectives. On s’interrogera sur les conditions théoriques et pratiques de cette mutation, sur les débats qu’elle a pu susciter – risques « d’intégration » pointés dans les années 1960. On évaluera également son degré d’appréhension par les militants et les différentes organisations, l’influence des modèles étrangers, les modalités de diffusion des expériences conduites et de formation des militants.

Les résultats et les effets

La moindre des questions posées par le colloque n’est pas celle d’une évaluation des résultats de cette politique contractuelle, de négociation et de compromis. Outre l’appréciation de son articulation à la conflictualité, celle de la CGT-FO comme des autres centrales, la réponse procède d’un double registre. Elle suppose que l’on se préoccupe de la singularité effective de la centrale en la matière, des phases où celle-ci se manifeste dans un jeu syndical complexifié par le pluralisme. Elle invite simultanément à en estimer les retombées sur le fonctionnement de la CGT-FO, son image et son audience.

Responsables scientifiques : Michel Dreyfus, Michel Pigenet

Comité scientifique : Gérard Gautron, Frank Georgi, Francis Kessler, Michel Margairaz, Claude Pennetier, Jean-Marie Pernot, Benoît Robin, Danielle Tartakowsky, René Valladon.

Les propositions de contributions devront parvenir, accompagnées d’un texte de présentation (3000 signes maximum), avant le 15 juin 2006, au Centre d’Histoire sociale du XXe siècle, 9 rue Malher, 75181 PARIS cedex 04.

Contact : ledantec@univ-paris1.fr

Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • jeudi 15 juin 2006

Contacts

  • Sylvie Ledantec
    courriel : ledantec [at] univ-paris1 [dot] fr

Source de l'information

  • Michel Pigenet
    courriel : michel [dot] pigenet [at] univ-paris1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Force ouvrière, acteur de la vie contractuelle et du paritarisme », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 18 avril 2006, http://calenda.org/191452