AccueilCorps poussé à ses limites et lien social

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Publié le samedi 22 avril 2006 par Corinne Cassé

Résumé

Les raisons, manifestes ou implicites, pour lesquelles certains individus poussent leur corps à ses limites (pratique des sports à haut risque ; recherche de partenaires multiples pour des échanges sexuels non protégés…), font depuis quelques années l’objet d’explorations par les sciences sociales. Les travaux étant jusqu’à présent centrés principalement sur l’individu, il nous semble intéressant d'inverser l’éclairage et de centrer la description et l’analyse sur le rapport aux autres. Dans cette exposition du corps souffrant, nous souhaiterions poser la question de ce que voient les autres (pairs, condisciples, collègues, parents, amis), de ce qu’ils disent, et de ce qu’ils font.

Annonce

Appel à Communication


Journées d’étude organisées par Dorothée Dussy et Francine Fourmaux
Laboratoire d'Anthropologie Urbaine (LAU - équipe corps, gestes et signes)
Avec la collaboration du Centre d'Études Transdisciplinaires. Sociologie, Anthropologie, Histoire (CETSAH)
lundi 20 et mardi 21 novembre 2006
CNRS
Salle de Conférence
27 rue Paul Bert
94204 Ivry sur Seine


Les raisons, manifestes ou implicites, qui poussent certains individus à pratiquer des sports à haut risque, ou à courir des aventures dangereuses (dans tous les sens de l’expression, c’est-à-dire y compris des aventures urbaines, telles que recherches de partenaires multiples pour des échanges sexuels non protégés, etc…), font depuis quelques années l’objet d’explorations par les sciences sociales. Les travaux sont jusqu’à présent centrés sur l’individu et son rapport aux choses (environnement naturel, effort sur soi), et prennent pour principaux points d’ancrages les hypothèses de la pulsion conquérante (Cloarec, 1996, pour le n°61 de Communications consacré aux "Natures extrêmes"), de l’ordalie (Le Breton, 2002) ou du sacrifice (Wacquant, 2002 et Bromberger, 1998).

Il nous semble intéressant de poursuivre l’exploration, mais cette fois en inversant totalement l’éclairage. La notion d’exploit, ou bien de dressage du corps, nous semble n’être qu’une des facettes de la problématique du corps poussé à ses limites. On pourrait même dire que l’exploit, en tant que résultat ou objectif attendu de la mise en péril, ne relève que marginalement du champ d’investigation des sciences sociales. En termes de description des pratiques sociales et de compréhension des rapports sociaux, il ne représente pas le seul angle d’approche.

Pour ces journées d’études, nous souhaitons déplacer la perspective : à la fois désenclaver le point focal porté jusqu’ici quasi strictement à l’individu dont le corps est mis à l’épreuve, et associer pour la discussion des contextes d'enquête très différents.

Il s’agira de centrer la description et l’analyse sur le rapport aux autres : pairs, condisciples, collègues, parents, amis. Car il nous semble qu’annoncer à ses parents ou à ses enfants qu’on part gravir une montagne, seul et sans assistance, ou préparer un numéro périlleux de trapéziste ou encore prendre ou perdre cinquante kilos en quelques mois au début de sa carrière d’anorexique, et ainsi encourir de graves problèmes de santé, ne peut pas laisser l’entourage sans réaction. Dans cette exposition du corps souffrant et poussé à ses limites, qu’elle soit une mise en scène socialement valorisante ou bien involontaire et socialement disqualifiée, nous souhaiterions poser la question de ce que voient les autres, de ce qu’ils disent, et de ce qu’ils font. Notre intérêt porte tout autant sur le rôle de récepteurs que d’acteurs à part entière de l’entourage proche et plus lointain, comme par exemple lorsqu’un athlète est entraîné par l’un de ses parents, lorsqu’un enfant de la balle est voué à poursuivre dans la voie de ces aînés ou lorsqu’une jeune fille est excisée.

On choisira de se placer dans un cadre épistémologique qui n’est pas celui des représentations mais celui de l’anthropologie de l’action. Tous les exposés s'appuieront sur une ethnographie fine des situations étudiées. Ainsi, on cherchera moins à dégager une perception collective de telle ou telle conduite sociale, qu’à comprendre comment s’organise, au quotidien, le lien social, et comment s’échafaudent dans le temps ces situations, dont l’exploit, ou la douleur, ou la transformation du corps, sont l’aboutissement : quelles expériences antérieures, quel trajet de vie, pour ces personnes et leurs proches ?


Consignes pratiques :

Durée des exposés : 30 mn
Taille du résumé (français ou anglais) : environ 200 mots

Calendrier :

- clôture envoi des propositions (titre et résumé) : 5 juin 2006
- réponses pour la sélection des propositions : 4 juillet 2006


Contacts :

dussy@ivry.cnrs.fr
fourmaux@ivry.cnrs.fr

Catégories

Lieux

  • Ivry-sur-Seine, France

Dates

  • lundi 05 juin 2006

Source de l'information

  • Dussy #
    courriel : dussy [at] ivry [dot] cnrs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Corps poussé à ses limites et lien social », Appel à contribution, Calenda, Publié le samedi 22 avril 2006, http://calenda.org/191462