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Du commun… ou critique d’une sociologie politique

Appel à contribution pour la revue en ligne Lestamp-Association

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Publié le vendredi 12 mai 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Dans le fil du colloque interdisciplinaire « Les sociétés de la mondialisation » de Décembre 2004, Le lestamp-Association lance sa revue en ligne « Pour un lieu commun des sciences sociales ». Cette revue électronique en accès libre pour en assurer une meilleure diffusion, sera thématique. Chaque thématique fera l’objet d’une proposition d’axes et de fils conducteurs de la part du comité scientifique. Son premier numéro s’intitule « Du commun … ou critique d’une sociologie politique ». Le texte d’appel figure dans cet envoi. Ce sont tous les universitaires et intellectuels se reconnaissant dans une définition ouverte des sciences sociales et trouvant féconde, au delà des disciplines académiques, la transversalité des échanges, qui sont conviés à cette revue et ses débats. Fonctionnement, réalisation La revue aura trois numéros par an. Son premier numéro paraîtra à la fin Novembre 2006. Le comité de rédaction fonctionne comme comité scientifique, il se compose pour l’heure des membres fondateurs du Lestamp-association, Pierre Cam (sociologue de l’emploi et du droit social) ), Anne-Sandrine Castelot (sociologue, ethnologue du syndicalisme des cadres), Joëlle Deniot (sociologue, anthropologue du travail ouvrier, de la vie ouvrière et des cultures populaires), Bruno Lefebvre (anthropologue de l’entreprise et des mobilités salariales), Jacky Réault (historien et sociologue des espaces temps de la prolétarisation, des formes de vies et des cultures populaires en France). Son élargissement à des personnalités extérieures est en cours de constitution. Contenu de la revue autour de trois rubriques La revue est organisée autour de trois rubriques : > Une dizaine d’articles sélectionnés autour de chaque thème proposé > Deux ou trois articles hors thème donnant une souplesse de publication > Une rubrique de compte-rendu critique sur des textes majeurs ( anciens ou récents ) des sciences sociales.

Annonce

Dans le fil du colloque interdisciplinaire « Les sociétés de la mondialisation » de Décembre 2004, Le lestamp-Association lance sa revue en ligne « Pour un lieu commun des sciences sociales ». Cette revue électronique en accès libre pour en assurer une meilleure diffusion, sera thématique. Chaque thématique fera l’objet d’une proposition d’axes et de fils conducteurs de la part du comité scientifique. Son premier numéro s’intitule « Du commun … ou critique d’une sociologie politique ». Le texte d’appel figure dans cet envoi. Ce sont tous les universitaires et intellectuels se reconnaissant dans une définition ouverte des sciences sociales et trouvant féconde, au delà des disciplines académiques, la transversalité des échanges, qui sont conviés à cette revue et ses débats.


Fonctionnement, réalisation

La revue aura trois numéros par an. Son premier numéro paraîtra à la fin Novembre 2006.
Le comité de rédaction fonctionne comme comité scientifique, il se compose pour l’heure des membres fondateurs du Lestamp-association, Pierre Cam (sociologue de l’emploi et du droit social) ), Anne-Sandrine Castelot (sociologue, ethnologue du syndicalisme des cadres), Joëlle Deniot (sociologue, anthropologue du travail ouvrier, de la vie ouvrière et des cultures populaires), Bruno Lefebvre (anthropologue de l’entreprise et des mobilités salariales), Jacky Réault (historien et sociologue des espaces temps de la prolétarisation, des formes de vies et des cultures populaires en France). Son élargissement à des personnalités extérieures est en cours de constitution.


Contenu de la revue autour de trois rubriques

La revue est organisée autour de trois rubriques :

> Une dizaine d’articles sélectionnés autour de chaque thème proposé
> Deux ou trois articles hors thème donnant une souplesse de publication
> Une rubrique de compte-rendu critique sur des textes majeurs ( anciens ou récents ) des sciences sociales.


Sur fond de dogme établi de la « coupure épistémologique », toute une sociologie bien-pensante s’est mise en devoir de débusquer le commun, toutes les formes du commun : langage, représentations, expériences, formes d’existence d’être et de vie. Cette rupture des clercs par rapport à la connaissance ordinaire (Michel Maffesoli), la transforme en tradition nostalgique ou tissu de préjugés. Cette rupture des clercs par rapport au peuple en fait un objet d’étude à désigner et à normaliser.

Cette logique débouche sur une intériorisation de toutes les coupures, incluant la censure de sa propre intuition et de ses propres savoirs. La sociologie se donne alors comme métalangage de la prénotion. Dans cette perspective constructiviste fortement métaphysique, malgré ses déclarations, l’enquête de terrain n’est plus perçue comme simple source d’information, devient un sorte de mythe - alibi de la réalité toujours gommée. L’obsession de légitimité militante par le terrain est alors l’effet pervers de la négation du réel par le construit.

Depuis plusieurs décennies d’autres réflexions y compris sociologiques se sont interrogées sur les arrière-plans, les impensés et les conséquences d’une telle séparation de l’ordinaire, du commun, assimilés au vulgaire et à l’insignifiance, c’est dans le fil de cette raison ouverte que nous situons notre appel à communication autour de quatre axes indicatifs :


I - Tensions entre le commun et la totalité

Le premier sens de commun passé en français est celui de « relatif au plus grand nombre ». Aussi le commun nous parle t-il du populaire mais de façon usuellement péjorative. La perception du commun ne s’abolit- elle pas d’entrée dans l’opposition Plebs/Populus de la tradition juridico-politique ? La plebs dans ce schéma devient, dans les temps modernes, redoutable métonymie du peuple. On la retrouve en acte dans les dérives totalitaires de révolutions, on la voit régner dans une sociologie du mépris avec ses classes supérieures qui appellent des inférieures (Lower classes), avec sa phraséologie du haut et du bas, son romantisme frelaté des classes paria.

L’actuelle opposition peuple/élite durcit encore ce partage alors que la notion d’élite est transversale, alors que le peuple a ses élites, ce qu’une telle vision lui dénie. Le peuple ne serait-il pas désormais à penser dans une articulation entre le tout et de nouvelles oligarchies, elle-même définies comme groupes ou appareils séparés de pouvoir ? Mais une difficulté nouvelle pourrait résider dans l’éventuel délitement du tout référentiel : territoire, langue, civilisation, religion, société … Et ne faudrait-il pas aussi réinterroger le rapport classes/nations à l’instar d’Emmanuel Todd « Aux origines du malaise politique français » ?


II - Les raisons du commun

Com-munis :
le mot légué par Rome lie le partage des «charges», de la matérialité de l’existence sociale et le partage d’un devoir. Il lie raison du réel et raison morale. On peut considérer la notion de Common Decency ( George Orwell) comme l’intuition partagée de formes civilisantes élémentaires d’une interhumanité sans cesse menacée de régression et sans cesse à reconquérir. Cette strate du commun, un populaire transversal, ne se résout pas dans la fragmentation sociale des classes, elle est la base d’une normalité anthropologique dont seules les classes mondialisées revendiquent la séparation, « la libération ».

De ce point de vue les média ne symbolisent plus une scène commune. Les classes populaires, à l’opposé de leur victimisation, et malgré l’écart à la norme de violence, d’emploi, constaté dans les familles… sont, elles, très engagées dans la défense de leur image (l’honneur, une requête populaire ?). Classes populaires gardiennes des fondamentaux moraux, scandalisées, agressées par le mépris lancé du haut. Non pas le peuple rousseauiste, mais un peuple contraint à des mobilisations morales pour survivre. Qu’en est-il d’une politique du peuple, retrouvée sur le temps long, par l’historien Roger Dupuy virtuelle ou réelle, selon les conjonctures?

Loin d’être reléguable dans « un bas », le populaire en tant que commun renvoie aux grandes fonctions de reproduction de la société. Dans la culture, n’est-il pas le porteur d’une raison réaliste, celle qui selon Georges Devereux hiérarchise les pratiques sociales, leurs valorisations et leurs symbolisations? Osons-nous le pari d’un populisme théorique, disant qu’il existe dans les classes populaires et dans d’autres une mobilisation conservatoire autour des fondamentaux ?
Mais la raison a ses envers… Ne peut-on pas aller jusqu’à établir un lien avec l’anthropologie de René Girard, de la violence fondatrice toujours latente et aussi devoir affronter l’irréductible ambivalence du commun, coagulé en communautaire de survie, éventuellement jusqu’à la désignation d’un des siens comme victime sacrificielle ?


III - Les communs de l’expérience

Les auteurs qui se sont préoccupés de réhabiliter le commun, l’ont d’abord pensé comme monde sensible (Michel de Certeau, Pierre Sansot), ou bien comme cette trame de la vie ordinaire (Claude Javeau), ou encore comme cette trace de ritualités primordiales où s’ancrent et se transmettent des cultures de l’oralité, du langage, du silence, de l’émotion, du corps, de ses modes sexués d’apparaître et d’être. Sur ces communs de l’expérience, dont les modalités sont multiples, il convient entre autres, de s’interroger sur différents thèmes qui font débat :

> D’abord, dans le cadre des restructurations actuelles de la vie salariale et familiale, dans le cadre de cette métamorphose des temps sociaux qu’en est-il des temps communs, cadre des interactions vivantes ? Qu’en est-il des jours partageables et des fêtes communes ?

> Qu’en est-il des repas, des pratiques alimentaires et notamment en milieu populaire ?

> Qu’en est-il des jeux communs ?

> Qu’en est-il des arts communs ? Sont-ils ces arts de rue récemment institués comme Royal de Luxe ? Ou est-ce encore la chanson, quand à la mort de Pierre Bacheley au printemps 2005 tout le stade reprend « Au Nord c’était les corons », on peut le penser ? Ou bien est-ce le festival de Lorient, pris ici comme simple exemple de tout ce mouvement de « revival » que l’on ne peut biffer d’un trait en le désignant comme folklore ?

Qu’en est-il des lieux communs :

>
ceux de la langue dans un contexte médiatique, sociétal où est entretenue la plus grande confusion entre langue du clan et langue commune ( cf. toute la démagogie réitérée autour de la langue « des banlieues » et l’apologie des 500 mots pour tout dire )

> ceux des espaces tels les centres commerciaux qui drainent des foules, et dans cette logique que deviennent les centres ville se dépeuplant au double sens du terme ?

> Qu’en est-il des communalités d’une autre nature ( tchat, texto etc …) ?

> L ‘usage de la loi a-t-elle cessé d’être un commun ?

> Qu’en est-il de la religion populaire (Alphonse Dupront « Du sacré » ) ?


IV - Communalités historiques

Le commun, c’est aussi ce qui institue en différents moments historiques, tout ou partie des communalités issues de la « société ». C’est d’abord l’encellulement de l’espace français dans les plus de 40000 paroisses qui deviendront les communes de la révolution qui restent, et pas seulement dans l’étendue rurale, le cadre le plus vivant et le premier identifiant de la vie démocratique moderne. C’est la construction autour de ce thème d’une chaîne de formes qui, jusqu’à la Commune de Paris, développe une utopie combinant démocratie de base et liberté à l’égard des féodaux ou des appareils d’État centraux ; c’est sa cristallisation fédérative, proudhonienne et anarchisante.

C’est la lente émergence et la cristallisation révolutionnaire du concept de nation, peuple constitué, comme monarchie parlementaire puis comme république. C’est le branchement de l’idée des communalités de classes, voire d’ensembles populaires (milieux à bases diverses), sur l’idée nationale et révolutionnaire et au-delà internationale. Mais après l’impression d’un affadissement républicain, voire pour certains, d’une obsolescence qui serait un fatal et positif effet de la mondialisation via l’européisation, sur l’organicité de la nation et sur la souveraineté du peuple, n’est-ce pas le retour d’un républicanisme de résistance anthropologique, maintien de la transcendance de la loi sur les privilèges ethniques ou régionaux, contre les reféodalisations (le réseau contre le commun) ? N’est-ce pas aussi le retour d’un républicanisme de résistance politique, la requête de l’indépendance nationale comme mode d’affrontement actif à la mondialisation, la reviviscence d’une mémoire nationale après le temps immobilisé « des lieux de mémoire » ?

C’est le retour peut-être de communalités plus culturelles entre ethnicisation des revival et celui de plus redoutables identifications en de vastes ensembles religieux ou civilisationnels (l’occident, la chrétienté, l’Europe peut-être, au delà du marché). C’est l’interrogation inévitable sur le rapport de l’utopie et de la réalité du communisme avec d’autres communalités territorialisées ou familiales, seule interrogation capable de permette des hypothèses sur son épuisement historique éventuel. L’idée qui court d’un monde commun surgi de la mondialisation est-elle compatible avec le maintien des communalités concrètes qui constituent depuis toujours le tissu de la vie des hommes ?

La partie introductive questionnant les sciences sociales dans leur rapport au commun en tous ces modes, thématique forte pour ce numéro de lancement de la revue, constitue de fait un cinquième axe de réflexion pour cet appel.




Normes éditoriales

Les articles ne devront pas dépassés 40000 signes, espaces compris. L’intégration de documents visuels ( sous format JPEG) est la bienvenue. Nous pouvons aussi envisager la réalisation d’insertions sonores, rarement utilisées mais décisives pour certains sujets. Les notes et les références bibliographiques doivent être établies selon le système « français », en bas de page et numérotées de façon continue.


Soumission des textes

Les propositions d’articles doivent être envoyées par voie électronique, en format word et RTF à joelle.deniot@wanadoo.fr ou bien à jacky.reault@wanadoo.fr

Pour le premier numéro nous proposons l’établissement d’un premier contact sur présentation brève (1500 signes maximum ) de la thématique envisagée, pour le 12 juillet 2006. Une réponse vous sera faite à ce premier envoi. Le texte définitif de l’article devra être proposé au comité de lecture au 20 Septembre 2006, dernier délai. Pour ce faire, merci de renseigner tous les champs de formulaire ci-dessous, puis cliquez sur le bouton "Envoyer".

Indiquez vos coordonnés personnelles : Nom : Prénom : Fonction Adresse : Ville et CP : Téléphone : Fax : E-mail :

Résumé du thème de votre publication à soumettre en 500 signes :

Catégories

Dates

  • mercredi 12 juillet 2006

Contacts

  • Jacky Réault
    courriel : jacky [dot] reault [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Carole Launai
    courriel : launaicar [at] aol [dot] com

Pour citer cette annonce

« Du commun… ou critique d’une sociologie politique », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 12 mai 2006, http://calenda.org/191569