AccueilMémoire, territoire et perspectives d’éducation populaire

*  *  *

Publié le mardi 23 mai 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Le laboratoire Experice (Paris VIII et Paris XIII) organise cette journée d'étude pour travailler les questions du rapport entre la mémoire et le territoire, de la contribution du travail de la mémoire à la construction identitaire et du rapport entre la culture d’origine et celle de la terre d’accueil.

Annonce

Lieu : 2, rue de la Liberté 93200 St Denis. Salle indiquée à l’accueil de l’université. Accès : Métro ligne 13 - St Denis Université

Entrée libre dans la limite des places disponibles et en réservant par l’envoie d’un mail à nicolas.fasseur@iedparis8.net.

Le laboratoire Experice de Paris VIII et de Paris XIII organise, le 9 juin 2006, une journée d’étude pour faire l’état de la recherche sur les questions concernant la mémoire ancrée sur un territoire dans des démarches d’éducation populaire. L’équipe de notre laboratoire travaille sur les questions de l’expérience dans des situations éducatives et l’objectif de cette journée est de travailler, plus précisément, le rapport entre la mémoire et le territoire, la contribution du travail de la mémoire à la construction identitaire et, enfin, le rapport entre la culture d’origine et celle de la terre d’accueil.

Les programmes de démolition-reconstruction des grands ensembles en banlieues sont mis en œuvre pour améliorer le cadre de vie de leurs habitants, cependant ils modifient aussi en profondeur l’identité territoriale de ces mêmes habitants. En effet, ces bouleversements de repères peuvent être vécus comme un traumatisme notamment lors des démolitions de logement. Comment, alors, revisiter ces territoires ainsi renouvelés pour aider à la reconstruction identitaire de ces habitants ? Par ailleurs, ces derniers sont aussi, pour la plupart, issus de l’immigration. Leur histoire personnelle se mêle à celle du pays d’origine et à celle du pays d’accueil. Alors, comment ces habitants ballottés entre les histoires de deux nations perçoivent-ils leur quartier qui est, lui-même,en pleine évolution ?

Mais sans attendre ces situations, il est possible de provoquer un travail de mémoire, un travail identitaire sur un territoire dans une vision d’une démarche participative. Il ne s’agit pas, ici, d’une participation co-décisionnaire mais plutôt d’une co-construction de l’histoire. Ainsi, des habitants, par exemple, des usagers d’un centre social sont invités à réécrire leur histoire en explorant leur quartier mais leur participation est aussi possible dans l’inscription de leur parole dans un écomusée et raconter son histoire peut contribuer à la prise de conscience de leur identité. Il s’agit alors de travailler la question des pratiques patrimoniales en prise avec la participation, en prise avec la citoyenneté. Cette identité peut se forger par son inscription sur un territoire mais elle peut l’être aussi par la transmission familiale au-delà des frontières. Cette identité s’enrobe parfois de mythes, de légendes dorées et le travailleur de mémoire familiale devient alors, tour à tour, généalogiste, biographe et linguiste. Mais, en quoi ce travail de la mémoire collective peut contribuer à la (re)construction identitaire d’une famille déracinée ailleurs et enracinée ici ?

Se raconter, c’est exprimer ses propres valeurs et les histoires de vies, les témoignages se confrontent souvent à l’histoire officielle. De ce fait, se raconter n’est pas neutre et cela peut devenir un réel contre-pouvoir à ce qui est écrit dans les livres d’histoire notamment lorsqu’il s’agit de récit collectif. Plus encore, les histoires de vie collectives peuvent être vécues en tant qu’actes de résistance face à des dominations culturelles et idéologiques. De ce fait, l’éducation populaire a toute sa place sur ces questions car elle se caractérise notamment par l’action collective et par la transformation des représentations de l’environnement si elle se définie en tant que travail de la culture en résistance à la culture dominante. Ici, le travail de la culture induit par les démarches d’éducation populaire s’articule avec le travail de la mémoire et, de ce fait, ils constituent le couple nécessaire à la construction identitaire, processus inverse au repli communautaire. Alors, il n’est pas étonnant que certains mouvements sociaux s’appuient sur un travail de mémoire pour en trouver le sens et que l’éducation populaire reprenne toute sa teneur d’éducation au politique.

Programme

Modérateur : Christian Verrier

9h30-10h00 Accueil des participants.

10h00-10h15 Ouverture de la journée.

La mémoire, l’immigration et le territoire

10h15-10h30 Projection du film Mémoire de quartier réalisé par l’association Hyper-Cut de St-Denis.

10h30-11h00 Layla Tatem Enquête sur la mémoire de quartier Salvador Allende à St Denis.

11h00-11h10 Pause.

11h10-11h35 Naïma Yabi L’histoire et la mémoire de l’immigration.

11h35-12h00 Mustafa Poyraz La mémoire urbaine d’un passé rural, le cas d’associations à Istanbul.

12h00-13h00 Pause déjeuner.

La trace, l’objet et l’oralité

13h00-13h25 Projection du film Notre histoire est inscrite sur nos murs réalisé par Jean-Paul Manière.

13h25-13h50 Nicolas Fasseur Les pratiques éducatives de la commémoration.

13h50-14h15 Alexandre Delarge Démarche participative autour de l’écomusée de Fresnes.

14h15-14h45 Marijana Petrović-Rignault Transmission orale d’une histoire familiale.

14h45-14h55 Pause.

La parole, le collectif et la résistance

14h55-15h10 Projection du film St Bernard, 10 ans et après ! réalisé par l’échomusée de la Goutte d’Or (sous réserve).

15h10-15h35 Jean-Louis Le Grand Histoires de vie collectives et éducation populaire.

15h35-16h00 Lúcia Ozório Récits de vie et mouvements sociaux.

16h00-16h25 Alexia Morvan Education populaire, éducation au politique !

16h25-17h00 Débat-synthèse de la journée.

Participants

Alexandre Delarge,conservateur de l’écomusée de Fresnes.

Nicolas Fasseur, doctorant à l’université Paris VIII- Experice.

Jean-Louis Le Grand, maître de conférence à Paris VIII- Experice

Alexia Morvan, doctorante à l’université de Rennes II.

Lúcia Ozório, professeur à Université de l´Etat de Rio de Janeiro.

Marijana Petrović-Rignaul, doctorante à l’université Paris IV.

Mustafa Poyraz, docteur à l’université de Paris V.

Layla Tatem, directrice de quartier au service jeunesse de Saint-Denis.

Christian Verrier, maître de conférence à Paris VIII- Experice.

Naïma Yabi, doctorante à l’Université de Paris VIII.

Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • vendredi 09 juin 2006

Contacts

  • Nicolas Fasseur, Layla Tatem ~
    courriel : nicolas [dot] fasseur [at] iedparis8 [dot] net

Source de l'information

  • Nicolas Fasseur
    courriel : nicolas [dot] fasseur [at] iedparis8 [dot] net

Pour citer cette annonce

« Mémoire, territoire et perspectives d’éducation populaire », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 23 mai 2006, http://calenda.org/191614