AccueilL’expression de soi dans les arts et les lettres à la Renaissance

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Publié le mardi 30 mai 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Ce colloque, en croisant le double questionnement - modalités et formes de la présence dans l’œuvre, du créateur comme de celle du commanditaire, et finalité intentionnelle d’une expression de cette présence-pouvoir à deux têtes -, propose de contribuer à cerner les chemins de l’invention dans la peinture, la musique et la littérature à la Renaissance.

Annonce

Appel à communications

Invention, Intention, Persuasion

L’expression de soi dans les arts et les lettres à la Renaissance

Colloque international organisé par l’Université de Cambridge, Clare College

En collaboration avec le Centre d’Etudes Supérieures de la Renaissance (CESR), Tours

Cambridge, 31 mars- 2 avril 2007

A la Renaissance, les productions artistiques s’entendent majoritairement dans le cadre du mécénat et du clientélisme. Lorsque l’on s’intéresse à la présence du créateur dans ses réalisations, on étudie le plus souvent la réception et l’interprétation des œuvres dans un cadre historique. Toutefois, à une époque où émerge la notion d’artiste dans un contexte de revalorisation du statut des productions artistiques, les questions de style ne doivent-elles pas s’étudier de façon première, voire autonome ? A l’inverse pour le domaine littéraire, exception faite de quelques cas où la quête d’un mécène a eu une répercussion conséquente sur la création, le mécénat est moindre. De fait, si certains textes d’auteurs font l’objet d’une commande, nombres d’autres sont le fruit d’une création d’écrivains plus indépendants - la création prenant forme avant la quête d’un mécène. On s’intéresse ainsi plus volontiers à la présence de l’écrivain dans son œuvre qu’à celle du commanditaire. L’œuvre littéraire ne doit-elle pas cependant être précisément replacée dans le contexte politique qui l’a vue naître ? Lorsque l’on cherche à étudier les modalités de la création, la question de l’origine de l’invention et de l’intention éventuelle de l’œuvre se pose.

Paul Veyne a bien montré que des œuvres connues peuvent révéler un aspect de l’invention qui passe par l’analyse de l’expression de soi, en l’occurrence ce qu’il appelle « expression roi », comme manifestation de la force du commanditaire pour elle-même (« illisibilité » de la colonne Trajane). Peut-on également parler de la manifestation visuelle de la force du créateur ? Nous avons par ailleurs constaté que l’analyse approfondie d’œuvres peu connues, sans liens établis avec une commande, peuvent être porteuses de l’expression de soi de l’auteur, par exemple de sa volonté de promotion (démonstration des talents du créateur préconisée par Machiavel dans Le Prince). Peut-on réellement parler d’une intention de l’expression de soi ? Si oui, quelle est-elle ?

Pour reprendre le syntagme qui donne son titre au livre de Michael Baxandall, on est de fait amené à se demander quelles sont les « formes de l’intention » dans les arts et les lettres à la Renaissance. La question de l’intention est en effet essentielle, mais elle ne sera pas ici tant historique que stylistique et politique : lorsqu’il y a intention se trouve-t-on uniquement dans le « faire savoir » (Michèle Fogel) ou également dans le « faire croire » (Bernard Guenée) qui relève de la propagande ? La propagande cherche à convaincre ; selon Paul Veyne, son « action se déguise en information ». On cherchera à savoir si la création s’entend selon ces deux intentions : exprimer et convaincre, exprimer ou convaincre. La question de la finalité de l’expression de soi est donc prégnante. Toutefois, si la cause d’une œuvre n’est pas essentiellement ce qu’elle a à « communiquer » (Robert Klein), que représente alors l’expression de soi pour un créateur, voire pour un commanditaire ?

Ce colloque, en croisant le double questionnement - modalités et formes de la présence dans l’œuvre, du créateur comme de celle du commanditaire, et finalité intentionnelle d’une expression de cette présence-pouvoir à deux têtes -, propose de contribuer à cerner les chemins de l’invention dans la peinture, la musique et la littérature à la Renaissance.

Voici quelques questions supplémentaires auxquelles nous souhaiterions tenter de répondre. Ceci n’est pas une liste exhaustive :

- De façon générale, le créateur travaille à la « promotion de sa propre figure » (Christian Jouhaud) : on peut alors se demander si l’évocation de la force de l’artiste réside uniquement dans celle du commanditaire ?

- Comment la force du commanditaire et celle du créateur s’expriment-elles non seulement dans le cadre de la commande mais aussi dans celui de la dédicace spontanée ?

- Dans le cas d’une création pour laquelle les écrivains, les artistes et les musiciens sont conviés à travailler ensemble, comment l’intention s’équilibre-t-elle avec la réponse à la commande entre les divers domaines de la création et ses moyens d’expression ? Peut-on parler de mariage (idyllique ?) entre l’expression de soi et l’éloge du destinataire de l’œuvre accomplie ensemble ?

- Certaines thématiques profanes sont particulièrement propices à l’expression de soi, mais qu’en est-il des thématiques religieuses, lorsque l’expression du créateur est confrontée à la manifestation du Créateur ?

- Si l’on parle d’intention du créateur, alors, comme le prône Christian Jouhaud, les « producteurs » ont intérêt à ce que « leurs écrits soient reçus au plus près de leurs intentions de destination ». Dans le cas contraire, l’« incompréhension » de l’œuvre, qui devient un « objet d’investigation historique », peut-elle aider, en retour, à cerner l’intention du créateur ?

- Au-delà de ce qui est immédiatement perceptible, recevable, dans l’œuvre, l’expression de soi prend des formes qui nécessitent du connaisseur, plus qu’un « regard attentif » (P. Veyne), une prise en compte de la liberté de l’artiste. Mais quelle est exactement l’étendue de la liberté de l’artiste dans le cadre d’une commande ? Peut-il expérimenter et « s’amuser » ? Et si oui, jusqu’à quel point ? Si la liberté de l’artiste se situe aussi « dans les écarts de style » et si le « laid est voulu » (P. Veyne), peut-on restreindre la présence de l’artiste à l’excès, à ce qui déroge à la règle ?

Les communications, qui dureront de 25 à 30 mn maximum, se feront en français et anglais.

Merci d’adresser une proposition de communication avec titre (500 mots environ, fichier attaché word ou format RTF) incluant le nom, l’adresse email et postale, l’affiliation institutionnelle et le statut jusqu’au 30 septembre 2006 au responsable de la discipline concernée :

(bien préciser l’objet de l’email: Colloque Expression de soi)

Littérature

Philip Ford: pjf2@cam.ac.uk

Histoire de l’art

Isabelle Bouvrande: isabelle.bouvrande@laposte.net

Musicologie

Tessa Knighton: twk1000@cam.ac.uk

Notification d’acceptation: 1er novembre 2006.

Catégories

Lieux

  • Cambridge, Grande-Bretagne

Dates

  • samedi 30 septembre 2006

Contacts

  • Isabelle Bouvrande
    courriel : isabelle [dot] bouvrande [at] laposte [dot] net

Source de l'information

  • Isabelle Bouvrande
    courriel : isabelle [dot] bouvrande [at] laposte [dot] net

Pour citer cette annonce

« L’expression de soi dans les arts et les lettres à la Renaissance », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 30 mai 2006, http://calenda.org/191646