AccueilL'autochtonie en question : regards croisés France/Québec

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Publié le lundi 05 juin 2006 par Corinne Cassé

Résumé

Ce colloque réunira différents spécialistes des questions autochtones afin de faire le point sur la manière dont le concept d’ «autochtone» et donc l’objet d’étude «autochtone» est construit dans l’espace francophone, en particulier en France et au Québec.

Annonce

Colloque international, 13-14 juin, EHESS, Paris

Amphithéâtre, EHESS, 105 bd Raspail, Paris

Présentation :

Depuis quelques décennies, les problématiques autochtones s’imposent comme des enjeux politiques majeurs dans plusieurs régions du monde. Les peuples autochtones ont en effet été impliqués, en particulier depuis les années 1970, dans des mouvements nationalistes et souverainistes, ainsi que dans toutes sortes de luttes pour la décolonisation, l’autodétermination et la reconnaissance de leurs droits. Ces luttes se tiennent à la fois sur les scènes nationales et internationale. Au niveau international, ces luttes se font à travers la formation de réseaux autochtones et l’affirmation de leurs droits et de l’importance de la culture des Premiers Peuples face au reste du monde. Les travaux de l’Organisation des Nations Unies (ONU) sur la définition des droits des peuples autochtones sont révélateurs de l’importance globale des problématiques autochtones, tant aux plans politique que juridique. Plusieurs auteurs considèrent d’ailleurs que la redéfinition des rapports entre l’État moderne et les collectivités autochtones constitue un des grands défis du XXIe siècle, aussi important pour l’Occident que l’est la décolonisation.

Un des objectifs de ce colloque est de réunir différents spécialistes des questions autochtones afin de faire le point sur la manière dont le concept d’ « autochtone » et donc l’objet d’étude « autochtone » est construit dans l’espace francophone, en particulier en France et au Québec. En France, l’utilisation du concept d’ « autochtone », dans son acception actuelle, est relativement récente étant donné, entre autres facteurs, l’absence de populations définies comme autochtones et qui se définissent comme telles sur le territoire métropolitain. La tradition républicaine est probablement un facteur déterminant, au sens où la laïcité a historiquement exclu de l’espace public la possibilité pour le citoyen de revendiquer un particularisme culturel. Des chercheurs français ont certes, depuis longtemps, étudié les populations dites « autochtones » ou « indigènes », mais sans toujours repenser ces notions directement issues des colonisations et sans toujours considérer les rapports de subordination et de dépendance qui les lient à des populations dominantes et à un « nous » plus large occidental, puissant et moderne. L’importance et la richesse tant dans les domaines ethnographiques que théorique de la tradition anthropologique française n’ont pas besoin d’être soulignées. Cela dit, les études qui se développent aujourd’hui au Québec et qui portent sur les populations qui s’identifient elles-mêmes comme autochtones et qui revendiquent des droits comme tels, notamment à l’ONU, se différencient sous divers angles de ce que la tradition française a produit jusqu’à présent. Il devient alors intéressant d’interroger les influences des systèmes étatiques et des contextes nationaux sur la théorisation relative à l’autochtonie.

Ce colloque nous semble particulièrement important du fait que la présence francophone reste marginale dans le débat actuel sur l’autochtonie, un débat largement dominé par les recherches anglo-saxonnes. Sa pertinence tient aussi au fait qu’il permette de faire le point sur les recherches en milieu francophone. En France, par exemple, jusqu’à aujourd’hui, la question de la diversité culturelle est totalement dominée par la problématique de l’intégration des populations récemment immigrées sur le territoire métropolitain, masquant le phénomène que constitue l’augmentation des demandes de droits articulés en termes d’autochtonie dans les anciens TOM et les DOM. Le Québec, quant à lui, qui fut il y a peu de temps le théâtre de conflits importants opposant les populations autochtones à l’État et aux non-autochtones, a aussi été à l’avant-garde en matière de redéfinition d’ententes d’autonomie politique avec les autochtones et de consolidation de différents partenariats au niveau de la recherche. Dans cette perspective comparative, la réflexion que nous proposons au sein de la francophonie sur les questions autochtones ― du point de vue de la recherche et en particulier aux niveaux conceptuel et historique ― contribuera à alimenter de façon constructive le débat général actuel sur l’autochtonie. Les expériences des vieilles démocraties concernant la définition d’un contrat social établissant les normes d’un vivre ensemble favorisant l’égalité tout en définissant un espace pour la différence constituent des pistes de réflexion non négligeables. La différence peut être institutionnalisée, comme dans les modèles multiculturalistes, ou bien réservée à la sphère privée, comme dans le modèle républicain, modèle lui-même en pleine évolution, comme en témoignent les contours multiculturels de la future citoyenneté néo-calédonienne telle que la dessine l’Accord de Nouméa depuis 1998.

Principe du colloque :

Le format de ce colloque se veut novateur en visant à mettre l’accent sur la discussion. En effet, les participants auront remis leur texte un mois avant la tenue du colloque et auront déjà pris connaissance des textes des autres participants. Les discutants, qui auront lu les textes à l’avance résumeront de façon critique les textes reçus et identifieront des pistes de discussion. Les présidents de séance animeront par la suite un échange avec les auteurs des textes, les discutants et l’audience. Participeront aux débats des chercheurs principalement français et québécois, ainsi que des autochtones du Québec et de Polynésie française.

Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • mardi 13 juin 2006

Fichiers attachés

Contacts

  • Natacha Gagné et Marie Pineau-Salaün ~
    courriel : autochtonie [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Natacha Gagné et Marie Pineau-Salaün ~
    courriel : autochtonie [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'autochtonie en question : regards croisés France/Québec », Colloque, Calenda, Publié le lundi 05 juin 2006, http://calenda.org/191663