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Que sait la police ?

La formation des savoirs policiers en Europe (1700-1830)

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Publié le dimanche 25 juin 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Le Centre d'Histoire de Recherche en Histoire Moderne de l'Universite Paris 1 organise le 28 septembre 2006 une journee d'etude consacree a la formation des savoir policiers en Europe du XVIIIe siecle au debut du XIXe siecle.

Annonce

Que sait la police ?

La formation des savoirs policiers en Europe (1700-1830)

Journée d’étude organisée par le Centre de Recherche en Histoire Moderne de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Jeudi 28 septembre 2006

9h 30 –17h 30

salle Perroy (Sorbonne, galerie Dumas, esc. R, 2e étage)

La police classique entretient avec le savoir des relations multiples. Sous l'Ancien Régime naît une volonté de savoir, au coeur de l'ambition policière, et qui survit à la crise de la police classique au dix-huitième siècle. Du secret des alcôves et des familles aux "mauvais propos", de l'observation de la rue à l'enregistrement des prostituées, des "mauvais sujets" ou des voyageurs, la police se construit largement sur l'ambition d'être omnisciente, comme le résume la métaphore contemporaine de l'oeil. Toute la chaîne de ses agents, des grades les plus subalternes de la force armée et des hommes "en bourgeois" au lieutenant général de police, les rapports, les formulaires et les registres, jusqu'au fameux quotidien "bulletin de Paris" destiné au souverain, contribuent à composer un immense texte policier, qui constitue par sa diversité (mercuriales, états des étrangers, dossiers individuels, bulletins quotidiens) et sa richesse un des matériaux privilégiés de la recherche historique. Loin de se réduire à une instance répressive, la police ne cesse d'accumuler des connaissances sur les hommes et les choses dans l'espace dans lequel elle se déploie. La police contribue ainsi à l'édification d'une "érudition d'Etat" (A. Dewerpe) qui ne se réduit pas aux individus, mais porte aussi sur la société dans son ensemble. Ce savoir comme l'ambition à son principe méritent d'être interrogés, parce qu'ils sont porteurs d'une vision du social spécifique, sont constitutifs d'une "science de l'Etat" qui éclaire et détermine parfois l'action de celui-ci, et se trouvent aussi au principe de certaines des sciences de l'homme (comme la statistique de la population et des migrations ou la criminologie).

Outre ce savoir que se donne pour fin la police, l'effectuation des tâches de police par ses agents demande la maîtrise de compétences très diverses, liées à la multiplicité des domaines d'intervention (police économique, police judiciaire, maintien de l'ordre, police administrative). Il peut s'agir de domaines proprement techniques, comme détecter une fraude sur un produit, faire un signalement, maîtriser une foule ou mener une enquête. Mais la police est aussi un art des circonstances, qui repose des savoirs-faires d'une autre forme, comme repérer des suspects ou gérer l'ordre dans un quartier, et qui, sans être institutionnalisés, sont considérés comme caractéristique de ce qui fait le "bon policier" dès l'Ancien Régime. Bien avant la création de corps spécifiques ("la police"), c'est peut-être la maîtrise de l'ensemble de compétences et de gestes qui "fait" le policier. A une époque où des acteurs très divers exercent la police, ces savoirs constituent le dénominateur commun de ses praticiens, par-delà la diversité des statuts et des positions, et par conséquent un observatoire privilégié pour qui s'intéresse à la police d'Ancien Régime, ses contours, ses pratiques et sa place dans la société globale.

Il s'agit de rapprocher et d'étudier des domaines jusqu'ici séparés. L'évolution comme la nature des connaissances que produit la police dépend également des savoirs techniques qu'elle utilise. Dans l'un et l'autre cas, on voudrait être attentif aux pratiques et aux techniques intellectuelles des policiers, les modèles et les instruments d'analyse dont ils usent, leurs supports, la manière dont ils circulent mais aussi façonnent l'action des policiers.

Programme

Matinée

9 h 30 : accueil des participants

9h 45 : Vincent Denis (Université Paris 1), introduction : que sait la police ?

10 h 15 : Robert Carvais (CNRS, Institut d’histoire du droit), « Les savoirs de la police parisienne des bâtiments sous l’Ancien Régime ».

10 h 45 : Déborah Cohen (Institut Universitaire Européen), « Entre police et justice : savoir informel et preuves formelles. L’exemple des lettres de cachet à Paris au XVIIIe siècle »

11 h 15 : Pierre Karila-Cohen (Université de Rennes II), « La formation d’un savoir composite : l’analyse de l’opinion sous la Restauration et la Monarchie de Juillet »

11h 45 : discussion

Déjeuner

Après-midi

14 h : Hervé Drévillon (Université de Poitiers), « La tactique du dragon. Les aptitudes des dragons au maintien de l’ordre (XVIIe-XVIIIe siècles) ».

14 h 30 : Pascal Brouillet, docteur en histoire, « La formation des cavaliers de maréchaussée et de gendarmerie de la fin de l’Ancien Régime à la fin du Premier Empire ».

15 h 15 : Vincent Milliot (Université de Caen), « L’oeil et la mémoire : réflexions sur les savoirs policiers d’après les mémoires du lieutenant de police Lenoir »

15 h 45 : discussion générale


Lieu

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, salle Perroy  (galerie Dumas, escalier R, 2e étage)

Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • jeudi 28 septembre 2006

Contacts

  • Vincent Denis
    courriel : vincent [dot] denis [at] univ-paris1 [dot] fr

Source de l'information

  • Vincent Denis
    courriel : vincent [dot] denis [at] univ-paris1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Que sait la police ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le dimanche 25 juin 2006, http://calenda.org/191723