AccueilLes supports de la connaissance : technologies, médiatisation, apprentissage

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Publié le mardi 27 juin 2006 par Pascal Garret

Résumé

Quatrième édition de l’école d’été du GDR TIC et Société (CNRS) Ce projet d'école d'été s'inscrit dans la continuité des écoles thématiques qui ont été organisées et soutenues par le CNRS depuis 2003, dans le cadre du GDR "TIC et société". Ayant pour thème « LES SUPPORTS DE LA CONNAISSANCE : TECHNOLOGIES, MEDIATISATION, APPRENTISSAGE », cette école d’été est organisée par le Gresec (Université Stendhal Grenoble3) avec l’appui du Clips-Imag (CNRS) et aura lieu du 11 au 15 septembre 2006 à Grenoble et Autrans (Vercors). Les inscriptions pour l’École d’été du GDR TIC et Société sont ouvertes jusqu’au 7 juillet 2006.

Annonce

Du 11 au 15 septembre 2006 à Autrans (Vercors)

Ecole d’été organisée par le Gresec (université de Grenoble 3) avec le soutien du Clips-Imag (Cnrs)

Comité Scientifique :
Richard Arena (LATAPSES, Université de Nice), Pierre-Jean Benghozi (PRG, Ecole Poytechnique), Éric Brousseau (EconomiX Université de Paris X), Bernard Conein (EHESS), Jacques Cremer (GREMAQ, Toulouse), Nicolas Curien (CNAM, Paris), Patrice Flichy (LATTS, Université de Marne la Vallée), Erhard Friedberg (CSO), Michel Gollac (CEE, Paris), Christian Licoppe (ENST), Jacques Mairesse (CREST-INSEE), Frédéric Moatty (CEE, CNRS Marne la Vallée), Pascal Petit (CEPREMAP), Thierry Pénard (CREM, Université de Rennes I), Alain Rallet (ADIS, Université de Paris XI), Isabelle Pailliart (GRESEC, université Stendhal).

Comité de programme : Godefroy Dang Nguyen (Marsouin, ENST Bretagne), Patrice Flichy (LATTS, Université de Marne la Vallée), Frédéric Moatty (CEE, CNRS Marne la Vallée), Christian Licoppe (ENST), Thierry Pénard (CREM, Université de Rennes I), Alain Rallet (ADIS, Université de Paris XI), Isabelle Pailliart (GRESEC, Université Stendhal), Catherine Garbay (CLIPS-Imag, CNRS), Adrian Staii (GRESEC, Université Stendhal).

Comité d'Organisation : Isabelle Pailliart (professeure, GRESEC, université Stendhal), Catherine Garbay (DR, CLIPS-Imag CNRS), Adrian Staii (MCF, Gresec, Université Pierre Mendès-France), Laurence Balicco (professeure, Gresec, Université Pierre Mendès France), Jocelyne Morel (Gresec, Université Stendhal), Leila Azeddine (Gresec, Université Stendhal).


SITUATION SCIENTIFIOUE ET OBJECTIFS :

Ce projet d'école d'été s'inscrit dans la continuité des écoles thématiques qui ont été organisées et soutenues par le CNRS depuis 2003, dans le cadre du GDR "TIC et société".

Pour quelles raisons cette quatrième école d’été est-elle consacrée aux « supports de la connaissance » ?

La nécessité d’un débat scientifique élargi

Les discours sur « la société de la connaissance » prennent aujourd’hui une place considérable dans l’espace public. Tenus par les politiques, les industriels, les enseignants et les chercheurs, portant ou se faisant porter par des projets plus ou moins concrets, exprimant des initiatives volontaristes et originales ou, au contraire, relevant du simple mimétisme, ces discours laissent penser qu’un accord général existe (ou du moins qu’il est en train de se créer) autour des fondements de cette « nouvelle » société. S’emparant des médias et des autres espaces d’expression, ils risquent de matérialiser, par leur récurrence et leur force d’autorité, un consensus symbolique, en substituant l’enthousiasme de l’état d’esprit à l’argumentation du débat.

La force de ces discours est d’autant plus prenante que les évolutions enregistrées ces dernières décennies et, à plus fort titre, les tendances récentes montrent des changements sociétaux profonds où « la connaissance » joue de manière de plus en plus évidente le rôle de « moteur ». Aussi, le propos n’est-il certainement pas sans fondement réel, mais cette justification ne le rend pas pour autant entièrement légitime dans la mesure où son ancrage ne fait pas systématiquement l’objet d’une critique approfondie. Nous sommes encore à un moment où la compréhension de ces évolutions et des conséquences futures des tendances actuelles se construit à partir de représentations fragmentées.

La faute incombe certainement à la complexité des objets qu’il faudrait cerner, à leur diversité synchronique, à la rapidité des évolutions et à leur caractère actuel, et, sur un autre plan, à la richesse des regards possibles, des approches et des méthodes d’analyse. Mais elle peut être également imputée à un certain cloisonnement disciplinaire, à une communication encore imparfaite et à un manque de visibilité des échanges. La nécessité d’un débat élargi et soutenu autour des enjeux actuels de la connaissance devient alors de plus en plus urgente : des mutations sociales, économiques, politiques, voire culturelles (au sens large) sont en cours et les chercheurs des sciences sociales tout comme leurs collègues des sciences de l’ingénieur se doivent d’y porter un regard attentif et complémentaire.

La proposition de l’école d’été GDR sur « les supports de la connaissance »

Tout débat a besoin d’un espace qui rassemble les énergies et stimule les échanges. C’est dans cet esprit propre aux écoles d’été du GDR que le présent projet a été construit autour des diverses problématiques rassemblées sous l’intitulé « les supports de la connaissance ».

Ce choix trouve ses racines dans l’importance des mutations sociétales citées ci-dessus et dans la force des discours qui les accompagnent, deux éléments complémentaires suffisamment forts pour inciter à eux seuls au questionnement. Mais, le présent projet a également pour ambition de rassembler et de rendre visibles des préoccupations de recherche et des résultats dont la mise en œuvre contribue substantiellement à la dynamique de ces mutations.

La prise en compte de ces deux impératifs nous fait proposer un découpage particulier dans la masse des interrogations actuelles posées par la question de la connaissance.

Inscription, construction et diffusion de la connaissance : les nouvelles modalités du numérique

D’une part, l’évolution technologique des dernières décennies et surtout l’avènement du numérique mettent au premier plan la question des supports, des modalités de recueil et d’inscription de la connaissance et des modes de représentation. Les possibilités techniques offertes par l’informatique, la « démocratisation » de l’accès à ces technologies, le développement à grande échelle du multimédia et l’apparition d’Internet sont en train de bouleverser à la fois la notion de support et la relation entre ce support et son contenu.


L’utilité de ces nouvelles technologies est désormais confirmée dans les domaines les plus divers, de l’industrie à l’éducation, du domaine public à la sphère privée. Et pourtant, si la réalité de l’utilisation est là, les modalités de faire sont paradoxalement encore à définir, à structurer, et, surtout, à comprendre. Dans cette masse de possibilités nouvelles, le sens même du terme de « connaissance », en tant que contenu inscriptible, est à remettre en cause, tant les modalités de matérialisation risquent d’influer sur son statut, voire sur sa substance : des incertitudes d’ordre légal aux questionnements d’ordre cognitif, en passant par les problèmes de représentation, « d’assemblage » et de validation, la liste des questions à explorer est longue.


S’agissant d’un terrain extrêmement dynamique, un problème central est également celui des processus créatifs et d’organisation du travail, de collaboration et d’innovation. Cette dernière question se pose aussi bien au niveau micro d’une structure particulière (qu’il s’agisse d’une entreprise ou d’un laboratoire de recherche), au niveau intermédiaire d’une filière ou bien à celui de la société tout entière à travers la question plus générale de la formation d’un cadre d’usage. Enfin, autour de ces modalités d’élaboration, émerge la question des acteurs du domaine, des « chaînes » de collaboration, des filières économiques et des modèles industriels qui régissent ces secteurs.

Lorsque l’on sait que ces préoccupations inspirent à la fois des problématiques de recherche et des applications industrielles, dans un processus souvent en boucle, l’on comprend tout l’enjeu d’une analyse urgente, conjuguée et pluridisciplinaire.

Maîtrise du savoir : de nouvelles sphères et de nouveaux enjeux, de l’individu au politique

D’autre part, le syntagme « les supports de la connaissance » englobe pleinement les dimensions sociologique, politique et communicationnelle de ces mutations technologiques. L’émergence de ces nouveaux supports de la connaissance soulève la question de leur insertion sociale, des pratiques collectives et individuelles, de la formation des normes d’usages et des usages déviants ; la question est d’autant plus intéressante que cette insertion vient court-circuiter les modalités classiques de diffusion et de réception des savoirs. La culture, dans tous les sens du mot, se retrouve confrontée à une forme de dynamique originale, parfois porteuse de normes et de valeurs nouvelles. Pour les usagers, la maîtrise des connaissances est liée à celle de ses dispositifs qui exigent des compétences spécifiques.

Plus particulièrement, la dissémination des nouveaux supports dans le monde de l’éducation est en train de façonner de nouveaux rapports au savoir. La formation sort de plus en plus des murs du système éducatif, les processus de transmission du savoir et les modalités d’apprentissage se diversifient, les dispositifs de formation dans leur ensemble évoluent. Si les supports ne sont pas toujours aussi innovants que le voudraient les discours, ils sont néanmoins au cœur des enjeux actuels des activités de formation. Voire plus, ils sont au cœur des enjeux de la production, de la validation et de la diffusion du savoir dans une société où la diversité des moyens favorise la multiplication des sources et où les critères de légitimité viennent à manquer.

En changeant d’échelle, l’insertion de ces nouveaux supports dans les organisations les plus diverses, dans les collectivités et les institutions publiques a un impact immédiat sur les modalités d’organisation du travail, sur la gestion de l’information et de la communication, et globalement sur la mémoire collective. Cette mémoire, qui fonde la culture organisationnelle et que l’on veut préserver de plus en plus, trouve ainsi une possibilité supplémentaire de survie, mais elle vient en même temps brouiller les pistes. L’appétit pour la conservation devenant de plus en plus dévorant, nombre d’institutions poussent à l’extrême le souci de préservation au risque de rendre le processus inefficace et, en tout cas, de laisser les professionnels de l’information ou les utilisateurs désemparés devant une masse d’informations hétéroclites et souvent démultipliées par la diversité des supports.

Simultanément, une masse d’écrits intermédiaires, nécessaire à l’activité et à la mémoire individuelle et collective, reste invisible ou est occultée au sein des organisations, tandis que les activités de lecture professionnelles ne sont pas toujours reconnues comme un véritable travail. La massification des activités liées à l’écrit et à ses nouveaux supports et l’élargissement à des publics auparavant peu concernés pose également la question de la formation continue aux compétences générales de nature professionnelle, non réductibles à celles qui peuvent être ou non acquises dans le monde scolaire.

En substance, l’appellation « supports de la connaissance » cherche à prendre en compte d’une part les problématiques liées à l’inscription, à la construction et à la diffusion des connaissances ; d’autre part, elle couvre les diverses questions posées actuellement par la maîtrise du savoir, par son impact sur les sphères professionnelle, publique et privée, par les nouveaux rapports en train de se forger entre société et savoir, et par la place et le rôle des instances politiques dans ce débat.

Vaste chantier, qui attire l’attention de nombreux chercheurs et qui favorise, par sa complexité, la diversité des approches, des découpages et des méthodes ! Il existe certainement sur ces sujets un réservoir de travaux extrêmement riche et néanmoins fragmenté, faute de partage. L’engouement s’explique par l’intérêt scientifique immanent à ces questions et par leurs enjeux sociétaux, économiques et politiques : car il est incontestable que la connaissance tient une place centrale dans notre société et qu’elle conditionne ses possibilités de développement. Reste à comprendre comment, selon quels processus, dans quelles configurations, avec quelles conséquences ? L’intérêt majeur de cette école d’été serait d’approcher ces questions en proposant un espace d’expression et d’échange où les divers acquis, expériences et projets puissent se confronter, se compléter et se stimuler.


GRANDS AXES DU PROGRAMME :

Thème 1 : Les technologies de la connaissance

Il existe de plus en plus d’outils, de dispositifs et de systèmes automatiques qui utilisent des bases de connaissances. Ces technologies dites « intelligentes » stockent des quantités parfois impressionnantes de connaissances de toutes sortes (systèmes encyclopédiques) ou spécifiques à un domaine d’application ciblé (systèmes experts). Ces dispositifs deviennent donc des supports intermédiaires où les connaissances sont représentées selon des méthodes diverses. Il s’agirait ici de faire le point sur les applications actuelles (qui vont des dispositifs conçus pour le web jusqu’aux mini-systèmes privés en couvrant des domaines d’activité extrêmement divers : industrie, finance, santé, éducation, etc.), de cerner les tendances en matière de méthodes de représentation et d’interaction avec l’humain, voire d’analyser les corrélats culturels de ces technologies et leur impact éventuel sur les processus de constitution des savoirs humains.


Thème 2 : Les modalités d’innovation et de conception des dispositifs multimédia

Les produits multimédia sont souvent considérés comme un support novateur des connaissances dans des domaines très variés (formation, édition, etc.). Quels sont les mécanismes, les processus, les structures, les acteurs, etc. qui participent à leur élaboration ? Dans quelle mesure ces techniques dites « nouvelles » sont-elles innovantes et quels sont les facteurs et les synergies qui favorisent ou déclenchent l’innovation ? Plus généralement, quelles sont les particularités de l’élaboration de ces dispositifs et en quoi le type de support influe-t-il sur les processus de conception ?


Thème 3 : La gestion de la connaissance dans les organisations

Facteur de production ou de cohésion interne, matière première ou produit fini, la connaissance occupe une place centrale dans les organisations. Quels sont les « circuits » de production/utilisation de la connaissance ? Comment modéliser les flux de connaissances (formels ou informels), avec quelles techniques et quels outils ? Comment organiser et gérer la connaissance en prenant en compte toute la diversité des supports ? Comment faire face d’une part à la surcharge cognitive, d’autre part à la perte de la mémoire organisationnelle (parfois difficilement inscriptible sur un support matériel) ?


Thème 4 : Les pratiques collectives et individuelles

L’emploi du terme de pratiques concernant les supports de la connaissance renvoie à la dimension sociale des rapports qu’entretiennent les individus avec les TICs. L’expression renvoie à des éléments structurants (qui dépassent le « hic et nunc » de l’utilisation) : les caractéristiques sociales, les contextes culturels des individus, les stratégies de mobilité sociale… Les pratiques rendent compte ainsi de la permanence et de la récurrence des utilisations. Leur analyse part également de l’hypothèse que les pratiques des nouvelles techniques sont à mettre en relation avec des mutations profondes : l’évolution des frontières entre les sphères publique, professionnelle et privée, le phénomène d’individualisation des pratiques sociales, et de différenciation, la marchandisation croissante des biens et des services… Enfin, l’analyse des pratiques permet de s’interroger sur l’acquisition de normes de communication et de compétences communicationnelles dans la société.


Thème 5 : Les politiques publiques et les stratégies industrielles dans le domaine de la formation et de l’accès au savoir

La question des supports de la connaissance serait ici plus directement liée aux secteurs de la formation au sens large. Il s’agirait de comprendre les spécificités des processus de production des supports éducatifs, à la confluence des politiques publiques et des stratégies industrielles, de cerner les diverses configurations engendrées par un secteur où ce qui relève du service public rencontre de plus en plus des actions rationalisatrices. Il s’agit également de comprendre en quoi la diversité des acteurs de ce domaine (enseignants, institutions publiques, divers intermédiaires, industriels et diffuseurs privés, etc.) oriente et contraint les processus de production des supports éducatifs.


MODALITES PEDAGOGIQUES et ASPECTS INNOVANTS :

Organisée sur une durée de 5 jours, l’Ecole comprend 2 types de sessions.

Le matin, une leçon de 2 h est donnée par 1 ou 2 conférenciers sur un sujet qui est lui-même une déclinaison du thème général retenu pour l’Ecole. Elle vise à faire un état des lieux disciplinaire en privilégiant évidemment l’approche de l’auteur. La leçon a pour but de donner à l’auditoire les principales clés d’analyse utilisées dans la discipline ou sous-discipline : références théoriques, méthodologies mobilisées, résultats empiriques, questionnements actuels. L’après-midi, 2 ou 3 intervenants présentent leurs travaux dans le cadre de « séminaires-ateliers » à partir de papiers publiés ou en cours de publication.

Les doctorants avancés seront invités à rédiger des posters et à les présenter brièvement pour favoriser des échanges individuels avec les chercheurs.

L’emploi du temps est enfin organisé pour donner suffisamment d’espace aux échanges informels facilités par la durée du séjour en un même lieu.


MODALITES PRATIQUES :

L’école d’été se déroulera à Autrans, village du Vercors, dans un centre de loisirs et d’accueil de séminaires. Il offre toutes les facilités sur place (hébergement, restauration, salles équipées, mais aussi salle de jeux et de détente). L’accès se fait d’abord par le TGV (3h, Paris Grenoble) puis par un car.

PUBLIC : chercheurs du CNRS, enseignants-chercheurs, doctorants, chercheurs d’autres institutions.


Les inscriptions pour l’École d’été du GDR TIC et Société sont ouvertes jusqu’au 18 juillet 2006 (ATTENTION ! date modifiée).

Catégories

Lieux

  • Autrans, France

Dates

  • mardi 18 juillet 2006

Mots-clés

  • Internet, multimédia, apprentissage, communication

Contacts

  • Leila Azeddine
    courriel : leila [dot] azeddine [at] e [dot] u-grenoble3 [dot] fr

Source de l'information

  • Leila Azeddine
    courriel : leila [dot] azeddine [at] e [dot] u-grenoble3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les supports de la connaissance : technologies, médiatisation, apprentissage », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 27 juin 2006, http://calenda.org/191727