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Les lois de la Fable/Fable Laws

Martyr(e) et échange scriptural/ Martyr(dom) and Scriptural Exchange

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Publié le mardi 11 juillet 2006 par Corinne Cassé

Résumé

Colloque international et interdisciplinaire organisé à Québec par la Chaire de recherche du Canada en Littératures Africaines et en Francophonie, Le CELAT de l'Université Laval. Deadline for paper submission/ date limite pour les propositions de communication: 30 November 2006 Comprises à partir des travaux de Michel de Certeau, les " lois de la fable " renvoient moins aux règles d’un genre littéraire qu’aux dispositifs d’une formation discursive à travers laquelle l’Occident a fondé son empire scriptural à l’aube des temps modernes. La fable désigne en même temps qu’une parole sans sujet nommable (fari), le procès d’au(c)torisation de l’historiographie occidentale sur la parole de l’autre (qu’il soit femme, enfant [infans], fou, sauvage ou mystique), à partir de la césure, ou coupure (épistémologique) du lieu de son écriture.

Annonce

9 et 10 Mai 2007, Université Laval, Québec, Canada

Colloque international sous la direction de / International conference organized by

Katarzyna Basta et Vincent Bruyère


Avec le soutien de/ With the help of

Association Internationale de Sémiotique Visuelle / International Association for Visual Semiotics
Chaire de Recherche du Canada en Littératures africaines et francophonie
CELAT

Comité scientifique/ Scientific board

Justin K. Bisanswa (Études littéraires, U. Laval)
Marie Carani (Histoire de l’art, U. Laval)
Bernadette Hoefer (Études littéraires, Harvard U.)
Sarah Rocheville (Etudes française, U. of Manitoba)
Lucie Roy (Études cinématographiques, U. Laval)
Conférenciers pléniers/ Keynote Speakers
Tom Conley (Harvard University)
Eric Méchoulan (Université de Montréal)
[English version follows]

Description

Comprises à partir des travaux de Michel de Certeau, les " lois de la fable " renvoient moins aux règles d’un genre littéraire qu’aux dispositifs d’une formation discursive à travers laquelle l’Occident a fondé son empire scriptural à l’aube des temps modernes. La fable désigne en même temps qu’une parole sans sujet nommable (fari), le procès d’au(c)torisation de l’historiographie occidentale sur la parole de l’autre (qu’il soit femme, enfant [infans], fou, sauvage ou mystique), à partir de la césure, ou coupure (épistémologique) du lieu de son écriture. Dans cette perspective, écrire (inscrire) revient donc à fonder un espace propre, un " lieu-tenant " qui fasse écran à une voix éteinte, en même temps qu’à cet autre que l’on fait parler à son insu en inscrivant l’histoire sur son corps-fable, afin d’en faire le corpus de disciplines hétérologiques que de Certeau nomment " sciences de la fable " (théologie, psychanalyse, ethnologie… etc.).

Cependant cette emprise des lois de la fable, loin de se réduire à une logique hégémonique strictement unidimensionnelle, engage à travers la production et institution du " texte ", une économie contractuelle complexe, à la fois scripturale et figurale, constituant l’impensé de l’institution du réel et de sa représentation, mais également l’informulé des " prises de parole ". La violence qui accompagne immanquablement ce procès d’inscription, de cri impossible à étouffer, est indissociable d’un plaisir d’écrire et d’être écrit, de signifier et d’être représenté dans un système qui rétribue l’inconsistance des fabulés, comme les jeux du langage poétique l’arbitraire du signe linguistique, et fonde la scénographie du martyre. Fonctionnant comme capital de souffrance, le corps du martyr est mis au service des rhétoriques du réel. Il devient par conséquent le trope d’un discours dont il est appelé à témoigner et auquel il " fait croire " en conjurant dans le sang son caractère péremptoire. Il s’agit dès lors de déterminer un contrat de crédibilité engageant une économie " écranique " de l’idéologique, et dans lequel la loi fabulée est rendue visible (crédible) à travers son incarnation, le corps sublime par son inscription.

Le colloque se propose de revisiter un vaste corpus de disciplines académiques et de pratiques artistiques au prisme de la fable du corps témoin (martur en grec). Il interrogera par conséquent les avatars de ces dispositifs d’au(c)torisation dans la culture contemporaine à travers les problématiques de sa reconduction, de son infléchissement, de son instrumentalisation à partir des nouveaux " appareils d’incarnation " de l’anatomo-politique et de la bio-politique, ou encore de son détournement par le projet postcolonial.

Domaines

Axes de réflexion suggérés

I

Hagiographies et (auto)hagiographies d’artistes et d’écrivains martyrs

Mythologies et mythographies des pratiques artistiques contemporaines

Le martyre comme tactique de légitimation d’une prise de parole et d’au(c)torisation des œuvres

Imaginaire contemporain du " corps glorieux "

Passions

de la lecture, de la littérature et de l’image

II

Fonctionnement, persistance et déconstruction du dispositif martyr dans la postmodernité

" Écran(ique)s " de l’idéologie

Économie de la " prise de parole " dans l’ordre de la représentation et du discours

Martyr(e) et rhétorique de l’identitaire en situation oppositionnelle (contexte postcolonial, culture populaire, subaltern studies… etc.)

III

Diagrammatique et régimes d’inscriptions

Le fétichisme et l’" institution imaginaire " (Cornélius Castoriadis) du théorique et de la théorie

Imaginaires de la parole et anatomie fantastique de l’énonciation

La croyance au corps et l’hexis corporelle (Pierre Bourdieu)

Le martyre et le paradigme de l’anthropologie générative (René Girard, Éric Gans).

Vous pouvez envoyer vos propositions d’intervention (300 mots) en français ou en anglais accompagnées d’un titre ainsi que d’une brève notice bio-bibliographique, avant le 30 novembre 2006 à vincent.bruyere.1@ulaval.ca ou par la poste :

Chaire de recherche du Canada

en Littératures Africaines et en Francophonie

DKN 1403

Université Laval

Québec (Qc) G1K7P4

CANADA

English version

Following the work of Michel de Certeau, "Fable Laws" refers less to the rules of a literary genre than to the device of a discursive formation through which the Occident has ground its scriptural empire at the dawn of the Modernity. The fable indicates at the same time a speech (fari) without an utterable subject and the authorization process of Western historiography on the very speech of the other (whether s/he is woman, child [infans] savage or mystic) from the caesura, or (epistemological) cut of his/her writing place. In such a way, inscribing amounts therefore to instituting a proper place, a lieu-tenant providing to an extinct voice a screen which occults it and nevertheless gives place to it. By inscribing its history on a body-fable, enactment called "sciences of fables" by de Certeau makes speak without their knowledge figures of otherness in order to constitute a corpus of heterological disciplines embodying these discourses on Others.

This potency of "Fable Laws" could not be summarized into a strictly unidimensional hegemonic logic because. It brings through the textual production a both scriptural and figural complex contract which represents the unspoken of the institution of the real, but also the unformulated of "captures of speech". Founding the scenography of martyrdom, the violence which inevitably accompanies this inscription process is indissociable from screaming impossible to reabsorb and from a pleasure of writing and to be written, pleasure of signifying and to be represented in a system which remunerates the confabulated inconsistency just as language games do it with the linguistic sign arbitrary. Functioning like a capital of pain, the body of the martyr is made available to rhetorics of real. It becomes the trope of a discourse to which it has to testify and in which it makes believe by conjuring in blood its peremptory nature. It consequently consists of determining a credibility contract which entangles a "screening" ideological economy, and in which fable laws are made visible (that is credible) through its incarnation, the body-fable made glorious through its inscription.

The conference proposes to revisit a vast corpus of academic disciplines and artistic practices through the fables of a witnessing-body (martyr in Greek). Therefore it will question the avatars of these authorization enactments in contemporary cultures, especially problematics of its renewal, reorientation, instrumentalization from new foucaldian anatomo-political and biopolitical "mechanisms of incarnation", or even of its embezzlement by the postcolonial project.

Fields

Suggested submission topics

I

II

Mechanism, persistence and deconstruction of the martyr device in postmodern ages

Screens of the ideology

Economy of "captures of speech" in the order of the representation and the discourse

Martyr(dom) and identitarian rhetorics occurring in oppositionnal situations (postcolonial context, popular culture, subaltern studies…)

III

Diagramatic and semio-political inscription

Fetishism and "imaginary institution" (Cornélius Castoriadis) of the theoretic and the theory

Speech imaginaries and fantastic anatomies of enunciation

The belief and the body: the corporal hexis (Pierre Bourdieu)

Martyrdom and the paradigm of Generative Anthropology (René Girard, Eric Gans)

The deadline for submission is 30 November 2006. Please send proposals (300 words) in English or in French, with a title and a short bio-bibliographical notice to vincent.bruyere.1@ulaval.ca or by mail :

Chaire de recherche du Canada

en Littératures Africaines et en Francophonie

DKN 1403

Université Laval

Québec (Qc) G1K7P4

CANADA

Mythologies and mythographies of contemporaneous artistic practices

The martyrdom as a legitimization tactic of "capture of speech" and works authorization

Contemporary imaginaries of the "glorious body"

Passions of reading, literature and picture

Literary and film studies, cultural studies, postcolonial and subaltern studies, women studies, visual culture, art history, cultural theory and critic psychoanalysis, semiotic. : études littéraires, culturelles, cinématographiques, postcoloniales et féministes ; culture visuelle, histoire de l’art, théorie culturelle, psychanalyse et sémiologie.

Catégories

Lieux

  • Université
    Laval, Canada

Dates

  • jeudi 30 novembre 2006

Contacts

  • Vincent Bruyère
    courriel : vincent [dot] bruyere [dot] 1 [at] ulaval [dot] ca

Source de l'information

  • Vincent Bruyère
    courriel : vincent [dot] bruyere [dot] 1 [at] ulaval [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Les lois de la Fable/Fable Laws », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 11 juillet 2006, http://calenda.org/191753