AccueilVilles en guerre (1939-1945)

Villes en guerre (1939-1945)

Le cas des Alpes occidentales

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Publié le jeudi 13 juillet 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Le colloque devant se dérouler en deux jours, quatre thèmes principaux, correspondant à quatre demi-journées, ont été dégagés : structures urbaines (maillage urbain, démographie, administration) ; lieux de socialisation et lieux symboliques (notamment les lieux de résistance, de répression, de déportation) ; villes et campagnes (ravitaillement, refuge, maquis, guérilla rurale et urbaine) ; destructions et libération (combats, bombardements, libération).

Annonce

Villes en guerre (1939-1945)

Le cas des Alpes occidentales

Colloque international

Chambéry-Grenoble

25-26 janvier 2007

Dans les études, pourtant pléthoriques, concernant la Seconde Guerre mondiale, le thème de la ville n’apparaît que fugitivement. Et pourtant… Durant ce que l’on a coutume d’appeler les « Années sombres », les villes ont tenu une place essentielle. À leurs fonctions traditionnelles, relevant du politique, de l’administration, du commerce, de l’industrie, de la culture, fonctions qui s’exacerbèrent parfois durant le conflit, se sont ajoutées d’autres rôles : celui de lieux de refuge, pour ceux qui fuyaient les combats de 1940 et l’avancée des troupes allemandes, transformés souvent en pièges – ainsi pour les Juifs se réfugiant en France, dans la zone non occupée ; celui de lieux où émergea la Résistance, et l’on ne compte plus les « capitales » de la Résistance, où s’organisèrent les réseaux, où s’imprima la presse clandestine, où se prirent les décisions de créer des maquis ; celui de lieux où s’organisèrent principalement les propagandes officielles, celle de l’État fasciste jusqu’à l’automne 1943, de l’État français, par l’intermédiaire de l’administration bien sûr, mais aussi des organisations spécifiques comme la Légion des combattants, par le biais aussi des voyages du Maréchal, généralement urbains à quelques rares exceptions près ; celui de lieux d’où s’organisa aussi la répression contre les maquis ; celui de lieux d’où partirent les convois de la déportation ; celui de lieux symboliques de la Libération – la libération successive des villes en constitua une des principales sagas – qui s’accompagna parfois de lourdes destructions, dues à la fonction industrielle ou de carrefour de communications.

Pour toutes ces raisons, il nous paraît indispensable de nous pencher sur le cas spécifique des villes durant la Seconde Guerre mondiale. Dans le cadre des programmes Interreg franco-italien et franco-suisse « Mémoire des Alpes », nous privilégierons la zone alpine, sans négliger toutefois des éléments comparatifs permettant d’éclairer des situations, spécifiques ou non, des Alpes occidentales.

Nous l’aborderons suivant plusieurs thèmes :

Le thème des villes « capitales » d’abord, capitales administratives réelles mais en tenant compte aussi des projets, par exemple ceux de Vichy sur les provinces et leurs incidences urbaines ; « capitales » de la Résistance, tant par l’implantation des mouvements et réseaux que par les initiatives pour canaliser le phénomène des réfractaires du STO, partant pour créer des maquis refuge, plus tard transformés en maquis de combat.

Dans cette optique, les villes tissèrent avec les campagnes des liens particuliers. Déjà la lancinante question du ravitaillement vit naître de nouvelles relations entre milieux urbains et milieux ruraux avec toutes les nuances allant du marché « gris » au marché noir. Mais les campagnes, et plus encore les montagnes, servirent de zones de repli, parfois illusoires, lorsque les tensions et dangers de la ville devinrent par trop aigus. Les villes créèrent dans la plupart des cas les maquis, d'abord pour éloigner les jeunes des mesures spécifiques de répression les visant, puis dans une optique tactique, voire stratégique.

Mais la ville, c’est aussi les lieux traditionnels de socialisation, de distraction, qui prirent durant le conflit des résonances toutes particulières : cafés, restaurants, hôtels, cinémas, théâtres, bibliothèques, parcs gagnèrent en fréquentation du fait des restrictions – on allait l’hiver à la bibliothèque pour lire, certes, mais aussi pour avoir moins froid… – mais s’érigèrent aussi en hauts lieux de résistance – ainsi a-t-on pu dresser une carte des bistrots lyonnais de la Résistance – mais aussi de répression : la réquisition des hôtels par les forces occupantes de l’Axe et leurs collaborateurs dessina un sinistre plan des villes. La ville devint ainsi le lieu éminent d’une pratique qui, pour n’être pas née de la guerre, connut un acmée dans les Années noires, la rafle. Ainsi naquit une topographie des villes en guerre, voire des itinéraires.

Les villes subirent également des destructions, dues aux combats de 1940, aux bombardements allemands, italiens puis alliés, sans oublier les velléités de destruction et destructions de quartier par les Allemands comme le montra l’exemple de Marseille dans le second cas, et celui du quartier Saint-Bruno à Grenoble dans le premier. Ces destructions générèrent en France un phénomène particulier, l’« adoption » de « villes martyres » par d’autres villes, à l’initiative de l’État français, et en Italie celui du sfollamento, de l’évacuation d’une partie de la population des villes industrielles et nœuds de communication menacées par les bombardements aériens. La démographie des villes subit ainsi des à-coups : à de brusques croissances de la population, aux flux des réfugiés, succéda parfois un reflux, celui des populations fuyant les villes menacées.

La ville vit naître des actions spécifiques de résistance : si la notion de « guérilla urbaine » peut parfois être utilisée, ne peut-on considérer la manifestation comme un mode urbain tout à fait particulier de protestation et de Résistance, manifestations spontanées de ménagères par exemple, ou manifestations organisées autour des commémorations patriotiques, le 14 juillet, le 11 novembre.

Enfin la ville, après la Libération, devint un lieu éminent de commémoration par l’érection de monuments, le baptême de rues, la tenue de cérémonies.

Le colloque devant se dérouler en deux jours, quatre thèmes principaux, correspondant à quatre demi-journées, ont été dégagés :

1. Structures urbaines (Maillage urbain, démographie, administration)

2. Lieux de socialisation et lieux symboliques (Notamment les lieux de résistance, de répression, de déportation)

3. Villes et campagnes (Ravitaillement, refuge, maquis, guérilla rurale et urbaine)

4. Destructions et Libération (Combats, bombardements, libération)

Appel à communications

Les personnes intéressées par ce colloque devront fournir avant le 15 septembre 2006 :

Leurs nom et qualités

Le titre de leur projet de communication

Un résumé d’une demi-page

A l’adresse suivante :

mda@iep.upmf-grenoble.frmda@iep.upmf-grenoble.fr

bien spécifier pour le sujet du mail : Veg

Organisation

Comité scientifique :

Celui du projet interreg « Mémoire des Alpes », à savoir,

suisse

Jean-François Bergier (ETH Zurich)

Ruggero Crivelli (Université de Genève)

france

René Rémond (Président de la FNSP, Académie française)

Daniel Grange (Université Pierre Mendès France)

Jean-Marie Guillon (Université de Provence)

Pierre Kukawka (FNSP, PACTE, IEP de Grenoble)

Jean-Louis Panicacci (Université de Nice)

Christian Sorrel (Université de Savoie)

Jean-William Dereymez (UPMF, PACTE, IEP de Grenoble)

italie

Giovanni De Luna (Université de Turin)

Luigi Vittorio Majocchi (Université de Pavie)

Luisa Passerini (Université de Turin)

Gianni Perona (Université de Turin)

Michele Sarfatti (Fondation CDEC, Milan)

Comité de pilotage :

Gilles Bertrand (Université Pierre Mendès France de Grenoble)

Jean-Yves Boursier (Université de Nice)

Mauro Bonelli (Responsable MdA, Istituto per la Storia della Resistenza di Alessandria)

Jean-Louis Panicacci (Université de Nice)

Gianni Perona (Université de Turin)

Christian Sorrel (Université de Savoie)

Gilles Vergnon (IEP de Lyon)

Jean-William Dereymez (IEP de Grenoble)

Secrétariat scientifique :

Jean-William Dereymez

Secrétariat administratif :

Alain Mittelberger

Cécile Vaussenat

Lieux :

Chambéry

Grenoble

Dates :

25 et 26 janvier 2007

Catégories

Lieux

  • Grenoble, France
  • Chambéry, France

Dates

  • vendredi 15 septembre 2006

Contacts

  • Jean-WIlliam DEREYMEZ
    courriel : mda [at] iep [dot] upmf-grenoble [dot] fr

Source de l'information

  • Jean-WIlliam DEREYMEZ
    courriel : mda [at] iep [dot] upmf-grenoble [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Villes en guerre (1939-1945) », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 13 juillet 2006, http://calenda.org/191761