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Temporalités de l'exil

Appel de communications

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Publié le lundi 17 juillet 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Réfléchir sur les temporalités de l’exil, c’est attester d’une expérience inédite du temps, celle d’un exilé. Le sentiment d’avoir été arraché à un sol (sens étymologique d’« exil ») génère au moins deux temporalités (temps vécus par un sujet) : celle de l’existence « originelle » et celle du présent, caractérisée par le contact quotidien avec l’altérité. Plutôt que de s’attacher à la description de l’expérience exilique, ce colloque se propose d’interroger les rapports dynamiques entre les temporalités de l’exilé et ses conditions d’existence physiques et psychologiques, comme le contrôle du corps, l’élaboration d’un espace rêvé, l’apprivoisement des espaces socio et géopolitiques réels.

Annonce

TEMPORALITÉS DE L’EXIL

Appel de communications

(date limite : 31 octobre 2006)

Colloque annuel de POEXIL

15, 16 et 17 février 2007

Université de Montréal

Réfléchir sur les temporalités de l’exil, c’est attester d’une expérience inédite du temps, celle d’un exilé. Le sentiment d’avoir été arraché à un sol (sens étymologique d’« exil ») génère au moins deux temporalités (temps vécus par un sujet) : celle de l’existence « originelle » et celle du présent, caractérisée par le contact quotidien avec l’altérité. Plutôt que de s’attacher à la description de l’expérience exilique, ce colloque se propose d’interroger les rapports dynamiques entre les temporalités de l’exilé et ses conditions d’existence physiques et psychologiques, comme le contrôle du corps, l’élaboration d’un espace rêvé, l’apprivoisement des espaces socio et géopolitiques réels.

Dans un premier temps, il s’agit d’abord de mettre au jour les différentes temporalités consubstantielles à la condition de l’exilé. Une de ces temporalités peut se concevoir comme une sorte de « pré-exil », puisque avant le déplacement spatial, volontaire ou forcé, l’exilé se met dans la disposition psychologique de l’imminence du départ. L’espace de l’exil se vivrait alors sous le mode de l’appréhension ou du rêve. À l’opposé, n’est-il pas pertinent de parler de « post-exil », c’est-à-dire d’une expérience qui implique le déplacement spatial physique mais qui aurait érodé la temporalité plurielle de l’exilé? Celui-ci aurait alors « inventé » des manières d’être et de se comporter autant avec l’espace quitté que l’espace adopté.

Que dire de cette autre dimension temporelle générée par des lieux d’exil si particuliers, tels que les lieux de transit, les camps de réfugiés, de détention, de concentration? Ces espaces, par leurs singularités mêmes, n’instituent-ils pas, d’emblée, un rapport particulier au temps qui paraît alors suspendu?

Toujours sujettes à l’altérité, au tremblement ontologique, à la reconstitution psychologique (et peut-être aussi physique) de l’individu, les temporalités exiliques ne constituent-elles pas le terreau fécond où pourraient germer et s’épanouir les créations esthétiques les plus diverses autant en cinéma qu’en littérature, en théâtre, en musique, en danse…? Ces formes esthétiques auraient alors pour double fonction autant de rédimer le trauma exilique que de témoigner de la riche expérience humaine du déplacement.

Le colloque s’articule essentiellement sur les axes suivants :

Axe 1 : Les diverses temporalités de l’exil

  • Temps objectif/temps subjectif

  • Temps linéaire/temps cyclique

  • Temps long/temps court

  • Agencement des temporalités (décalage, entassement, entrelacement, syncrétisme…)

  • Suspension du temps ; la question du rythme temporel

Axe 2 : L’enjeu spatial

  • Temps-espace (chronotope bakhtinien)

  • Espace sans temps (où le temps est suspendu) : camps de réfugiés ; zones de transit

  • Temps sans espace (utopie, pré-exil)

Axe 3 : Le corps « travaillé » par les temporalités exiliques

  • Temporalités de l’exil inscrit dans un corps (mutilations rituelles, tatouages initiatiques…)

  • Temps de l’exil inscrit dans un objet (monumentalité)

Axe 4 : Les temporalités exiliques dans les arts

  • Temporalités de l’exil et cinéma

  • Temporalités de l’exil et composition musicale

  • Temporalité de l’exil et danse, etc.

Veuillez faire parvenir votre projet de communication (150-250 mots) à l’un membres du comité organisateur (leurs adresses électroniques suivent) avant le 31 octobre 2006 :

René La Fleur :renelafleur@yahoo.com

Mehena Amrani : m.amrani@umontreal.ca

Mustapha Ettobi : mettobi@yahoo.ca

Pour en savoir plus sur le groupe de recherche POEXIL et sur ses cinq colloques antérieurs, rendez-vous au site suivant : www.poexil.umontreal.ca.


Catégories

Lieux

  • Montréal, Canada

Dates

  • vendredi 30 juin 2006

Contacts

  • René La Fleur
    courriel : renelafleur [at] yahoo [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • René La Fleur
    courriel : renelafleur [at] yahoo [dot] com

Pour citer cette annonce

« Temporalités de l'exil », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 17 juillet 2006, http://calenda.org/191769