AccueilHistoire et actualité de la haine : approches croisées

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Publié le jeudi 24 août 2006 par Christelle Rabier

Résumé

Le colloque se propose d'étudier l'histoire et l'actualité de la haine dans une perspective pluridisciplinaire : historique, sociologiue, psyhchopathologique et philosophique. Il s'agit d'étudier aussi bien les haines interpersonnelles que les haines collectives. La période contemporaine (XIXe et XXe siècle) sera privilégiée.

Annonce

Appel à communications


11, 12 et 13 octobre 2007


Histoire et actualité de la haine : approches croisées


Depuis les années 1960, la haine est évoquée dans les travaux historiques sans pour autant avoir fait l’objet de recherches spécifiques. Lucien Febvre, l’un des fondateurs des Annales, avait déjà souligné qu’il faudrait un jour entreprendre une histoire de la haine qui constituait un véritable objet historique. Depuis, les historiens se mettant à l’écoute des anthropologues se sont attachés plus particulièrement aux violences interpersonnelles, aux modes résolutions de conflits et aux formes de la régulation sociale. Ils se sont ainsi intéressé à l’histoire de la vengeance, ont commencé à explorer les “sentiments envieux”, la jalousie, les inimitiés et les rivalités. Les haines collectives, comme la peur de l’Autre et l’aversion pour l’étranger ont également donné lieu à d’importants développements qu’il faudrait “revisiter”. Il importe aussi de de procéder à une relecture des travaux sur les guerres civiles. Mais il conviendrait d’interroger, indépendamment de l’échelle, de l’individu au groupe, de la classe à la nation les formes de la haine. Sans aucun doute, faudrait-il s’attacher aux modalités de la haine, aux lieux où elle s’exprime, à ces effets individuels et sociaux.
La haine n’est pas en tant que telle un objet spécifique clairement identifié ni par la sociologie, ni par la psychologie sociale. Pourtant, à travers leurs préoccupations respectives, l’intégration, la cohésion, le lien social, le rapport à l’autre et à soi, et en utilisant parfois des notions plus ou moins proches (rejet, exclusion, discrimination, stigmatisation, etc.) sociologues et psychologues sociaux traitent souvent des conditions sociales et psychologiques de la « pacification des mœurs » tant finalement collectives qu’individuelles et interindividuelles. Le présent colloque sur la haine sera l’occasion de faire le point sur ces questions et d’apporter des éclairages sur des phénomènes plus contemporains (haine ethnique, religieuse, etc.).
La haine est pour la psychopathologie un fait clinique. Ce qui signifie sa causalité psychique et nécessite la prise en considération de ses conséquences sociales. Deux exemples sont particulièrement distingués, à savoir la haine jalouse et la haine de l’être. La haine jalouse se modèle sur l’expérience du frère appendu au sein maternel telle que Saint Augustin l’a traduite dans ses Confessions, le sujet s’y percevant comme dépossédé de l’objet de son désir.`La haine de l’être vise une personne à laquelle est supposé un savoir plus parfait et dont les conduites ou les propos sont alors exécrés. Ce qui a été le cas de certains scientifiques en avance sur leur époque comme Galilée, Cantor, Freud et d’autres. Ainsi, nous voyons que la haine est articulée à l’Autre et au savoir, le prochain, le père, Dieu, l’institution. Elle fait symptôme dans le lien social. C’est ainsi que nous appréhendons dans nos recherches la haine comme symptôme du sujet dans le lien social.
Si la haine est abordée dans la philosophie présocratique d’un point de vue mythologique et prend place dans une ontologie, la pensée antique classique et l’âge moderne ont préféré l’analyser dans le cadre d’une théorie des passions ordonnée à une perspective morale. La réflexion contemporaine sur les masses, le totalitarisme, les génocides ont conduit à réfléchir sur la haine dans une problématique politique qui s’interroge sur les formes du mal et se demande comment il est possible de surmonter des périodes où la haine politique, religieuse, raciale, ethnique a semblé être la passion politique dominante. Les expériences de Réconciliation menées dans certains pays (l’Afrique du Sud, le Rwanda) amènent à s’interroger moins sur les causes de la haine politique que sur ses effets sur les possibilités de passer à un nouvel ordre politique. La haine pose ainsi les problèmes du pardon, de la punition, de la mémoire et de la réconciliation en politique.

Université de Poitiers, UFR SHA, 8 rue Descartes, 86022 Poitiers cedex

Comité d’organisation : Jean-Claude Bourdin (CRHIA), Frédéric Chauvaud (GERHICO),
Ludovic Gaussot (SACO), Christian Hoffmann (ERPC)

Ce colloque se tiendra à l’Université de Poitiers les 11, 12 et 13 octobre 2007
Les propositions de communication (nom, prénom, fonction, adresses électronique et postale, titre, quinze lignes de présentation) devront être envoyées pour le 7 octobre 2006. Les organisateurs du colloque vous donneront d’autres précisions en décembre 2006. Une publication est d’ores et déjà prévue.

Vous pouvez envoyer votre proposition de communication à : chauvaud.frederic@wanadoo.fr
ou Gerhico-Colloque Histoire de la haine
à l’attention de Monsieur Martin
8 rue Descartes
86022 Poitiers cdex
Les droits d’inscription fixés à 100 euros comprennent pour les auteurs de communications retenues l’accueil, l’ébergement (2 nuitées), le dîner du colloque, les Actes du colloque.

Lieux

  • Poitiers, France

Dates

  • samedi 07 octobre 2006

Contacts

  • Frédéric Chauvaud
    courriel : frederic [dot] chauvaud [at] univ-poitiers [dot] fr

Source de l'information

  • Frédéric Chauvaud
    courriel : frederic [dot] chauvaud [at] univ-poitiers [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Histoire et actualité de la haine : approches croisées », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 24 août 2006, http://calenda.org/191812