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Inégalités, conflits, innovations

Colloque International Ruralités Nords/Suds

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Publié le jeudi 14 septembre 2006

Résumé

Doit-on parler de ruralité, ou de ruralités ? En effet, malgré les différences entre pays dits du Nord (industrialisés, riches) et ceux du Sud (pauvres, aux activités du secteur primaire dominantes), pour mobiliser une distinction qui demande à être nuancée, les espaces ruraux dans ces deux types de situation présentent des dynamiques, des caractères manifestement semblables. Ainsi, dans les deux cas, la ruralité est en phase avec des circulations (articulation des sociétés rurales dans leurs relations à la ville, mais les sociétés rurales ne sont-elles pas toujours en mouvement ?), des discontinuités (une fragmentation temporelle de la présence humaine.

Annonce

Poitiers, les 19 et 20 octobre 2006
Université de Poitiers, MSHS

Doit-on parler de ruralité, ou de ruralités ? En effet, malgré les différences entre pays dits du Nord (industrialisés, riches) et ceux du Sud (pauvres, aux activités du secteur primaire dominantes), pour mobiliser une distinction qui demande à être nuancée, les espaces ruraux dans ces deux types de situation présentent des dynamiques, des caractères manifestement semblables. Ainsi, dans les deux cas, la ruralité est en phase avec des circulations (articulation des sociétés rurales dans leurs relations à la ville, mais les sociétés rurales ne sont-elles pas toujours en mouvement ?), des discontinuités (une fragmentation temporelle de la présence humaine : citadins de retour dans les campagnes en période de crise en Afrique, urbains séjournant en fin de semaine dans leur résidence secondaire en Europe occidentale ; on pourrait aussi considérer comme discontinuité les ruralisations de fragments d’espaces urbains en Afrique ), des stratifications sociales (suivant différentes configurations, comme des groupes d’acteurs : chasseurs, pêcheurs, agriculteurs, élus… dans le Nord ou des catégories statutaires : descendants de nobles, de roturiers, de serviteurs-dans le Sud). Elle représente aussi, avec une forte occupation agricole des terres et une dimension « naturelle » (ou du moins perçue comme telle) prégnante, un domaine particulier pour l’action publique. Ne peut-on pas appliquer le terme de « publicisation » de cet espace rural avec la mise en aires protégées de vastes portions par des Etats soucieux d’afficher leur souci environnemental ? Dans un contexte général de désengagement de l’Etat, le monde rural déjà peu desservi par rapport à celui des villes devient un milieu délaissé par les services publics, un milieu où la fonction d’encadrement devient de plus en plus un marché, voire une rente. Une telle évolution souligne à quel point les normes législatives de « fabrique des territoires » et de leurs usages orientent les horizons de la ruralité. Pour autant, et malgré ces dynamiques convergentes, on observe des réalités spécifiques aux ruralités du Nord, comme à celles du Sud. Ainsi, les nouvelles formes de ruralité urbaine s’accompagnent, dans les pays du Sud, d’une ouverture des campagnes, de la mise en place de réseaux pour tisser une trame d’échanges hors du terroir, dans un territoire élargi : on peut y voir une marque du passage de la communauté (terroir) à la société (territoire). Ces nouvelles formes dans les pays du Nord répondent par contre à une polarité inverse : la ruralité, l’enracinement identitaire, la recherche d’une qualité de vie revalorisent le terroir (exemple des produits AOC) plutôt que le territoire. D’une manière générale, dans les pays du Nord depuis les années 1980, s’ajoute aux effets d’une politique dominée par le libéralisme économique mondial, le phénomène d’un « exode rural à l'envers », suscitant entre autre à la fois des inégalités nouvelles (entre ville et campagne, entre ruraux et néo-ruraux…), la surrection de rapports sociaux inédits (oscillant du conflit à la coopération associative) et la mise en place de nouvelles solidarités sociospatiales. Et, comme l’ont mis en exergue depuis plusieurs années de nombreux travaux, il n’est plus possible d’analyser les dynamiques rurales au seul prisme des influences des urbanités. Alors même que se brouillent les limites spatiales entre villes et campagnes, émergent de nouvelles formes sociales qui autorisent à parler de renaissance rurale. Dans les pays du Sud, le « vivrier marchand » s’est imposé dans les campagnes et, même si l'espace rural reste le lieu de vie et d'activité de la très grande majorité des populations, en particulier en Afrique, les relations avec la ville se sont fortement complexifiées, au point d’imposer l’image d’un « maillage ville-campagne ». Ainsi une question est posée, comme elle le fut plus tôt pour les pays du Nord : peut-on séparer monde rural et monde urbain, ou ne faut-il pas plutôt considérer désormais que l’espace rural est pris entre d'anciennes et de nouvelles représentations, participant à des systèmes circulatoires recomposés et en permanence reconstitués ? Dans les deux cas, ce sont bien finalement de nouvelles figures de la ruralité qu’il nous est donné de voir et ce sont ces figures que le colloque se propose d’interroger avec une ambition comparative.

Comité scientifique :

J. Boutrais, géographie, Directeur de Recherche, IRD, V. Colombel, Acteur du monde rural, Afdi-Vienne, JL. Chaléard, géographie, Professeur, Université de Paris I, G. Ferréol, sociologie, Professeur, Université de Poitiers, Y. Jean, géographie, Professeur, Université de Poitiers, M. Jollivet, sociologie, Directeur de Recherche Emérite, CNRS, S. Martin, droit, Maître de Conférences, Université de Grenoble II, JL. Mayaud, Président de l’ Association des Ruralistes Français, Y. Pourcher, anthropologie-sociologie, Professeur, Université de Toulouse-Le-Mirail, C. Raimond, géographie, Chargée de recherche, CNRS

Comité d’organisation :

P. Bouchery, anthropologie, Maître de Conférences, Université de Poitiers, A. François, géographie,
Maître de Conférences, IUFM de Poitou-Charentes, D. Peyrusaubes, géographie, PRCE-Docteur, Université de Poitiers, L. Sall, sociologie, Doctorant Icotem, Université de Poitiers, B. Thibaud, géographie, Maître de Conférences, Université de Poitiers
Coordonnateur : H. Rakoto Ramiarantsoa, géographie, Professeur, Université de Poitiers

Programme

9 h 50 – Débat 10 h 10 – Pause
19 octobre 2006
9 h 00 : Accueil café
9h 30 – Séance inaugurale
Présidence de l’Université de Poitiers, Direction de l’UFR Sciences Humaines et Arts, Direction de la Maison des Sciences de l’Homme et de la Société, Chambre d’agriculture du Poitou-Charentes
10 h 00 – Intervention de Alain Bozier (agriculteur, AFDI-Vienne)
10 h 30 – Intervention de Marcel Jollivet (sociologue, CNRS)
11 h 00 – Intervention de Jean-Louis Chaléard (géographe, Paris I)
11 h 30 – Débat
12 h 00 -Présentation des journées du colloque par Gilles Ferréol (sociologue, ICoTEM)
12 h 30 – Repas
14 h 00 – Café

RAPPORTS A LA TERRE, RAPPORTS A LA RESSOURCE

ATELIER 1: AUTOUR DE LA QUESTION FONCIERE
(14 h 30 – 15 h 50)
J.P. Colin, Le transfert monétaire des droits fonciers en Côte d’Ivoire : interprétations et conflits
A.Thiam, M. Gafsi & L. Uwizeyimana, Dynamiques foncières et stratégies de moyens d’existence dans le sud et la zone sylvopastorale (communauté rurale de Thieul, Ferlo, Sénégal)
E. Bologo, L’accès à la terre dans la zone de colonisation agricole du Burkina Faso : du processus « d’inclusion » et « d’intégration » au processus «d’exclusion »
J.P. Chauvaud, Les transferts coutumiers de droits entre autochtones et « étrangers » en Côte d’Ivoire et en Afrique de l’Ouest. Evolutions et enjeux actuels de la relation de « tutorat ».
15 h 50 – Débat
16 h 10 – Pause

ATELIER 2 : PRECARITE ET GOUVERNANCE LOCALE
(16 h 25 – 17 h 30)
E. Léonard, Pluralisme légal et dispositifs de régulation locale
M. Levy, Violence rurale, précarité foncière et politique en République d’Haïti
A. Esposito & S. Duvillard, Pour sauver l’agriculture, économisez l’espace ! Recomposer la ruralité pour reconfigurer les systèmes d’acteurs. Question foncière, Monde agricole et service de l’État : légitimités en question
17 h 30 – Débat
17 h 50 – Clôture de la journée par G. Ferréol
18 h – Fin de la 1ère journée – Cocktail

20 Octobre 2006

8 h 00 - Accueil café

MOBILITES ET INEGALITES TERRITORIALES

ATELIER 3 : PRATIQUES CIRCULATOIRES, RURALITES RENOUVELEES (8 h 10 – 9 h 50)
A. Fromageot, Le maraîchage marchand des savanes ivoirienne et burkinabé : de l’inégal élargissement des territoires et des pratiques circulatoires des ruraux à la mise en réserve des terroirs
M. Charbonneau, La commercialisation de l’alpaga dans le sud péruvien : filière territorialisée et intégration
C. Romero, Mobilité des ruraux et agencement des rapports villes -campagnes dans un nord péri-métropolitain (la région Centre, France)
B. Michalon, Les campagnes post-socialistes dans la mondialisation. L’émergence du salariat migrant dans l’agriculture roumaine
L. Goeldner-Gianella, La « dépoldérisation » et la multi-fonctionnalité au secours des polders en déprise d’Europe occidentale
9 h 50 - Débat
10 h 10 - Pause

ATELIER 4 : CAMPAGNES ET DYNAMIQUES TERRITORIALES
(10 h 25 – 12 h 15)
Le Guen & F. Jénot, Dynamiques territoriales de la production laitière caprine et diversité des éleveurs en Poitou-Charentes (Vendée)
J. Bernard, L’espace de la mort en mutation
L. Roy, S. Paquette & G. Domon, L’expérience néo-rurale dans le Haut-St-Laurent québécois, vecteur de revalorisation du territoire rural et de transformation du tissu social
J.L. Yengue & A. Genin, La réarticulation du rural et de l’urbain à travers l’arbre dans le nord du Cameroun
P. Champolion, Le rural, facteur d’inégalités de trajectoires scolaires au collège et au lycée ? Territorialisation du processus d’orientation scolaire en « zone de montagne » et dans le « rural isolé »

12 h 15– Débat
12 h 35 - Repas
13 h 45 - Café

NOUVELLES RURALITES ?

ATELIER 5 :
MUTATIONS ET INNOVATIONS (14 h 00 – 15h 40)
D. Roquet, Changer pour mieux durer, les stratégies de durabilité des Sereer au Sénégal
C. Albaladejo, L’hyperspécialisation de l’agriculture dans la pampa du soja :
la fin de la ruralité en Argentine ?
A. Simon, L’agritourisme dans les recompositions socio-économiques des campagnes. Une forme de pluralité innovante mais inégale des ruralités Nords-Suds
A. Ferreira, B. Jean & M. Wanderley, Les ruralités contemporaines, regards croisés sur le Québec et le Brésil
S. Périchon, Les cultivateurs et la forêt. De la tronçonneuse au projet agroforestier. L'exemple de la réserve écologique de Manglarès-Churute (Equateur)
15 h 40 - Débat
16 h 00 - Pause

ATELIER 6 : LES INTERFACES RURAL-URBAIN (16 h 15 – 17 h 15)
M. Poulot, Agriculture-alibi et effet NIMBY dans l’ouest francilien : vers une fermeture patrimoniale des territoires périurbains
M. Héraud-Arouna, Recomposition d’un espace rural en périphérie de ville :
le cas de la localité de Louho (sud-Bénin)
S. Fanchette, L’essor des villages de métier dans le delta du Fleuve Rouge et
l’urbanisation des campagnes dans un espace très peuplé

17 h 15 – Débat
17 h 35 – Synthèse par H. Rakoto (géographe ICoTEM)
17 h 50 – Intervention de J. Matoreix (Chambre d’agriculture)
18 h 20 – Clôture du colloque par G. Ferréol

18 h 30 -FIN DU COLLOQUE

Catégories

Lieux

  • Poitiers, France

Dates

  • mardi 19 septembre 2006

Contacts

  • Hervé Rakoto
    courriel : Herve [dot] Rakoto [at] mshs [dot] univ-poitiers [dot] fr
  • Carine Craipeau
    courriel : carine [dot] craipeau [at] univ-poitiers [dot] fr

Source de l'information

  • Carine Craipeau
    courriel : carine [dot] craipeau [at] univ-poitiers [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Inégalités, conflits, innovations », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 14 septembre 2006, http://calenda.org/191889