AccueilL’enseignement supérieur et la recherche face aux enjeux de la société du savoir

*  *  *

Publié le samedi 16 septembre 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

L’enseignement supérieur demeure au coeur de tous les débats relatifs à l’éducation partout dans le monde. Il a de plus en plus un rôle de levier essentiel de développement surtout dans une économie du savoir basée sur la recherche et l’innovation. Les études montrent par exemple que les pays de l’OCDE où les individus suivent une année d’études supérieures supplémentaire peuvent, avec le temps, accroître leur productivité et leur rendement économique de 3 à 6 %. La société moderne a de plus en plus besoin des compétences hautement qualifiées. Celles-ci devraient constituer les outputs naturels des universités, mais ceci reste à démontrer. La demande pour les hautes qualifications augmente plus vite que n’évolue l’offre des institutions universitaires. Même si l’enseignement supérieur continue dans une certaine mesure à alimenter la société moderne de ses éléments les plus valeureux, il n’en reste pas moins qu’il peine à suivre le rythme imposé par l’évolution que connaît le monde. A ce sujet l’exemple de l’Europe est édifiant, elle n’est pas encore l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde comme l’a voulu le Sommet de Lisbonne en 2000.

Annonce

L’enseignement supérieur demeure au coeur de tous les débats relatifs à l’éducation partout dans le monde. Il a de plus en plus un rôle de levier essentiel de développement surtout dans une économie du savoir basée sur la recherche et l’innovation. Les études montrent par exemple que les pays de l’OCDE où les individus suivent une année d’études supérieures supplémentaire peuvent, avec le temps, accroître leur productivité et leur rendement économique de 3 à 6 %. La société moderne a de plus en plus besoin des compétences hautement qualifiées. Celles-ci devraient constituer les outputs naturels des universités, mais ceci reste à démontrer. La demande pour les hautes qualifications augmente plus vite que n’évolue l’offre des institutions universitaires. Même si l’enseignement supérieur continue dans une certaine mesure à alimenter la société moderne de ses éléments les plus valeureux, il n’en reste pas moins qu’il peine à suivre le rythme imposé par l’évolution que connaît le monde. A ce sujet l’exemple de l’Europe est édifiant, elle n’est pas encore l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde comme l’a voulu le Sommet de Lisbonne en 2000.

Pour réduire ce fossé entre la demande de la société de la connaissance et l’offre de l’enseignement supérieur, plusieurs solutions sont adoptées par plusieurs pays : création d’universités d’élite, alignement de celles-ci sur le modèle des Grandes Écoles, gestion des universités selon les lois du marché tout en conservant le statut de l’éducation comme bien public, instauration des normes de compétition entre les universités et obligation de rendre compte à l’Etat.

Le congrès offrira aux participants l’opportunité d’examiner le rôle de l’enseignement supérieur et de la recherche dans la construction d’une société fondée sur le savoir. Il leur permettra également de proposer les politiques et les mécanismes à mettre en place pour atteindre un tel objectif.

Pour ce faire, le congrès tentera de répondre à la question suivante : Comment l’enseignement supérieur et la recherche peuvent-ils contribuer à relever les défis de la société du savoir ?

Les participants, enseignants chercheurs, spécialistes de l’éducation, acteurs politiques, acteurs socioéconomiques, dirigeants institutionnels et experts de la qualité, sont invités à présenter les résultats de leurs recherches et leurs idées sur les thèmes suivants.

1. L’enseignement supérieur entre efficience et équité

L’un des défis majeurs des responsables de l’enseignement supérieur est d’améliorer les performances de celui-ci tout en réduisant le coût de son fonctionnement. C’est encore une fois le problème de l’efficience qui est posé mais sa résolution n’est pas facile car il pose en même temps celui de l’équité. Or étant donné la réduction du financement public d’une part et le nombre croissant d’étudiants qui désirent accéder à l’enseignement supérieur d’autre part, plusieurs universités imposent des frais de scolarité de plus en plus élevés ce qui barre automatiquement la route à certaines catégories sociales. Malgré son aspect de ségrégation, voire de violation des droits de l’Homme, cette solution semble séduire plus d’un pays. Elle est notamment adoptée par les universités américaines qui donnent les meilleurs résultats et sont même classées leaders dans le classement de l’Université Jiao Tong à Shanghai (Sur les 20 universités les mieux classées par Shanghai, 17 se trouvent aux États-Unis et seulement 2 en Europe). C’est un choix qui garantit bien l’efficience mais frappe de plein fouet le principe de l’équité en créant des universités pour les riches et d’autres pour les pauvres. Une telle perspective serait peut être envisageable si elle permettait à la nation qui l’adopte de générer le capital humain capable de relever les défis de l’économie du savoir et produire ainsi des richesses qui pourront être réparties en faveur des couches sociales démunies, ce qui garantira le respect du principe de l’équité. Encore faut-il mettre en place un système de régulation sociale qui permet d’atteindre ces résultats. Le tout est de savoir si l’enseignement supérieur doit jouer uniquement le rôle d’accélérateur de la performance économique ou également celui de garant de la cohésion sociale.

Comment améliorer l’efficience de l’enseignement supérieur sans violer le principe de l’équité ? Quels moyens utiliser pour évaluer l’efficience en prenant en compte le facteur de l’équité ? Quelles modalités instaurer pour le financement de l’enseignement supérieur sans imposer des frais de scolarité aux étudiants démunis ?

2. Intégration de l’université dans son environnement économique

Dans tous les cas l’enseignement supérieur restera le pourvoyeur principal et quasi exclusif de ressources humaines à même de propulser les sociétés au premier rang sur la scène internationale. Or cet objectif n’est réalisable que si l’université s’intègre à un tissu économique moderne et performant où l’interaction de deux mondes -l’éducation et l’industrie- met en marche le moteur de l’innovation et de la créativité. Il est cependant évident que tout le monde n’a pas sa Silicon Valley même à petite échelle, ce qui minimise la chance de voir une telle interaction se produire surtout dans les pays du Sud.

L’idée de centres d’excellence, comprenant une université ou un institut de recherche et des entreprises peut-elle marcher dans ces pays malgré la fracture économique qui les séparent des pays du Nord ? Le manque d’infrastructure technologique et des laboratoires de recherche de haut niveau empêcherait-il la concrétisation d’un tel projet ? Dans ce cas, quelles solutions adopter pour relever les défis de la société du savoir ? Ne faudrait-il pas envisager des infrastructures partagées par plusieurs institutions dans les pays du Nord et dans les pays du Sud où des chercheurs des deux cotés travailleraient ensemble ?

3. Adaptation des acquis des étudiants aux caractéristiques de la société du savoir

Cette alliance industrie-enseignement supérieur ne pourrait réussir que si les étudiants détiennent les compétences nécessaires à la promotion de la société du savoir. Un outil semblable à celui qu’utilise l’OCDE dans l’étude PISA sur l’éducation secondaire ne serait -il pas nécessaire pour évaluer la qualité des acquis des étudiants ? La conception d’un tel outil ne devrait-elle pas prendre en compte les caractéristiques de la société de la connaissance à laquelle l’enseignement supérieur doit préparer ses étudiants ?

La technologie qui constitue, à travers les technologies de l’information et des communications, le moteur de l’économie du savoir, a bouleversé le monde de la recherche par ses capacités de traitement rapide des données, de simulation des comportements, de modélisation des systèmes les plus complexes et de télécollaboration avec les pairs. La technologie devrait également transformer le mode d’apprentissage des étudiants, devenu plus numérique avec le développement escompté de la cyberformation. Celle-ci ne semble pas encore en mesure de réaliser les voeux des étudiants de poursuivre leurs études de haut niveau sans avoir à se déplacer dans les lieux de formation. L’ère de l’e-Learning est loin d’atteindre son âge d’or et il reste du chemin à faire pour arriver réellement à exploiter toutes les possibilités qu’il offre en termes d’innovations pédagogiques, de démocratisation de l’enseignement supérieur et de réduction de coût.

Comment les nouvelles technologies éducatives pourront transformer les anciens modes d’enseignement, d’apprentissage et de recherche dans l’enseignement supérieur ?

Sont-elles en mesure d’élargir l’accès à ce niveau d’enseignement et de réduire son coût ? Constitueront-elles une solution pour le problème de financement des études pour les couches sociales à faible revenu ?

Comment les pouvoirs publics et les établissements peuvent-ils contribuer à faire encore avancer la cyberformation et à en tirer tous les avantages potentiels ?

4. Mondialisation et mobilité internationale

La mondialisation a généré un mouvement sans précédent d’internationalisation de l’enseignement supérieur. Celle-ci permet de rapprocher, grâce notamment à la concurrence, l’offre des services éducatifs de qualité de ceux qui la demandent, mais elle accentue en même temps les inégalités sociales.

Comment faire pour transformer ce phénomène en une collaboration fructueuse entre le Nord et le Sud au lieu qu’il soit une issue légalisée pour la fuite des cerveaux ? Dans le cas de l’implantation d’écoles prestigieuses dans les pays du Sud, comment former des cadres hautement qualifiés pour servir les intérêts des pays d’accueil ? et comment faire profiter les systèmes d’enseignement supérieur nationaux de l’expérience des institutions internationales ?

Comment la mobilité internationale des étudiants, des universitaires, des programmes d’enseignement et des établissements renforce-t-elle la pratique du benchmarking ? et comment contribue-t-elle à améliorer la qualité de l’enseignement supérieur ?

5. Les modes de gestion de l’enseignement supérieur

L’enseignement supérieur ne serait relever les défis de la société du savoir dont les besoins sont en perpétuelle évolution sauf s’il est lui aussi capable de répondre rapidement à ces besoins. Ce qui ne serait possible sans adopter des modes de gestion assurant efficience, vision futuriste et réactivité basées sur de nouvelles formes de gouvernance. Dans la plupart des pays du monde l’enseignement supérieur reste un bien public géré par les pouvoirs publics. Ceux-ci doivent, pour améliorer la qualité de leur gestion, instaurer les principes de flexibilité, de réactivité, d’amélioration continue, d’évaluation interne et externe et d’accountability (rendre compte à l’Etat) accouplé d’une autonomie académique et financière des universités. Après s’être développées depuis longtemps dans l’industrie, les démarches qualité (l’assurance qualité, les certifications, les accréditations, les audits) se sont répandues dans l’enseignement supérieur depuis deux décennies. Des agences d’évaluation de la qualité se sont créées dans plusieurs pays et la qualité est maintenant une notion à laquelle beaucoup de décideurs et de gestionnaires se réfèrent. Des textes aussi importants en Europe que la Déclaration de Bologne ou les communiqués de Salamanque, de Prague, de Berlin et de Bergen y font tous référence.

Quels standards et quelles modalités utiliser pour évaluer la qualité de l’enseignement supérieur ? L’évaluation par les pairs serait-elle envisageable ? Sont-ils les mieux placés pour jouer le rôle de clients ? Quelle est le rôle à jouer par d’autres acteurs, et en particulier les étudiants ?

Quel bilan faire des expériences et initiatives menées par des organismes comme l’ International Network for Quality assurance agencies in higher education (INQAAHE), l’ International Association of University Presidents (IAUP), le Council for Higher Education Accreditation (CHEA) aux Etats-Unis ?

6. La recherche fondamentale et la recherche appliquée

La bonne gouvernance signifie une orientation de la recherche scientifique et technologique vers plus d’innovation et de créativité pour servir deux missions. D’une part la génération d’un savoir nouveau par le biais d’une recherche fondamentale basée sur l’exploration libre de l’inconnu. D’autre part la mise en application par le biais de la recherche appliquée d’un savoir existant pour générer des produits nouveaux. Deux types de recherche dont l’importance pour la société de la connaissance est reconnue par tout le monde mais qui ne bénéficient plus du même intérêt dans tous les pays. L’Union Européenne, dans le cadre du projet de réalisation de l’Espace européen de la recherche, veut porter d’ici 2010 son effort global de recherche à 3 % de son PIB mais les chercheurs craignent que ce soit au détriment de la recherche fondamentale. Les industriels américains ne sont pas favorables à une privatisation de la recherche fondamentale car elle est opposée à la logique du marché étant non rentable à court terme et générant des connaissances qui risquent de devenir des biens publics.

Comment instaurer un certain équilibre entre le financement de la recherche appliquée et celui de la recherche fondamentale ?

Faut-il doser le financement en fonction de la contribution des centres de recherche au développement de l’économie du savoir ? dans ce cas sur quels critères se baser pour évaluer cette contribution ? Comment construire des projets de recherche transdisciplinaires ?

Comment privatiser la recherche fondamentale tout en conservant le caractère de bien public de ses résultats ? Faut-il faire de la recherche appliquée l’affaire exclusive des entreprises ou se contenter de les impliquer dans ses projets ?

Comment instaurer une collaboration public-privé capable de préserver les intérêts des entreprises et celui de la société ?

Quel est le profil du chercheur de la société du savoir et comment le former ?

7. La gestion des ressources humaines

A côté de la recherche, l’enseignement supérieur a la mission d’enseignement à remplir, ce qui demande des ressources humaines hautement qualifiées et dotées d’esprit d’innovation et de créativité. Une qualification non seulement académique mais également pédagogique que des organismes comme l’AIPU s’efforce de promouvoir comme gage d’un enseignement efficace. Or, dans ce domaine, la demande dépasse largement l’offre ce qui explique l’exode des cerveaux vers le secteur privé d’une part et vers les pays riches d’autre part. Pour remédier au premier problème, la réglementation applicable au cumul de deux emplois ou les restrictions concernant la participation à des activités entrepreneuriales par des chercheurs du secteur public sont supprimées dans de nombreux pays de l’OCDE. Le deuxième problème semble affirmer l’adage « le malheur des uns fait le bonheur des autres ». Le drain brain se chiffre à plus de 20 000 par an en Afrique selon l’Organisation Internationale pour les Migrations. Ce continent fait appel chaque année à des spécialistes étrangers dont le nombre peut atteindre les 150 000, une dépense annuelle de 4 milliards de USD. Comment éradiquer les causes de l’exode des cerveaux ? Comment faire pour remédier à ce problème ? La participation virtuelle pourrait-elle faciliter une contribution réelle et soutenue de la diaspora au développement des pays d’origine ?

8. La relation avec les autres composantes du système d’éducation et de formation

L’enseignement supérieur fait partie d’un processus d’éducation et de formation qui a ses origines dans le préscolaire et se poursuit tout au long de la vie. Se trouvant à l’interface du système éducatif et du marché de l’emploi, la société lui assigne le rôle de relever les défis de l’économie du savoir. Or pour atteindre un objectif aussi ambitieux il faut considérer le système d’éducation et de formation comme un tout indissociable que nous devons concevoir en adoptant une approche systémique. Le système éducatif est un processus de production de compétences dont l’output est un capital Humain hautement qualifié. Ce processus comporte plusieurs composantes en interaction dynamique dont l’enseignement supérieur ne constitue qu’un élément dont l’efficacité dépend largement des performances des composantes qui le précédent. A cet égard, l’enseignement secondaire est le premier interpelé. Il doit être conçu de façon à satisfaire les besoins de l’enseignement supérieur en étudiants de qualité. Ce dernier est appelé à mieux préciser ses attentes afin que les curriculums de l’enseignement secondaire s’y adaptent. Pour faire face aux enjeux de la société du savoir, le développement de l’esprit critique et de la capacité d’innovation ainsi que le renforcement de la transdisciplinarité autour des pôles « langues » et « sciences et technologie » serait nécessaire. Or, ceci ne serait possible que si l’enseignement supérieur parvient à mettre à disposition de l’enseignement secondaire des enseignants professionnels conscients de la complexité de l’acte d’enseigner et qui ont subi une formation polyvalente, intégrant l’académique et le pédagogique et prenant en compte la grande diversité du savoir et ses nouvelles voies de transmission.

Faut-il encourager l’orientation des élèves vers les filières scientifiques et technologiques ? ou faut-il faire de la science et de la technologie l’une des composantes du socle commun des connaissances pour tous les élèves ? Quel rôle réserver pour les autres filières ? Quel rôle pourrait jouer l’enseignement technologique dans la préparation des élèves à leurs futurs rôles d’acteurs efficaces dans la société du savoir ? Comment réformer ce type d’enseignement pour qu’il s’acquitte de cette mission ?

Comment structurer l’enseignement secondaire et quel curriculum adopter pour relever les défis de la société du savoir ? Quel est le profil de l’enseignant du secondaire dans une société du savoir ? quelles sont les compétences de l’enseignant de demain ? Quelles stratégies de formation des enseignants l’université doit-elle adopter ? Comment faire profiter les systèmes de formation des enseignants des résultats de la recherche pédagogique ?

CIMQUSEF’2007 sera organisé en collaboration avec l’Université Hassan II de Casablanca

Responsable de l’événement : AMAQUEN : Association Marocaine pour l’Amélioration de la Qualité de l’Enseignement


Les communications relatant une expérience ou présentant un papier de recherche sont à envoyer en texte intégral avant le 29 décembre 2006.
Les propositions de communication en format pdf (et une copie en format word) sont à envoyer à l’adresse suivante : cimqusef2007@amaquen.org (avec une copie à: amaquen@yahoo.fr)
Elles comporteront les informations suivantes :

- Nom et prénom du (des) auteur(s).
- Titre(s), fonction(s), institution(s) du (des) auteur(s)
- Coordonnées (adresse, tél., e-mail) du (des) auteur(s).

Les communications, de huit pages, sont à soumettre en fonte Times New Roman 11, interligne 1.5. Sur les deux premières pages, mentionner :
- Nom du congrès.
- Titre de la Communication.
- Résumé (1000 caractères au maximum) en anglais et en français.
- Et sur la première page seule : Nom du (des) auteurs.

Nous attirons enfin votre attention sur le fait que seules les communications accompagnées d'une inscription d'au moins un des auteurs au congrès seront publiées dans les actes.

Site web du congrès : http://www.amaquen.org/cimqusef2007

Catégories

Lieux

  • Casablanca, Maroc

Dates

  • vendredi 29 décembre 2006

Contacts

  • Abdennasser Naji
    courriel : amaquen [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • AMAQUEN #
    courriel : cimqusef2005 [at] amaquen [dot] org

Pour citer cette annonce

« L’enseignement supérieur et la recherche face aux enjeux de la société du savoir », Appel à contribution, Calenda, Publié le samedi 16 septembre 2006, http://calenda.org/191899