AccueilPhotographie et croyances politiques et sociales

Photographie et croyances politiques et sociales

En Europe de 1870 à nos jours

*  *  *

Publié le mercredi 18 octobre 2006 par Corinne Cassé

Résumé

Quels usages et fonctions de la photographie suivant qu'elle montre des croyances ou participe en tant qu'icône à l'invention de croyances. Cette recherche compare différents champs : politique, culturel et religieux.

Annonce

Quelques décennies seulement après l’invention de la photographie, les Etats, les religions et les grandes organisations sociales et scientifiques ont usé de ce média pour donner à voir et pour mettre en scène leurs découvertes, leurs informations tout comme leurs cérémonies et leurs rituels. La photographie devint alors à la fois un lieu d’émergence et un support d’ancrage et de manifestation de croyances politiques et sociales. Dans cette journée d’étude, le rapport entre photographie et croyance ne sera pas seulement pensé sous la forme du trucage et de l'instrumentalisation. Nous chercherons une lecture fine de ces documents dont les logiques n'ont cessé de fluctuer au gré des changements du savoir historique et des transformations de l'opération historiographique. Les communications se proposeront donc d'étudier, tout en le délimitant, un « genre » photographique en tant que support de croyance. Elles auront le souci constant de montrer les horizons de compréhension de ces documents à la fois lors de leur constitution (quelle fin ?), lors de leur diffusion et de leur réception (quel public) et lors de leur archivage (quelle interprétation ?). Deux usages seront enfin sollicités : celui du temps de l'image-preuve et celui de l’image-actualité, le premier offrant à la signification de l'image la durée et se voulant celle d'une vérité objective; le second se caractérisant par son caractère périssable en raison de la perte de sa valeur mercantile et factuelle. 1. Certaines communications chercheront à comprendre comment s’élaborent ces mises en scène de la photographie en tant que moyen de croire et de faire croire. Les pouvoirs totalitaires ont ainsi largement instrumentalisé l’image photographique pour répandre une nouvelle religion politique tandis que, dans ce travail des opinions publiques, les démocraties usaient à leur tour de la diffusion d’images choisies pour légitimer leurs valeurs. On s’intéressera par exemple à la photographie quand elle devient une véritable icône, quand elle porte l'image d'un être admiré et provoque à son tour des comportements respectueux, sortes de rituels qui amplifient la croyance. Pensons aux portraits des saintes ou à ceux des leaders politiques, trônant sur les murs des sections partisanes. 2. D’autres communications montreront les usages d’une photographie qui donne corps à une croyance en en matérialisant le contenu. La religion spirite montre ainsi des esprits, en corps ou en morceaux (sous forme d’ectoplasmes). Plus encore, si la photographie fut donnée comme preuve de l’existence de phénomènes surnaturels ou paranormaux, les scientifiques en ont aussi fait usage. L’image photographique fut alors pensée comme preuve scientifique, certifiant l'existence d’un phénomène. Les hystériques auraient-elles existé de la même façon sans leurs images en noir et blanc ? L’historien.ne peut alors se pencher sur cette iconographie pour en saisir les éventuelles mises en scène.

Journée d'études organisée par l’Institut d’histoire du temps présent et le Centre Pierre Francastel (CHAHR, Université Paris X-Nanterre)

IHTP 59 rue Pouchet, Paris 17e, Métro Brochant ou Guy Môquet (ligne 13)

Programme

-9h30 Accueil


-10h-13h sous la présidence de Gerd Krumeich (IHTP et Université de Dusseldorf)

Introduction, Nicole Edelman (Université de Paris X-Nanterre, CHAHR)

Clément Chéroux (Université de Lausanne), la photographie spirite

Isabelle Flahault-Domergue (IHTP), Photographie et idéal de la France-Libre.


-11h15-11h30 Pause

Fabrice d'Almeida (IHTP), Portrait de Hitler et sociabilités idéalistes

Barbara Bracco (Université de Milan), 1918 Faire son deuil, rendre hommage


-14h00-17h sous la présidence de Christian Ingrao (IHTP)

Alceo Riosa (Université de Milan), Le 1er mai et ses photographies

Frédéric Cépède (OURS, Paris), Rites et croyances socialistes en couleurs


-15h15-15h40 Pause

Stephen Gundle (Université de Londres, Royal Holloway), Images glamour en politique ou la dimension esthétique des croyances

Nicole Edelman (Université de Paris X-Nanterre, CHAHR), Représenter la voyance à travers ses acteurs et ses actrices


-17h-17h30 Discussion générale

Conclusion, Fabrice d’Almeida


-18h Cocktail Photographie et croyances politiques et sociales de 1870 à nos jours

Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • vendredi 08 décembre 2006

Contacts

  • Nadia Abdelouhab
    courriel : nadia [dot] abdelouhab [at] ihtp [dot] cnrs [dot] fr

Source de l'information

  • Fabrice d'Almeida
    courriel : fabrice [dot] dalmeida [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Photographie et croyances politiques et sociales », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 18 octobre 2006, http://calenda.org/192107