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Le banni et le tyran

Penser l'exception dans la cité postcoloniale

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Publié le mercredi 18 octobre 2006 par Corinne Cassé

Résumé

Les techniques du contrôle et les pratiques de résistance à l’ordre postcolonial ont connu une rupture sans précédent à l’automne 2005. En interrogeant les figures du banni et du tyran nous proposons de réfléchir aux formes exceptionnelles de l’encadrement imposé aux descendants de la colonisation.

Annonce

Séminaire public- 1er anniversaire de la révolte des banlieues

Jeudi 2 novembre 2006 – 17h-20h,
salle D003, bat D.
Université Paris VIII
Saint-Denis- Métro Saint-Denis Université.

Les techniques du contrôle et les pratiques de résistance à l’ordre postcolonial ont connu une rupture sans précédent à l’automne 2005. En interrogeant les figures du banni et du tyran nous proposons de réfléchir aux formes exceptionnelles de l’encadrement imposé aux descendants de la colonisation.
Le ban-dit, l’a-ban-donné, le ban-lieusard sont des corps soumis en permanence à des pratiques de discrimination enchevêtrées. Leurs révoltes parlent de ces exceptions nichées au cœur du système républicain et semblent faire écho à la généralisation des pratiques exceptionnelles du souverain. Comme l’envisageait Michel Foucault, la pensée sécuritaire, désormais bien assise, fait un usage incessant des figures du sauvage et du barbare. Loups-garous, bêtes et insectes ont resurgi dans les discours politiques et les catégories de la race ont été recodées en puisant largement dans la culture coloniale. Peut-on encore penser les antagonismes de classe et les technologies du contrôle sans analyser les importations des pratiques et des imaginaires coloniaux? Que nous apportent les notions d’homo sacer (homme sacrifiable) et d’homo necans (homme qui tue) pour comprendre le statut du non-blanc, du non-productif, du non-rentable, de l’insoumis et du marginal ? Le corps d’exception sert de laboratoire pour l’expérimentation de nouvelles formes de contrôle sur l’ensemble de ces « nouveaux damnés de la terre » que sont les ennemis de la pensée sécuritaire, qu’ils soient sans-papiers, délinquants, chômeurs, prostituées, précaires, pauvres...

Quels liens peut-on établir entre la mise au ban d’une partie de plus en plus large de la population et la généralisation d’un exercice exceptionnel de la souveraineté ? Nous tenterons avec quatre intervenants d’horizons disciplinaires différents et au travers d’un débat libre avec la salle d’esquisser quelques réponses à ces questions.

• I. Ennemis intérieurs et exception dans la pensée militaire.
  Etat d’exception et figures de l’ennemi dans la doctrine militaire française, Gabriel Péries (politologue latino-américaniste, ETOS/ INT).
  Retours sur le 17 octobre 1961. L’armée et l’encadrement des subversifs, Mathieu Rigouste (chercheur en sciences sociales, Université Paris 8).

• II. Sur le contrôle postcolonial.
 Le corps d’exception postcolonial, Sidi Mohammed Barkat (philosophe, chercheur associé au CNAM).
  La psychose française. Les banlieues : le ban de la République, Medhi Belhaj Kacem (philosophe et auteur d'essais).

• III. Débat libre avec la salle et retours sur expériences vécues.
Propositions :
  Ubu, figure du nouveau souverain ?
  Médias et imaginaires du feu.
  La guerre civile et la chasse à cour, mythes et pratiques policières.

Catégories

Lieux

  • Saint Denis (93)
    Saint-Denis, France

Dates

  • jeudi 02 novembre 2006

Contacts

  • Rigouste Mathieu
    courriel : mathieurigouste [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • mathieu rigouste
    courriel : mathieurigouste [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le banni et le tyran », Séminaire, Calenda, Publié le mercredi 18 octobre 2006, http://calenda.org/192108