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Élections et pouvoirs politiques

Moyen Âge, XVIe, XVIIe siècle

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Publié le dimanche 22 octobre 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Loin d’être une pratique marginale, l’élection constitue un mode fréquent d’accès au pouvoir au Moyen Âge et à l’époque moderne. Elle est pratiquée dans l’Église, mais aussi à tous les niveaux des pouvoirs laïcs. Ainsi, dans l’Empire, mais aussi dans quelques royaumes d’Occident comme la Suède ou la Hongrie, l’élection définit le mode d’accès normal au pouvoir. Dans les royaumes héréditaires, la pratique de l’élection du souverain n’est pas pour autant exclue.

Annonce

Élections et pouvoirs politiques

Moyen Âge, XVIe, XVIIe siècle


Loin d’être une pratique marginale, l’élection constitue un mode fréquent d’accès au pouvoir au Moyen Âge et à l’époque moderne. Elle est pratiquée dans l’Église, mais aussi à tous les niveaux des pouvoirs laïcs. Ainsi, dans l’Empire, mais aussi dans quelques royaumes d’Occident comme la Suède ou la Hongrie, l’élection définit le mode d’accès normal au pouvoir. Dans les royaumes héréditaires, la pratique de l’élection du souverain n’est pas pour autant exclue.
Dans les faits, le recours à l’élection permet donc de pallier l’absence d’héritier ou - le cas est peut-être encore plus fréquent - de donner une légitimité après une prise de pouvoir par la force.
Contrairement à l’accès au pouvoir par hérédité, qui se fait naturellement et donc silencieusement comme le montre la célèbre formule qui signale à partir de 1515 en France l’accès d’un nouveau roi au pouvoir, « le roi est mort, vive le roi », une élection suppose une pratique politique minimale liée à la réunion d’électeurs, qui doivent être définis et peuvent être ou non représentatifs de groupes plus nombreux, mais aussi au mode de scrutin. Mais l’élection ne suppose pas toujours la présence de plusieurs candidats déclarés : elle doit également être appréhendée comme un rite qui ne confirme pas simplement un homme dans ses fonctions, mais transforme la personne en lui remettant des titres et des droits qu’il n’avait pas avant la cérémonie.

Le but de ce colloque est de saisir à travers la norme, mais aussi à tous les niveaux de la pratique, le sens et les implications politiques de l’élection. Il s’agira tout d’abord de s’interroger sur le choix des électeurs, leur degré de représentativité, mais aussi sur la préparation et le déroulement concret de l’élection à travers le choix du lieu et de la date, les usages de la voix ou de l’écrit lors du vote. Il s’agira également de s’interroger sur la signification de l’élection. Entre acclamation, complément de l’hérédité, rituel performatif ou véritable scrutin, l’élection peut, en effet, être envisagée de multiples façons. Selon les cas, il est nécessaire de souligner la manière dont l’élection a été pensée et représentée, la valeur politique qui lui a été conférée et les conséquences de l’élection sur la nature du pouvoir ainsi attribué. C’est la raison pour laquelle une tentative de définition de l’élection au Moyen Âge et à l’époque moderne ne peut ignorer aucune pratique élective, qu’il s’agisse de l’élection des chefs politiques des royaumes ou des villes, des élections locales aux différentes assemblées politiques, mais aussi dans l’Église. Il n’est pas rare que, lors des élection locales ou des élections épiscopales, les conflits entrent en résonance avec des enjeux de pouvoir plus vastes et, parce qu’ils sont souvent l’occasion de mettre en question la pratique élective ou de la justifier, ces conflits peuvent donner la mesure des significations politiques accordées à l’élection.

Jeudi 30 novembre, vendredi 1er décembre 2006 de 9h30 à 18h et samedi 2 décembre 2006 de 9h30 à 13h

CREPHE

Université Paris XII - Val-de-Marne

61, avenue du Général de Gaulle - 94 010 Créteil

Bâtiment I, Salle 222

Organisation scientifique : Corinne Péneau (peneau@univ-paris12.fr)

Programme :

Jeudi 30 novembre 2006

Première demi-journée : L’élection des rois et des souverains (1)

9h30 Introduction de Madame la Présidente de l’Université Paris XII

Introduction de Monsieur Moeglin, doyen de l’UFR de Lettres et sciences humaines

10h Corinne Péneau (Paris XII), « Élection et pouvoirs politiques. Une introduction »

10h30 Guillaume Saint-Guillain (Collège de France), « L’élection du doge à Venise (XIIe-XVe siècle) »

11h discussions

Pause 11h20-11h40

11h40 Yves Sassier (Paris IV), « "La royauté ne s’acquiert pas par droit héréditaire". Réflexions sur la structure du discours attribué à Adalbéron de Reims en faveur de l’élection d’Hugues Capet »

12h10 François Foronda (Paris I), « Entre tradition, pratique et utopie politiques : la reviviscence d'une monarchie élective dans la Castille du XVe siècle »

12h40 discussions

Pause déjeuner 13h-14h30

Deuxième demi-journée : Les élections dans l’Église

14h30 Anne Duggan (King’s college, Londres), “Law and Practice in Episcopal and Abbatial Election before 1215”

15h00 Marie-Hélène Blanchet (Bibliothèque byzantine), « L'élection du patriarche à Byzance à la fin du Moyen Âge »

15h30 discussions

Pause 16h00-16h30

16h30-17h00 Élisabeth Mornet (Paris I), « Les enjeux de l’élection épiscopale en Scandinavie à la fin du Moyen Âge »

17h00-17h30 Véronique Julerot (Paris I), « Les élections épiscopales : entre l’Église et le siècle »

17h30 discussions

Vendredi 1er décembre 2006

Troisième demi-journée : L’élection des rois et des souverains (2)

9h30 Vincent Puech (Saint-Quentin-en-Yvelines), « Élections et enjeux politiques à Byzance : patriarcat et régence impériale au milieu du XIIIe siècle »

10h Sverre Bagge (Bergen), « “Dieu nous a élu d’après nos ancêtres”. La formation d’une monarchie héréditaire en Norvège du Xe siècle jusqu’en 1260 »

10h30 discussions

Pause 10h50-11h10

11h10-11h40 Florence Buttay (Bordeaux III), « Le bonheur de l’héritier. L’allégorie de la Fortune et la représentation de la légitimité d’élection à la Renaissance »

11h40 Martyn Rady (School of Slavonic and East European Studies, Londres), “Election and descent in medieval Hungary”

12h10 Marie-Karine Schaub (Paris XII), « L’élection des Tsars en Moscovie pendant le Temps des Troubles (1598-1613) »

12h40 discussions

Pause déjeuner 13h-14h20

14h20-15h00 Visite de l’exposition «Émilie du Châtelet, une femme de sciences et de lettres à Créteil » organisée par Mireille Touzery (Paris XII)

Quatrième demi-journée : Élections, villes, corps et assemblées (1)

15h00 Eberhard Isenmann (Cologne), « Élections dans les villes médiévales allemandes ».

15h30 Romain Telliez (Paris IV), « L'élection des officiers royaux en France à la fin du Moyen Âge »

16h00 discussions

Pause 16h30-16h50

16h50-17h20 Dietrich W. Poeck (Münster), « Entre Hôtel du Conseil et Église: le temps du conseil municipal ».

17h20-17h50 Olivier Richard (Strasbourg II), « Les élections du Conseil de ville à Ratisbonne à la fin du Moyen Âge. »

17h50 discussions

Samedi 2 décembre 2006

Cinquième demi-journée : Élections, villes, corps et assemblées (2)

9h30 Yann Lignereux (Nantes),« La guerre du bien public d’un tribun du peuple. Élection et légitimité politiques dans le gouvernement lyonnais, 1610-1620 »

10h00 Robert Descimon (EHESS), « Les élections échevinales à Paris (mi-XVIe siècle - 1679) »

10h30 discussions

Pause 10h50-11h10

11h10 Jacques Verger (Paris IV) et Nathalie Gorochov (Université de Paris XII), « Les élections dans le monde universitaire (XIIIe-XIVe siècle) »

11h50 Elsa Marmursztejn (Reims), « Élection et légitimité politique dans la pensée scolastique au tournant du XIIIe et du XIVe siècle »

12h20 Julien Thery (Montpellier III), «Élections, hiérarchie, consensus et représentation en Occident avant l'âge démocratique. Quelques remarques conclusives »


Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • jeudi 30 novembre 2006

Contacts

  • Corinne Péneau
    courriel : peneau [at] u-pec [dot] fr

Source de l'information

  • Corinne Péneau
    courriel : peneau [at] u-pec [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Élections et pouvoirs politiques », Colloque, Calenda, Publié le dimanche 22 octobre 2006, http://calenda.org/192128