AccueilJeunes et jeunesse(s), objets d’histoire

Jeunes et jeunesse(s), objets d’histoire

Groupe de travail animé par Ludivine Bantigny et Ivan Jablonka

*  *  *

Publié le mardi 14 novembre 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Groupe de travail animé par Ludivine Bantigny (maître de conférences à l’Université de Rouen) et Ivan Jablonka (maître de conférences à l’Université du Maine) sur les jeunes et la jeunesse au XIXe et au XXe siècle.

Annonce


« Jeunes et jeunesse(s), objets d’histoire »


Groupe de travail animé par Ludivine Bantigny (maître de conférences à l’Université de Rouen)
et Ivan Jablonka (maître de conférences à l’Université du Mans)


La jeunesse est tout à la fois âge de la vie et donc étape dans le cycle biologique, vecteur de progrès ou de contestation, groupe de personnes, et donc cohorte démographique mais aussi génération. Elle représente un moment intellectuellement et politiquement décisif, celui où intervient la prise de conscience de la contemporanéité. Elle est aussi enjeu politique, social et culturel notamment parce qu’elle constitue le dernier maillon d’une chaîne de transmission, celle qui diffuse les valeurs et les règles globales organisant la société. Travailler sur la jeunesse revient ainsi à s’interroger sur la transmission des normes et des savoirs.

À chaque âge de la vie, et plus particulièrement à chaque étape de la jeunesse, sont assignés des rôles sociaux. Il est important dès lors de mettre en rapport les phénomènes d’attribution de fonctions sociales d’une part, et les processus de socialisation d’autre part, c’est-à-dire les modalités de l’adaptation, de l’acceptation et de l’incorporation de ces rôles par les jeunes eux-mêmes, dans leur diversité. Comment les jeunes se conforment-ils ou non aux représentations dominantes qui sont données d’eux ?

L’attention portée aux jeunes soulève au fond autant d'interrogations sur la société qui cherche à scruter au plus près la jeune génération que sur cette dernière elle-même. Elle révèle une part des inquiétudes, cachées ou non, d'une époque, parfois des seuils de tolérance devant l'évolution des mœurs. C’est aussi l’un des intérêts d’un tel sujet : mieux comprendre, dans l’attention qu’elle porte à sa jeunesse, les questions qu’elle lui pose, les sentiments (souhaits, peurs, désirs…) qu’elle formule à son égard, une société dans son ensemble.

Plusieurs grandes thématiques peuvent, dans ce cadre, être étudiées : les apprentissages et la sociabilité scolaires ; la jeunesse et le monde du travail (comment par exemple étudier l’adolescence de ceux qui n’en ont guère, parce qu’ils sont happés, dès la sortie de l’école, dans le monde du travail et donc dans l’univers des adultes ?) ; le milieu étudiant (celui-ci « fait »-il la jeunesse, au sens où il en serait la pointe avancée dans le domaine de l’engagement politique notamment ?) ; la jeunesse et le phénomène guerrier (comment les jeunes sont-ils alors mobilisés, au sens large, c’est-à-dire sollicités non seulement par l’armée mais aussi par la société tout entière ?) ; l’émergence de cultures juvéniles spécifiques ; la socialisation politique.

Le XXe siècle sera privilégié. Cependant des incursions en amont, pour mieux remettre le sujet en perspective historique, seront aussi les bienvenues. S’il s’agit d’abord de mieux comprendre comment peut s’écrire l’histoiredes jeunes et de la jeunesse, le groupe gagnera, c’est l’évidence, à s’ouvrir sur d’autres disciplines : sciences politiques, sociologie, anthropologie notamment. C’est de fait une perspective comparative que l’on souhaite privilégier, tant du point de vue géographique que disciplinaire.


Les séances du groupe, le plus souvent « à plusieurs voix », seront de nature diverse : tantôt lecture collective d’un ouvrage posant des jalons pour la compréhension du sujet étudié, tantôt séances thématiques associant plusieurs chercheurs venant confronter leurs travaux, tantôt bilan plus général tracé sur les recherches en cours.

Programme pour 2006-2007

30 novembre :

• Éric PIERRE (Université d’Angers) : « De la circulaire d'Argout (1832) à la fondation de Mettray (1840): une autre mort de la philanthropie »

• Jean-Claude VIMONT (Université de Rouen), « Les jeunes relégués de l’après-guerre »


18 janvier :

• Antoine DE BAECQUE (Libération), « La Nouvelle Vague et la culture urbaine »

• Sébastien LE PAJOLEC (Université de Paris-I), « Existe-t-il un cinéma “jeune” dans les années 1960 ? »


22 février :

• Pierre MOULINIER, « Les étudiants sont-ils la jeunesse ? (France, XIXe siècle) »

• Charlotte LAINÉ (Institut d’Études politiques de Paris), « Identité étudiante et rapport à la culture (France, années 1960) »


15 mars :

• Gilles LE BÉGUEC (Université de Paris-X-Nanterre), « Jeunes et politique : enjeux et méthodes »

• David COLON (Institut d’Études politiques de Paris), « La jeunesse catholique en France dans l’entre-deux-guerres »


24 mai :

• Ludivine BANTIGNY (Université de Rouen/ Centre d’histoire de Sciences Po), « Une “jeunesse égarée ?” Jeunes et génération en guerre d’Algérie »

• Christophe GRACIEUX (Institut d’Études politiques de Paris), « Les jeunes Français face au service militaire, de 1962 au début des années 1980 ».


Les séances ont lieu de 17 heures à 19 heures au Centre d’histoire de Sciences Po, 56 rue Jacob Paris VIe.


Contact : Ludivine Bantigny (ludivinebantigny@yahoo.fr)



Lieux

  • Paris, France

Dates

  • jeudi 30 novembre 2006

Contacts

  • Ludivine Bantigny
    courriel : ludivine [dot] bantigny [at] univ-rouen [dot] fr

Source de l'information

  • Ludivine Bantigny
    courriel : ludivine [dot] bantigny [at] univ-rouen [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Jeunes et jeunesse(s), objets d’histoire », Séminaire, Calenda, Publié le mardi 14 novembre 2006, http://calenda.org/192277