AccueilÊtre dreyfusard, hier et aujourd'hui

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Publié le samedi 18 novembre 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

La Ligue des Droits de l'Homme organise les vendredi 8 et samedi 9 décembre, à l'Ecole militaire - lieu symbolique - et à l'Hôtel de Ville de Paris un colloque international sur la pérennité de l'affaire Dreyfus sur le XXe siècle et jusqu'à aujourd'hui.

Annonce

La Ligue des Droits de l'Homme organise les vendredi 8 et samedi 9 décembre, à l'Ecole militaire - lieu symbolique - et à l'Hôtel de Ville de Paris un colloque international sur la pérennité de l'affaire Dreyfus sur le XXe siècle et jusqu'à aujourd'hui.
Il évoquera des dreyfusards méconnus, des acteurs, espaces et moments de l'Affaire, le combat contre l'antisémitisme au nom de l'universel, les postérité et modernité de l'engagement dreyfusard.
Ce colloque international a reçu le soutien de nombreux partenaires scientifiques et civiques. Il entend clore cette année de commémoration de la réhabilitation du capitaine Dreyfus par la cour de cassation en 1906.
Des tables rondes et des communications permettront aux participants de débattre.

contact : service communication de la LDH (01 56 55 51 08 ou ldh@ldf-france.org ou www.ldh-france.org).

L'entrée est libre dans la limite des places disponibles.


Moment fondateur pour des intellectuels, des savants, des médecins, des juristes et toutes sortes de citoyens de France et d’ailleurs, l’affaire Dreyfus, en raison de sa dimension et de ses caractères, a dépassé le cas individuel d’un officier victime d’un crime judiciaire. Invoqué et convoqué depuis plus d’un siècle, le sort du capitaine Dreyfus, symptôme en son temps d’errements des édiles militaires et politiques — mais pas seulement —, et, au-delà, de dysfonctionnements de l’État, n’a cessé d’être extrapolé et généralisé, par la suite, à d’autres figures et à d’autres causes.
Scandée par des séquences propres à l’événement, « l’Affaire par excellence », selon la formule de Jean Psichari, dont certains acteurs, certains moments et certains lieux méritent d’être restitués, a connu, au-delà de la condamnation puis de la réhabilitation du capitaine, une postérité qui résulte de l’extrapolation et de la généralisation de l’engagement dreyfusard.
De référence morale, l’exemplarité de l’Affaire est devenue aussi un opérateur idéologique. De la Belle Époque à aujourd’hui, les dreyfusards mués en dreyfusistes se sont attachés, à partir de la scène inaugurale et à travers différentes générations, à continuer une lutte politique, dans des configurations et des contextes différents et sans cesse renouvelés.
Le fait est connu, la Ligue des droits de l’Homme, fondée en 1898, lieu de convergence de clercs, d’universitaires, de scientifiques, mais encore d’avocats, de magistrats et de quelques hommes politiques, a participé de manière décisive à la marche de la justice, et notamment en publiant, entre autres pièces documentaires et juridiques, les audiences des 3-5 mars 1904 tenues à la Cour de cassation, les argumentaires du conseiller Boyer, du procureur général Baudoin, de l’avocat Mornard, y compris les mémoires d’Alfred Dreyfus, bref les principaux éléments de procédure de la seconde révision commencée le 25 décembre 1903.
L’arrêt définitif de la Cour de cassation du 12 juillet 1906, à juste titre abondamment célébré par diverses institutions de la République, doit aussi être analysé comme un pari civique : la plus haute juridiction française, en faisant œuvre de vérité et de justice, a produit un texte non seulement juridique, mais aussi mémoriel. Elle a pu le faire grâce à des hommes et à leurs convictions, exprimées dans leurs actes et leurs écrits.
Inscrite dans un combat politique pour sauver un homme innocent, l’action de la Ligue des droits de l’Homme a induit des formes de combat et de débats qui ressortissent de la vie de Cité, et a inscrit la lutte contre l’antisémitisme dans le cadre de la défense des droits universels de tous les hommes. Elle l’indique dans son premier manifeste : « Le condamné de 1894 n’est pas plus juif à nos yeux qu’un autre à sa place ne serait catholique, protestant ou philosophe ». Cette perspective, profondément liée à une certaine culture républicaine, de ce temps jusques aujourd’hui, n’a cessé de rencontrer et de croiser d’autres positionnements qui placent au centre de l’Affaire et de sa postérité le combat spécifique contre l’antisémitisme, voire définissent celuici comme un enjeu essentiellement communautaire.
La question n’est pas seulement un objet d’Histoire ; elle n’a cessé de révéler sa modernité, jusqu’aux interrogations les plus actuelles sur l’articulation de la défense des droits particuliers et des droits universels, et la manière de définir les priorités et les argumentaires face aux différentes formes de racisme aujourd’hui.
C’est dire que la particularité de cette rencontre, parmi les multiples commémorations du centenaire de la réhabilitation d’Alfred Dreyfus et en clôture de celles-ci, est d’assumer les échos de l’Affaire au cœur même d’un certain nombre d’enjeux contemporains. En s’appuyant sur des apports scientifiques interdisciplinaires et dans le prolongement de son entreprise civique, la Ligue des droits de l’Homme, qui a la particularité d’être née de l’Affaire et qui s’affirme comme l’une des associations parmi les plus présentes dans les débats actuels de notre société, organise un colloque international ouvert à tous.

contact : service communication de la LDH (01 56 55 51 08)

Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • vendredi 08 décembre 2006

Fichiers attachés

Contacts

  • LDH service communication
    courriel : ldh [at] ldh-france [dot] org

URLS de référence

Source de l'information

  • Emmanuel Naquet
    courriel : emmanuel [dot] naquet [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Être dreyfusard, hier et aujourd'hui », Colloque, Calenda, Publié le samedi 18 novembre 2006, http://calenda.org/192290