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Publié le jeudi 07 décembre 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Envisager la situation diasporique sous l’angle du sort réservé aux femmes revient à établir que migrer ne se fait pas sur le même mode, n’a pas les mêmes implications pour les hommes et pour les femmes. Bien plus, il s’agit d’admettre qu’au-delà de la singularité de chaque parcours individuel, il existe suffisamment de caractéristiques communes aux migrantes pour qu’on puisse les regrouper en vertu de leur sexe. C’est à cette possibilité d’observer les sociétés diasporiques à travers les relations de genre que s’attache ce numéro de Diasporas.

Annonce

Diasporas. Histoire et sociétés, n°11, automne 2007

Thème du dossier : « Femmes »

Envisager la situation diasporique sous l’angle du sort réservé aux femmes revient à établir que migrer ne se fait pas sur le même mode, n’a pas les mêmes implications pour les hommes et pour les femmes. Bien plus, il s’agit d’admettre qu’au-delà de la singularité de chaque parcours individuel, il existe suffisamment de caractéristiques communes aux migrantes pour qu’on puisse les regrouper en vertu de leur sexe. C’est à cette possibilité d’observer les sociétés diasporiques à travers les relations de genre que s’attache ce numéro de Diasporas.

Le rapport rendu en 2006 par le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP)[1] souligne, du point de vue quantitatif, la légitimité de s’intéresser aux femmes migrantes : leur part dans les migrations ne cesse de croître et il s’agit un phénomène ancré dans l’histoire et qui peut être appréhendé dans sa dimension diachronique.

Par ailleurs, le lien très fort que les femmes conservent avec le pays d’origine doit nous inciter à étudier les incidences du départ des femmes sur leur pays, région, cellule familiale d’origine – on insistera notamment sur l’impact sur l’économie du pays de départ/accueil – mais on s’intéressera aussi à l’influence culturelle – au sens large – que peuvent exercer ces femmes sur le/les pays d’accueil et aux modifications que la migration induit sur le mode de vie des migrantes.

Il semble que les femmes soient au cœur des tensions entre traditions et valeurs de la communauté d’origine, dont elles sont souvent chargées d’assurer la transmission, et adaptation voire adoption de celles des sociétés d’accueil. Elles peuvent de ce fait se trouver dans une situation d’instabilité, prises entre deux mondes qui les aspirent. Sans doute est-ce cette tension qui fait des femmes en diasporas les victimes les plus fréquentes de pratiques discriminatoires et d’exploitations de tous ordres sur lesquelles on ne manquera pas de revenir.

Si passer les frontières signifie donc souvent affronter des obstacles innombrables, se confronter à une altérité hostile, se mettre en danger, cela peut aussi vouloir dire émancipation et liberté. Par le fait même de partir. Par la construction d’un itinéraire personnel à distance des normes parfois pesantes de la société natale. S’éloigne ainsi, du fait du passage en diaspora, la représentation traditionnelle des femmes, à l’ombre des maris, pour faire place à des femmes qui se battent pour leur survie, gagnent en autonomie et s’aventurent avec succès sur des voies traditionnellement considérées comme masculines.

Diasporas. Histoire et sociétés, N° 11, autumn 2007

Special issue : « Women »

To study situations of Diaspora from the point of view of women amounts to admitting different modes of migration, different implications for men and women. Moreover, this also amounts to an acknowledgement of the fact that, over and beyond each unique individual history, there are also sufficient characteristics common to all women migrants such that they could be grouped together according to their sex, thus defining a kind of commonality of destiny. This issue of Diasporas. Histoire et sociétés will be devoted to the observation of diasporas in the light of gendered relationships.

If the report of the United Nations Population Fund (UNFPA) of 2006 highlights the legitimacy of studying migrant women in so far that they represent half the world’s migrants, it also indicates that this is not a new phenomenon; on the contrary, it is anchored in history and it can be apprehended in its diachronical dimension.

Women seem to stay closely in touch with the region they have left; this should encourage us to pay attention to the effect of their departure on their original country, region and family group. The impact on the economy of the home/foreign country also needs to be studied together with the possible cultural influence in the widest meaning of the term, of these women on their foreign countries as also on the women’s changing life-styles induced by emigration.

Migrant women are the locus of tension between the traditions and values of the original community, the transmission of which is their responsibility and adaptation to, or even adoption of, those of their new society. This can lead to them being in a situation of considerable instability caught between two worlds. This tension is, no doubt, the reason why they are the most frequent victims of discrimination and exploitations of all kinds, a subject we shall need to return to.

To cross frontiers may often mean to confront innumerable obstacles and a hostile foreignness, to take risks, but it can also imply emancipation and freedom by the simple fact of leaving, of creating a new personal itinerary removed from the often constructing norms of the home society. The traditional representation of women overshadowed by their husbands is gradually replaced in the Diaspora by women fighting for their survival, becoming autonomous, and launching successfully along lines traditionally considered to be the territory of men.

Si ce thème vous intéresse, vous êtes invités à envoyer vos propositions au comité de rédaction, par courrier électronique ou postal. Nous vous serions reconnaissants de tenir compte des modalités suivantes :

  • Envoi d'un projet d'article (titre et résumé d'une page) ainsi qu’une brève notice biographique et de bibliographie personnelle indiquant vos publications les plus récentes. Date limite : le 31 janvier 2007.
  • Tout article proposé est expertisé par deux lecteurs et ne peut être publié qu'après avis favorable du comité de rédaction. L'auteur aura éventuellement à faire des mises au point et des modifications en fonction des remarques qui lui seront faites.
  • Les articles définitifs devront être communiqués avant fin juin 2007. Ils ne devront pas dépasser 30 000 signes (notes et espaces compris). Ils devront être envoyés en fichier joint par courrier électronique ou, à défaut, sur CD et seront dans tous les cas accompagnés d'un tirage papier. Ils devront être complétés par un résumé de 5 lignes maximum.



[1] Il est consultable en ligne à l’adresse :

http://www.unfpa.org/swp/2006/french/introduction.html, pour la version française.

Catégories

Dates

  • mercredi 31 janvier 2007

Contacts

  • Isabelle Lacque-Labarthe
    courriel : revue [dot] dhs [at] univ-tlse2 [dot] fr

Source de l'information

  • Foissac #
    courriel : foissac [at] univ-tlse2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Femmes en diaspora », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 07 décembre 2006, http://calenda.org/192370