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L’expérience et les expériences

13ème Colloque Philosophique International d’Evian

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Publié le vendredi 08 décembre 2006 par Inès Secondat de Montesquieu

Résumé

Le 13ème Colloque international d'Evian est dans l'attente de contributions développant le concept d'expérience dans sa dimension systématique. Le débat portera sur la question de savoir si l'expérience doit être conçue comme médiate ou immédiate, comme conceptuelle ou sensible, comme langagière ou prélangagière, comme subjective ou intersubjective, comme fondatrice ou subversive, comme passive ou active, comme pratique ou théorique, etc. Conformément à l'orientation fondamentale du Colloque, les réponses à ces questions, qu'elles soient (post)structuralistes, phénoménologico-herméneutiques ou analytiques, seront discutées dans leurs différences et leurs convergences de façon à faire apparaître leur fécondité.

Annonce

Le 13ème Colloque international d'Evian est dans l'attente de contributions développant le concept d'expérience dans sa dimension systématique. Le débat portera sur la question de savoir si l'expérience doit être conçue comme médiate ou immédiate, comme conceptuelle ou sensible, comme langagière ou prélangagière, comme subjective ou intersubjective, comme fondatrice ou subversive, comme passive ou active, comme pratique ou théorique, etc. Conformément à l'orientation fondamentale du Colloque, les réponses à ces questions, qu'elles soient (post)structuralistes, hénoménologico-herméneutiques ou analytiques, seront discutées dans leurs différences et leurs convergences de façon à faire apparaître leur fécondité.


Argument


Nous faisons des expériences et nous avons de l'expérience. Nous faisons l'expérience du monde dans ses couleurs et dans ses formes, ses bruits et ses odeurs, et nous prenons (plus ou moins) de l'expérience en faisant l'épreuve des vicissitudes de la vie. L'expérience est irremplaçable et chaque homme doit faire ses propres expériences. Expérimenter et devenir expérimenté font partie de ce que signifie être un homme et se développer comme un homme, c'est-à-dire comme soi-même. De ce fait, la philosophie a réfléchi de toutes les manières concevables sur la nature et le rôle de l'expérience – dans l'esthétique (de Dewey à Derrida en passant par Adorno), la religion (de Schleiermacher à Taylor en passant par James), la morale (d'Aristote à Butler en passant par Lévinas), la connaissance (de Locke à McDowell en passant par Kant) et la politique (de Burke à Agamben en passant par Arendt).

Le concept de l'expérience n'est toutefois pas seulement un des concepts les plus importants de la philosophie, il en est aussi un des plus inextricables. On trouve déjà chez Aristote les deux aspects auquel le titre de ce colloque fait allusion : empereia signifie deux choses – l'expérience que nous obtenons par la pratique et qui consiste en la maîtrise de capacités pratiques, ainsi que les expériences faites et recueillies lors de notre rencontre avec le monde, qu'Aristote détermine comme connaissances du particulier. Mais l'expérience peut aussi désigner (comme c'est le cas chez Hegel) le processus dialectique par lequel nos connaissances et nos capacités et critères de connaissance se modifient réciproquement.

Par quels rapports conceptuels peut-on rendre compte de l'expérience? L'expérience relève-t-elle exclusivement de la sensibilité, comme le croient Locke, Russell et Evans ? N'est-elle pas plutôt structurée conceptuellement, comme l'affirment Kant, Sellars et McDowell ? Est-elle le fondement de toute théorie (Carnap), son correctif (Popper) ou bien plutôt construite par elle (Feyerabend) ? Doit-on concevoir l'expérience comme toujours déjà médiatisée et technicisée, et partant, comme contingente historiquement, comme Lyotard et Latour ? Dans les circonstances de la vie moderne, sommes-nous menacés d'une perte, d'un rétrécissement de l'expérience (Benjamin), voire de sa transformation (Baudrillard) ? L'expérience est-elle intrinsèquement liée à l'expérience de soi et peut-on comprendre l'expérience en-dehors du contexte des pratiques sociales de compréhension ? Comment la langue de l'expérience et l'expérience de la langue sont-elles conditionnées l'une par l'autre – dans le sens que les méditations de Wittgenstein et de Gadamer ont donné à ces expressions ? Quel est le substrat de l'expérience – la res cogitans de Descartes, le corps de Merleau-Ponty ou l'habitus de Bourdieu ? Et comment comprendre la recherche d'une expérience qui transcenderait le sujet, comme le voulaient Nietzsche, Foucault et Bataille ? De quelle manière existe-t-il, au-delà des expériences individuelles, des expériences faites par des collectifs et agençant des collectifs ?

Catégories

Lieux

  • Évian-les-Bains, France

Dates

  • jeudi 15 mars 2007

Contacts

  • Prof. Dr. Georg W. Bertram
    courriel : evian [at] uni-hildesheim [dot] de

Source de l'information

  • Prof. Dr. Georg W. Bertram
    courriel : evian [at] uni-hildesheim [dot] de

Pour citer cette annonce

« L’expérience et les expériences », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 08 décembre 2006, http://calenda.org/192376