AccueilDes discours aux effets de la communication en démocratie

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Publié le mercredi 03 janvier 2007 par Natalie Petiteau

Résumé

Routinisée dans un espace public « modernisé » (Gerstlé, 2004), la communication est devenue un impératif du jeu politique, voire la clé du succès, comme les campagnes pour les élections de 2007 l’illustrent. Dès 1996, le vice-président Al Gore confère à Internet des vertus de démocratisation (responsabilité collective, apprentissage, etc.). L’agenda de Lisbonne de 2000 fait de la communication l’un des moteurs de la construction européenne, tandis que l'ONU l’apparente à un droit universel. La communication apparaîtrait comme une condition essentielle au bon fonctionnement de la démocratie : l’information serait diffusée plus rapidement et plus largement, elle serait plus réactive et didactique, et elle permettrait au citoyen de participer de manière rationnelle et éclairée à la vie politique.

Annonce

Appel à communications

Journée d’étude de l’école doctorale de science politique de Paris 1 Panthéon Sorbonne.

Organisée par les doctorants de l’UFR11

Paris I Panthéon Sorbonne

Vendredi 21 septembre 2007

Des discours aux effets de la communication en démocratie :

Pratiques et enjeux du politique

Routinisée dans un espace public « modernisé » (Gerstlé, 2004), la communication est devenue un impératif du jeu politique, voire la clé du succès, comme les campagnes pour les élections de 2007 l’illustrent. Dès 1996, le vice-président Al Gore confère à Internet des vertus de démocratisation (responsabilité collective, apprentissage, etc.). L’agenda de Lisbonne de 2000 fait de la communication l’un des moteurs de la construction européenne, tandis que l'ONU l’apparente à un droit universel. La communication apparaîtrait comme une condition essentielle au bon fonctionnement de la démocratie : l’information serait diffusée plus rapidement et plus largement, elle serait plus réactive et didactique, et elle permettrait au citoyen de participer de manière rationnelle et éclairée à la vie politique.

Cette vision est parfois conjuguée aux discours sur la crise de la démocratie représentative, dont l’une des explications serait les défauts de communication entre les citoyens et les élus : mauvaise image du personnel politique, remise en cause de la représentation, manque de prise en compte des administrés dans les processus décisionnels, anomie politique des citoyens, etc. Communication et démocratie semblent se confondre sur le terrain des nouvelles technologies instituées en remèdes à tous les maux, à l’image du projet du MIT « one laptop per child » qui prétend réduire la « fracture numérique » de l’Afrique, et implicitement « la fracture sociale ».

Néanmoins, le rôle, les usages et les effets de la communication sur l’espace politique demeurent flous : espaces publics mosaïques (Neveu, François, 1999), privatisation de l’espace du politique (Darras, 1994) et publicisation de l'espace privé, spectacularisation de la vie politique (Dayan et Katz, 1996, Blumler, 1995). Les effets de la communication dans le jeu politique, multiples et inhérents à la fragmentation et l’hétérogénéité de cet espace, invitent à la diversité des terrains d’enquête.

La prise en compte des processus de publicisation, de production/diffusion/réception de l’information est nécessaire à l’analyse de la politisation, de la représentation, de la participation, c’est pourquoi cette journée se propose de les étudier conjointement autour des questionnements suivants : quelles sont les conditions de production des discours sur la communication et leurs effets sur les politiques ? Les transformations de la communication politique renouvellent-elles les règles du jeu politique ? Dans quelle mesure favorisent-elles l’émergence de nouveaux acteurs et de nouvelles pratiques politiques ?

Axe 1 : Les discours sur la « société de la communication »

Autour des discours sur « la société de communication » se cristallisent des luttes, un répertoire spécifique qui est mobilisé pour légitimer, justifier, rationaliser le recours à la communication. Ingénieurs en télécommunication, journalistes, essayistes, experts participent à l’institutionnalisation des technologies de l’information et de la communication. Quelles logiques, aussi bien d’acteurs, d’institutions que de situations, gouvernent à l’énonciation de ces discours – voire de ces mythes – sur les bienfaits et les méfaits de la « société de la communication » ? Quels en sont les fondements, les valeurs et les enjeux ?

Axe 2 : Les règles du champ politique reconfigurées par la communication ?

Les techniques de communication multiplient les lieux et les ressources à la disposition des acteurs politiques – responsables politiques, partis, institutions, syndicats, associations - pour agir symboliquement ou non (débattre, faire passer des idées, se construire une image, etc.). L’arrivée d’acteurs et des méthodes issus du secteur de la communication dans le champ politique a-t-elle une incidence sur les logiques de celui-ci ? Comment les pratiques traditionnelles et nouvelles s’articulent-elles et influencent les règles du jeu politique ? Par ailleurs, en période électorale ou routinière, n’y aurait-il pas un déplacement du débat du fond vers la forme ?

Axe 3 : Renouvellement des relations citoyens – politiques

L'émergence d'une parole citoyenne, véhiculée notamment par les nouvelles technologies, constituerait une nouvelle donne du jeu politique. Le recours aux sondages, à la création de forums politiques, à l’utilisation d’Internet, multiplie les lieux et moments de consultations. Ainsi voter n’est plus la seule occasion pour les citoyens de s’exprimer. De sorte que, si les acteurs politiques sollicitaient traditionnellement l’avis des citoyens, ces derniers prennent d’eux-mêmes la parole par le biais des nouvelles technologies (blogs, etc.), occupant davantage les espaces du débat. Les nouvelles technologies seraient des dispositifs qui favoriseraient la démocratie délibérative, participative, au niveau local comme au niveau national. Pour autant, les citoyens pèsent-ils plus sur l’agenda politique et le processus décisionnel ? N’y a-t-il pas réappropriation par les politiques de ces prises de paroles pour légitimer leur propre position ? En filigrane, la société de communication contribue-t-elle à modifier le partage du pouvoir ?

Comité scientifique :

Loïc Blondiaux (CERAPS, Lille II), Dominique Cardon (CEMS/EHESS), Eric Darras (LaSSP, IEP de Toulouse), Sandrine Lévêque (CRPS, Paris I).

Paul Antropius (doctorant, CRPS, Paris I), Olivier Mauco (doctorant, CRPS, Paris I), Sébastien Poulain (doctorant, CRPS, Paris I), Cyrille Thiébaut (doctorante, CRPS, Paris I), Ludivine Vanthournout (doctorante, CRPS, Paris I).

Un résumé en français de 2500 signes, incluant la présentation du terrain et les coordonnées de l’auteur, devra être envoyé avant le 28 février 2007 à jed2007Paris1@gmail.com et indiquera l’axe dans lequel il se situe.

L’acceptation des communications sera communiquée fin mars. Pour le 29 juin, la version finale des communications (30 000 signes, espaces compris, maximum) devra être envoyée.

Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • mercredi 28 février 2007

Source de l'information

  • Sebastien Poulain
    courriel : Sebastien [dot] poulain [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Des discours aux effets de la communication en démocratie », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 03 janvier 2007, http://calenda.org/192462