AccueilLe sens des inégalités contemporaines et la question des classes sociales.

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Publié le mercredi 10 janvier 2007 par Natalie Petiteau

Résumé

L’objectif de ce colloque est de questionner le sens des inégalités sociales, plus précisément nous souhaitons revisiter le concept de classe sociale. Une tâche d’autant plus nécessaire que les régimes politiques néolibéraux ainsi que la mondialisation économique semblent générer des inégalités économiques structurelles et des formes de polarisation sociale de plus en plus profondes. Vous avez jusqu'au 9 février pour soumettre un titre et un résumé d'au maximum 25 lignes.

Annonce

L’objectif de ce colloque est de questionner le sens des inégalités sociales en tentant de les comprendre dans une perspective qui tranche avec les lectures horizontalistes actuellement en vogue dans les sciences sociales. Plus précisément nous souhaitons revisiter le concept de classe sociale afin d’évaluer sa portée analytique et critique pour la sociologie contemporaine. Depuis deux décennies les sciences sociales ont su développer de puissantes et fécondes analyses des inégalités horizontales, c’est-à-dire des systèmes de discrimination et de domination culturelle basée sur une problématique de la reconnaissance. Le paradigme de la citoyenneté a été et demeure l’outil par lequel la société agit sur ses différences dans une visée d’intégration dans une « mosaïque multiculturelle». Or, il y a plus de 50 ans le sociologue canadien John Porter montrait comment cette mosaïque de la différence en cachait une autre, la mosaïque verticale des classes et de la stratification. Le colloque sera l’occasion de renouer avec ce type d’analyse sociologique tout en tentant de la renouveler tant sur le plan conceptuel que méthodologique. Une tâche d’autant plus nécessaire que les régimes politiques néolibéraux ainsi que la mondialisation économique semblent générer des inégalités économiques structurelles et des formes de polarisation sociale de plus en plus profondes.

En effet, tout porte à croire que le régime d’accumulation qui prédomine dans les sociétés capitalistes avancés, et ce particulièrement en Amérique du Nord, qui se caractérise par une flexibilisation du rapport salarial, une mondialisation de la concurrence et une financiarisation de la gestion d’entreprise et du comportement des ménages, se traduit par la production de nouvelles inégalités économiques et sociales. Ces inégalités croissantes sont-elles le produit inévitable d’un nouveau régime d’accumulation ou sont-elles le produit d’une période d’ajustement et de transition entre le fordisme et la forme de régulation qui pourrait lui succéder? Dans un cas comme dans l’autre, quels mécanismes socio-économiques, culturels et politiques sont à l’œuvre? Sommes-nous devant un processus de polarisation qui pourrait mener à une nouvelle formation de classes sociales structurellement antagoniques? Est-ce que cette polarisation est façonnée par les frontières nationales ou est-ce un phénomène globalisé? Comment les groupes sociaux dominant se rapportent-ils à ces processus, en sont-ils le produit, ou en ont-ils été la cause? Sommes-nous devant le résultat d’un projet politique néolibéral qui visait le retour des inégalités comme plusieurs le maintiennent?

Ces questions sur la nature des inégalités socio-économiques actuelles doivent être complétées par une interrogation et une remise en question en profondeur des instruments conceptuels et analytiques développés par la sociologie pour les objectiver. La sociologie d’inspiration wébérienne avait conclu au 20ième siècle que le processus de démocratisation sociale (économique, culturelle et politique) enclenché depuis les années 1930, décrit, entre autres, par T. H. Marshall dans son essai original « Social class and Citizenship », avait réussi à dissoudre les inégalités structurelles qui existaient sur une base non-méritocratique en instaurant un système de stratification basé sur la mobilité sociale ascendante. Une telle conception de la stratification interdisait de recourir aux schémas marxisant basés sur une reproduction d’inégalités polaires qui s’inscrit dans la structure même d’un régime d’accumulation. Comment concilier ce qui semble un acquis disciplinaire sur le plan théorique avec l’évidence empirique d’un retour à une certaine polarisation sociale? En même temps ne devrions-nous pas opérer une rupture tant vis-à-vis des catégories classiques du XIXe siècle telles que Ordre, Classe, que celles du XXe siècle telles que masse, stratification, mobilité, multitude pour penser ces nouvelles inégalités sociales? Comment un tel effort théorique se rapporterait / se démarquerait des approches « différentialistes » actuelle? Comment articuler une telle théorie avec les notions d’« underclass » et d’« overclass », quel statut donner au concept de « classe moyenne »? Finalement, quelles méthodes tant quantitatives que qualitatives devrions-nous adopter pour objectiver, décrire et analyser ces nouvelles inégalités verticales?

Sur le plan de la citoyenneté et du politique nous nous demandons si les classes sociales sont des acteurs significatifs dans l’État néolibéral comme elles l’ont été pendant l’instauration de l’État providence, tel que l’a montré Esping-Anderson. Ce régime politique repose-t-il sur une structure ou sur un compromis de classe déterminé? Est-ce qu’une configuration entre classes pourrait, par la mobilisation, ébranler ce régime politique?

Le colloque sera construit autour de 3 axes thématiques complémentaires, l’objectif étant de tenter d’apporter des réponses aux questions précédentes tout en contribuant au développement d’une analyse générale de la mosaïque verticale contemporaine.

Axe 1 : Quelle ampleur la structure des inégalités sociales a pris dans les sociétés capitalistes avancés?

Axe 2 : Quelles conceptions théoriques devrions-nous développer pour penser sociologiquement ces inégalités sociales?

Axe 3 : Quelles mobilisations politiques peuvent émerger autour des inégalités sociales?

Veuillez adresser vos propositions de communication (titre et résumé de 25 lignes) avant le 9 février 2007 par courriel à Pierre-Paul St-Onge: chaire.mcd@uqam.ca

Le colloque aura lieu à l'Université du Québec à Trois-Rivières dans le cadre du congrès de l'ACFAS les 7 et 8 mai 2007.

Catégories

Dates

  • vendredi 09 février 2007

Contacts

  • Pierre-Paul St-Onge
    courriel : chaire [dot] mcd [at] uqam [dot] ca

Source de l'information

  • Pierre-Paul St-Onge
    courriel : chaire [dot] mcd [at] uqam [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Le sens des inégalités contemporaines et la question des classes sociales. », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 10 janvier 2007, http://calenda.org/192499