AccueilItinéraires des vins romains en Gaule (IIIe-Ier siècle av.J.-C.). Confrontation de faciès

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Publié le vendredi 12 janvier 2007 par Inès Secondat de Montesquieu

Résumé

Colloque international qui aura lieu à Lattes (musée H. PRADES) du 30 janvier au 2 février 2007. Il réunira plus de 50 communications sur le thème des circuits empruntés par les diverses amphores vinaires en Europe occidentale aux IIe et Ie siècles avant notre ère et l'hypothèses des différents vins.

Annonce

Colloque international qui aura lieu à Lattes (musée H. PRADES) du 30 janvier au 2 février 2007.
Il réunira plus de 50 communications sur le thème des circuits empruntés par les diverses amphores vinaires en Europe occidentale aux IIe et Ie siècles avant notre ère et l'hypothèses des différents vins.

Argument


Le grand commerce des vins italiens en Gaule aux IIe-Ier siècles avant notre ère constitue une des premières manifestations de la romanisation, qui fut effective après la guerre césarienne. Il en a probablement établi les fondations, apportant des profondes mutations dans la société celtique à son apogée, la grande période des oppida.

Le thème du commerce en Gaule indépendante, aux IIe et Ier s. avant notre ère, a été abordé jusqu’à une période très récente de la recherche par le biais du religieux, de l’enivrement et de la folie guerrière : tournée vers ses rites et ses passions, la Gaule effraie et fascine tout à la fois, et n’a jamais été considérée comme un territoire où pouvaient se dérouler des actions commerciales communes aux sociétés antiques méditerranéennes pourtant voisines

Véritablement coupée du monde méditerranéen, la Gaule apparaît pourtant comme un des moteurs de l’économie italique, au sein de laquelle les exportations de vin sont plébiscitées, paradoxe intéressant, qui tient sans doute plus aux mentalités qu’à la réalité.

Imaginer des Gaulois commercer aux côtés des Romains paraît encore pour certains une hérésie : il ne peut y avoir de commerce, seulement du troc et le portrait qu’en retire la Gaule transalpine révèle une sorte d'ostracisme, alimenté par les uns et les autres.

Pourtant, très tôt, les éléments méditerranéens sont bien présents au sein des paysages celtiques : mercenaires gaulois dans diverses armées (Hannibal, Philippe de Macédoine), terres allouées probablement à des Italiens bien avant la conquête césarienne à Orléans, Besançon ou Chalon-sur-Saône, éléments architecturaux italiques à Lyon et à Mâcon au milieu du IIe siècle avant notre ère, nouvelles espèces animales, millions d’amphores vinaires… autant de témoignages à propos des échanges et des contacts qui conduisent à penser que la Gaule a tenu son rang à l’échelle de la Méditerranée occidentale. Bénéficiant de la politique impérialiste de Rome, la Gaule a probablement développé une nouvelle classe sociale de marchands issue de l’aristocratie guerrière tirant profits et pouvoir de cette politique… ainsi Vercingétorix exhibant fièrement des amphores sur ses monnaies d’or comme un symbole de son pouvoir économique ! Vin et Politique étaient alors intimement liés...

Si nous connaissons globalement la nature des denrées importées à cette époque (principalement du vin, ou plutôt des vins), nous ignorons encore tout des modalités des transactions et du rôle exact de tous les acteurs, en dehors du cliché qu’il faut savoir aujourd’hui dépasser tel que « la Gaule est remplie de trafiquants et de citoyens romains » (Cicéron, Pro Fonteio, V, 11).

Au regard des nouvelles recherches, il semble que les routes commerciales empruntées soient manifestement plus complexes que la traditionnelle voie « Rhône-Saône » pour acheminer les vins en Gaule ; on pense notamment aux voies de la Loire et de l’Allier qui permettent une bien meilleure pénétration des denrées au sein des territoires celtiques du Centre de la Gaule, depuis le Languedoc occidental, peut-être justement pour échapper aux taxes romaines qui avaient cours en Transalpine. De même, la grande voie vers l’Aquitaine présentait peut-être des ramifications complexes qui permettraient aux vins d’être diffusés sur la façade ouest, jusqu’en Bretagne, sans oublier le commerce maritime atlantique, rarement évoqué.

Ce colloque intitulé « Itinéraires des vins romains en Gaule (IIIe-Ier siècles avant J.-C.). Confrontations de faciès » se propose d’aborder autant de points à même d’apporter des éléments de réponse à certaines des questions récurrentes dans notre communauté scientifique :

- quelles sont les grandes voies de circulations ? existe-t-il des voies dites secondaires plus « actives » que les voies dites principales ?

- peut-on observer un découpage des marchés à l’échelle de l’Europe occidentale ?

- comment sont organisées les cargaisons dans les épaves ?

- quelles sont les dernières avancées en archéométrie et quelles sont les limites (pétrographie et fluorescence X) ?

- Que connaît-on des ateliers de production en Italie ? quelles sont les dernières découvertes ?

- Les ressources épigraphiques : un moyen de reconnaissance des marchés ?

- Quels sont les autres mobiliers importés en Gaule (fer, bronze, vaisselle…) ? les acheminements sont-ils parallèles ou complètement différents ?

- A l’échelle européenne quelles comparaisons peut-on établir ? au regard de communications de collègues étrangers nous tenterons de mieux définir ou d’établir des schémas sur les circulations en Espagne, en Suisse, en Belgique, en Allemagne et en Angleterre.

Au travers des 52 communications aujourd’hui confirmées, réparties sur quatre journées, ces divers thèmes seront abordés et de nombreuses réponses trouveront à terme un écho dans les synthèses sur l’économie et la société à la période des oppida, si riche et pourtant si mal connue.

Programme

Mardi 30 janvier 2007
1ère session : Les prémices et la situation en Transalpine

Mercredi 31 janvier 2007
- 2e session : Le faciès de l’isthme gaulois
- 3e session : Du côté de l’Espagne...
- 4e session : À partir de la Gaule centrale

Jeudi 1er février 2007
- 5e session : Dans le nord des Gaules
- 6e session : Les épaves
- 7e session : Du côté des ateliers et de l’archéométrie

Vendredi 2 février 2007
- 8e session : Vins et consommateurs
- 9e session : Le cas des autres mobiliers

Catégories

Lieux

  • Lattes, France

Dates

  • mardi 30 janvier 2007

Contacts

  • Fabienne Olmer
    courriel : fabienne [dot] olmer [at] montp [dot] cnrs [dot] fr

Source de l'information

  • Fabienne OLMER, CNRS ~
    courriel : fabienne [dot] olmer [at] montp [dot] cnrs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Itinéraires des vins romains en Gaule (IIIe-Ier siècle av.J.-C.). Confrontation de faciès », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 12 janvier 2007, http://calenda.org/192509