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La critique dans tous ses états

Appel à communications RJCSEP 2007

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Publié le lundi 15 janvier 2007 par Inès Secondat de Montesquieu

Résumé

3e rencontre des jeunes chercheurs organisée par les doctorants en sociologie, ethnologie et philosophie de l'Université de Metz sur le thème de la critique.

Annonce

RENCONTRE DES JEUNES CHERCHEURS EN SOCIOLOGIE, ETHNOLOGIE ET PHILOSOPHIE A METZ (RJCSEP)

Laboratoire Lorrain de Sciences Sociales (2L2S) – Equipe de Recherche en Anthropologie et Sociologie de l’Expertise (ERASE)

Ecole Doctorale PIEMES – Université Paul-Verlaine, Metz.

« La critique dans tous ses états »

31 mai et 1 juin 2007

Après le succès des deux premières rencontres (« L’expertise dans tous ses états » en 2005 dont les actes sont en cours de publication et « Le corps dans tous ses états » en 2006), les doctorants de l’Arthemetz[1]proposent cette année de s’interroger, suivant la même formule, sur « tous les états » de la critique.

Les troisièmes journées jeunes chercheurs sont ouvertes à des communications de doctorant(e)s, à de jeunes docteurs et post-doctorant(e)s dans diverses disciplines (sociologie, psychologie sociale, sciences de l’éducation, ethnologie, sciences politiques, géographie humaine…), l’objectif étant de permettre l’échange scientifique et les confrontations disciplinaires autour d’objets transversaux aux sciences humaines.

1. Thématique

Le sens retenu pour la notion de critique et sur lequel nous souhaitons engager la discussion est celui qui lui est donné par son origine grecque (kriticos) et une de ses origines latines[2](criticus) à savoir la critique comme jugement. Autrement dit, nous nous intéresserons ici à la critique comme examen d’un acte, d’un principe voire d’une personne, que celui-ci repose sur une appréciation esthétique, philosophique, politique ou sur tout autre principe ou valeur.

Pour ce faire, nous proposons d’aborder la notion par ses usages, en prenant deux entrées :

  • les usages de la critique par les acteurs sociaux (sur 3 demi-journées ; les communicants seront sélectionnés après réponse à cet appel à contributions)
  • les usages de la critique dans et par les sciences sociales (sur 1 demi-journée ; pas de communications mais un débat entre tous les participants qui clôturera la rencontre)

  1. Les usages de la critique par les acteurs

(L’appel à contributions porte seulement sur cette partie)

On peut distinguer plusieurs emplois de la critique : certains sont stabilisés et bénéficient d’une visibilité sociale voire d’une certaine reconnaissance professionnelle ; d’autres sont plus flous et ne sont pas forcément labellisés comme tels.

Les communications pourront porter par exemple sur un des usages les plus courants : la critique comme jugement esthétique. On pourra remarquer notamment que si l’exercice relève d’un usage savant, institutionnalisé et professionnalisé de la critique (parfois critiqué à son tour par les artistes, comme en témoigne la fameuse phrase de Destouches « la critique est aisée, et l’art est difficile »), c’est aussi une « compétence populaire » exercée, comme le montre la sociologie de l’expertise culturelle[3], quasi quotidiennement par tout un chacun en tant que public.

Les communications pourront également envisager la critique comme une remise en cause, un jugement défavorable, qu’il relève d’une pratique collective, organisée par des groupes plus ou moins structurés ou au contraire d’une pratique individuelle.

Du point de vue collectif, les exemples sont nombreux et s’inscrivent dans des domaines très divers : les militants qui se sont chargés de la critique du Traité Constitutionnel Européen, les coordinations d’intermittents face au protocole de réforme de leur régime d’indemnisation du chômage, la dénonciation de pratiques commerciales par les associations de consommateurs… Bref, tout un ensemble de situations où la critique est plus ou moins synonyme de contestation, qu’elle porte sur un micro-objet (les tarifs des SMS) ou sur le fonctionnement général de la société (critique du libéralisme mondialisé).

Du point de vue d’une pratique individuelle, elle est par définition moins organisée et structurée et est donc plus diffuse dans la vie des individus (critique de sa charge ou de ses horaires de travail, de l’augmentation du prix des carburants…). On s’intéressera donc aux diverses formes que prend cet usage ordinaire de la critiqueet à la manière dont ces comportements individuels s’agrègent à du collectif (adhésion à un syndicat ou une association de consommateur) ou restent au contraire circonscrits à un réseau restreint de relations interpersonnelles (famille, amis, collègues…).

Dans tous les cas, il s’agira de s’interroger sur les modalités concrètes de la critique :

- Sur quels critères, quels principes repose le jugement ?

- Comment s’organise une critique collective ? Comment les différents acteurs se mettent-ils d’accord sur une manière commune de juger ?

- Qu’est-ce qui légitime ou discrédite celui ou ceux qui porte(nt) la critique ?

Un des modèles les plus diffusés d’analyse sociologique de la critique est bien entendu celui des « économies de la grandeur », que Luc Boltanski définit lui-même comme une sociologie de la critique : « instrument pour analyser les opérations qu’accomplissent les acteurs lorsque, se livrant à la critique, ils doivent justifier les critiques qu’ils avancent, mais aussi lorsqu’ils se justifient face à la critique ou collaborent dans la recherche d’un accord justifié »[4]. Mais l’intérêt de la rencontre résidera dans la confrontation des différentes approches possibles d’un même objet.

B. Les usages de la critique dans et par les sciences sociales

(Pas d’appel à contributions sur cet axe. La discussion sera ouverte à tous les participants).

En référence à une longue tradition philosophique (des sceptiques à Kant, en passant par Montaigne et Descartes) certains courants des sciences sociales ont fait de la critique leur projet épistémologique. On pense bien sûr aux travaux de l’Ecole de Francfort ou à ceux de Pierre Bourdieu, qui proposent chacun à leur manière de lever le voile sur le fonctionnement social : ses déterminismes, ses mécanismes de domination, ses rapports de force…

Plusieurs postures sont possibles. Le chercheur peut intégrer à sa démarche scientifique le principe du dévoilement ou de la « dénonciation » propre à la démarche critique (ce qui pose certaines questions épistémologiques comme celle du rapport entre le savant et le politique[5]ou celle de la figure de l’intellectuel engagé qui met ses compétences et le prestige lié à sa position sociale au service d’une cause - Foucault et les prisons, Bourdieu et le mouvement des chômeurs de 95…). Mais le chercheur peut aussi envisager d’être non pas celui qui critique lui-même dans son travail le fonctionnement social mais celui qui est le porte-parole des acteurs qu’il observe, et donc éventuellement celui d’une critique. C’est le sens que donne Michel Callon au chercheur comme porte-parole, qui fait exister son objet, qui est engagé dans une « performation de la réalité »[6]. Dans cette perspective, « le sociologue ne dévoile pas : il représente »[7], même si « parler au nom de » revient finalement à « parler à la place de ».

La question centrale que nous soumettrons à la discussion lors de la demi-journée de clôture de cette rencontre est donc celle, classique, du rôle, de la responsabilité sociale du chercheur en sciences humaines, avec toutes les implications méthodologiques, théoriques et plus largement épistémologiques que le choix de sa posture suppose.

2. Le comité scientifique

Sabrina Leyendecker, Quidora Morales-La Mura, François Oudin, Alexia Serre, Jérémy Sinigaglia, Sabrina Sinigaglia-Amadio, Christelle Stupka.

3. Normes et transmission des documents

Les projets de communication (4000 signes maximum) doivent être envoyés par courrier électronique à l’adresse suivante : rjcsep@gmail.com

Ils doivent spécifier la problématique qui sera soumise à la discussion et le terrain sur lequel s’appuie l’enquête. Les propositions strictement théoriques ne seront pas retenues.

D’un point de vue pratique, les propositions doivent comporter le nom de l’auteur et leur affiliation (nom du laboratoire d’appartenance et université, l’adresse postale et e-mail, numéro de téléphone personnel) ; titre de la communication et des mots clé (5 maximum).

Les textes seront présentés aux formats .doc ou .rtf

4. Echéances

Date limite d’envoi des propositions : 15 mars 2007

Les communicants seront informés le 15 avril 2007 des contributions retenues par le comité scientifique.

Contact : rjcsep@gmail.com



[1] L’Arthemetz (Atelier de réalisation de thèse, Metz) est un atelier pluridisciplinaire (sociologie, ethnologie, philosophie) animé par et pour les doctorants de l’Université Paul-Verlaine de Metz.

[2] Nous avons évacué volontairement l’origine latine « crisis » qui renvoie à la critique comme crise (phase critique).

[3] Leveratto J.-M., Introduction à l’anthropologie du spectacle, Paris, La dispute, 2006, 340 p.

[4] Boltanski L., « Sociologie critique et sociologie de la critique », Politix, vol. 3, 1990, p. 124.

[5] Weber M., Le savant et le politique, Paris, Plon, 10/18, 1959.

[6] Callon M., « Ni intellectuel engagé, ni intellectuel dégagé : la double stratégie de l’attachement et du détachement », Sociologie du travail, n°41, 1999, p. 66.

[7] Ibid., p. 68.

Catégories

Lieux

  • Metz, France

Dates

  • jeudi 15 mars 2007

Contacts

  • Le comité scientifique de la RJCSEP 2007 ~
    courriel : rjcsep [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Jeremy Sinigaglia
    courriel : jsinigaglia [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« La critique dans tous ses états », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 15 janvier 2007, http://calenda.org/192534