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Constructivisme et éducation

Construction intra/intersubjective des connaissances et du sujet connaissant

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Publié le jeudi 18 janvier 2007 par Natalie Petiteau

Résumé

Ce colloque interdisciplinaire, qui aura lieu du 10 au 12 septembre 2007 à Genève, a pour visée première de faire partager à un public élargi l’état des recherches et des réflexions concernant les processus internes à chaque sujet aussi bien que les interactions sociales et l’apport culturel dans les acquisitions cognitives et l’essor des connaissances.

Annonce

Présentation

Ce colloque interdisciplinaire, qui aura lieu du 10 au 12 septembre 2007 à Genève, a pour visée première de faire partager à un public élargi l’état des recherches et des réflexions concernant les processus internes à chaque sujet aussi bien que les interactions sociales et l’apport culturel dans les acquisitions cognitives et l’essor des connaissances.
Le monde de l’éducation adopte couramment aujourd’hui des prises de position issues autant du constructivisme génétique de Piaget que du socio-constructivisme associé aux noms de Vygotski et de Bruner. Loin d’être nécessairement contradictoires, la plupart des recherches associées à ces deux paradigmes peuvent être considérées comme complémentaires dans leurs objectifs : les unes insistent sur les processus internes grâce auxquels chaque individu est appelé à reconstruire des connaissances déjà acquises et peut-être à en créer de nouvelles, alors que les autres, aujourd’hui majoritaires en nombre, mettent en lumière comment l’acquis culturel et social est à même, par le jeu des interactions interindividuelles, d’orienter et d’enrichir les apprentissages des sujets.
Peu d’efforts ont été à ce jour consacrés à mettre en relation ces deux perspectives qui toutes deux reconnaissent que les connaissances humaines ne sont pas le décalque pur et simple d’une réalité préexistante. En permettant à des spécialistes des disciplines concernées d’échanger leurs connais-sances et leurs réflexions autour du thème de ce colloque, nous souhaitons faire avancer une coordination qui nous paraît nécessaire aussi bien sur le plan théorique que pour ses conséquences sur les pratiques éducatives.
Le colloque sera composé de conférences plénières ainsi que de symposiums, de sessions de communications orales (individuelles), et d’une session de communications affichées. Un appel à contribution est lancé pour les sysmposiums, les sessions de communications orales et la session de communications affichées (posters).
La durée totale d'un symposium est de 1h30. Chaque symposium est composé de 3 présentations orales d'une durée de 20 minutes, 30 minutes étant réservées à la discussion. Chaque symposium est organisé par une personne dont la responsabilité est de réunir et de coordonner les intervenants, de veiller à la pertinence des communications par rapport aux thèmes proposés, et au bon déroulement de la session. Cette personne se charge également de communiquer les résumés des interventions au comité du colloque dans les délais prévus.
La durée de chaque communication orale individuelle est de 20 minutes, suivies de 10 minutes de discussion. Les communications individuelles sont regroupées par les organisateurs du colloque dans des sessions de 1h30.
Les propositions de symposium et de communication sont composées de résumés de 250 mots au maximum décrivant le contenu des présentations. Elles peuvent être envoyées par courrier électronique à l’adresse : jean-jacques.ducret@etat.ge.ch.
Délai pour les propositions de symposium et de communication orale: 15 avril 2007.
Délai pour les proposition de communication affichées: 30 avril 2007.

Argumentaire

Comment se coordonnent au sein de l’individu et entre les individus les processus de construction et de transmission des connaissances et qu’en est-il des sujets de connaissance? Telles sont les deux questions centrales de ce colloque.

Puisant ses racines dans la philosophie kantienne des sciences, le constructivisme épistémologique accorde au sujet et à son activité un rôle déterminant dans l’acquisition des connaissances de tout ordre, plus spécialement logico-mathématiques et physiques. À sa source, chez Kant, cette thèse résultait d’une réflexion critique sur les conditions de possibilité de jugements objectifs s’imposant avec nécessité à tout être de raison ; depuis, elle a été largement confirmée par de nombreuses études historiques et psychologiques, en particulier par les enquêtes réalisées par Piaget et ses collaborateurs sur la psychogenèse de l’intelligence et des catégories de la pensée chez l’enfant et l’adolescent. Dans toutes les sociétés, on constate que l’enfant accède par étapes successives à des notions universelles de plus en plus étendues et compréhensives de temps, d’espace, de nombre, de causalité, etc. Cependant, depuis les travaux classiques de psychologie génétique effectués pour la plupart dans la première moitié du 20e siècle et jusqu’aux années soixante, deux ensembles de recherche ont conduit à une double relativisation du rôle du sujet individuel dans la lente construction de ses connaissances. Du côté de l’hérédité biologique de l’individu, l’hypothèse est aujourd’hui largement acceptée que les activités constructives du sujet individuel prennent appui sur une organisation cérébrale résultant très largement de l’évolution biologique et qui les canalise de façon plus ou moins étroite. Du côté de l’héritage social, on sait bien –  les recherches récentes inspirées par les thèses d’auteurs tels que Vygotski et Bruner, insistent sur ce point – que les individus ne sont pas isolés ; les enfants en particulier construisent leurs connaissances en ayant constamment ou presque en vue le monde extérieur, et en particulier d’autres enfants mais aussi les adultes éducateurs et enseignants qui interagissent avec eux (et entre eux). Ce monde adulte est monde de culture, à savoir le produit de toute une histoire, enrichi et transmis de génération en génération à travers les millénaires, et qui depuis plusieurs siècles est conservé non plus seulement par les coutumes et la langue orale, mais dans cette mémoire extérieure que sont les supports matériels de l’écrit, de l’image et, plus récemment, du son.

Ainsi, comme Guy Cellérier le relevait lors du premier colloque «Constructivisme et éducation», aujourd’hui le constructivisme paraît nécessairement être un pluriconstructivisme intégrant, d’une manière qu’il reste à mieux comprendre, le triple apport – indissociable mais non pas inanalysable – des constructivismes phylogénétique, psychogénétique et sociogénétique. Il reste cependant que le sujet individuel remplit et ne peut pas ne pas remplir une fonction centrale dans le pluriconstructivisme, en ce sens qu’il est le «lieu» où interagissent de manière subjectivement orientée l’activité individuelle, l’acquis phylogénétique et l’apport culturel et social, le tout nécessairement composé (pour la première) ou filtré (pour les deux derniers) par les schèmes d’action et de pensée. La pédagogie le sait bien qui reconnaît que sans un minimum d’investissement des sujets apprenants, rien ne sera transmis à l’élève, rien ne sera appris, reconstruit par lui.

Le but de ce troisième colloque «Constructivisme et éducation» est alors très clair. À partir de différents horizons disciplinaires, il s’agit de mettre en lumière ce que l’on sait aujourd’hui des processus intra et intersubjectifs par lesquels les sujets construisent leurs connaissances en relation avec la constitution de leur propre identité. Plusieurs interrogations fondamentales se rattachent à cet objectif, dont, en tout premier lieu la question de ce qu’il convient d’entendre par sujet, mais aussi celle de savoir comment processus intrasubjectifs et intersubjectifs interagissent de manière variée selon les différents champs de connaissance et selon que l’on a affaire à des constructions originales de connaissance ou au contraire à des reconstructions à travers les réappropriations individuelles ou collectives, ou encore à travers les apprentissages scolaires.

Ces interrogations seront abordées lors d’une série de conférences plénières impliquant la philosophie kantienne et son héritage, l’épistémologie génétique, la neuroscience, la sociologie, la psychologie du développement, la linguistique et psycholinguistique, la psychanalyse et la pédagogie. Elles seront également traitées lors de symposiums et de sessions de communications individuelles dans lesquelles nous nous efforcerons d’intégrer des visions multiples et complémentaires sur les processus intra et intersubjectifs de construction des connaissances et des sujets de la connaissance. Pour être fondamentales, ces interrogations n’en concernent pas moins, non seulement la communauté des scientifiques et des philosophes, mais le monde de l’éducation et de l’enseignement. Le constructivisme est aujourd’hui matière à débat – parfois virulent – non plus seulement dans le monde clos de la recherche, mais également chez l’ensemble des personnes intéressées par l’école et ses finalités. Dès lors, vu ses implications sur l’éducation et donc sur le devenir des sociétés fortement scolarisées, il convient d’éviter les enfermements dans des visions étroitement doctrinaires et/ou idéologiques. Des réflexions approfondies autour de ces questions, une synopsis des réponses que les disciplines actuelles y apportent, un franc débat à leur sujet devraient permettre d’éviter les réductions et leur effet potentiellement négatif pour l’éducation et l’enseigement.



Le colloque sera composé de conférences plénières ainsi que de symposiums, de sessions de communications orales (individuelles), et d’une session de communications affichées. Un appel à contribution (voir ci-dessous) est lancé pour les symposiums, les sessions de communications orales et la session de communications affichées (posters).


Liste des conférenciers invités

Eve V. CLARK - Prof. linguistique, Département de linguistique, Université de Stanford, USA. 
Titre de la conférence:Les adultes comme source de construction des connaissances linguistiques des enfants.

Marcel CRAHAY - Prof. psychologie de l'éducation, Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation, Université de Genève, Suisse
Titre de la conférence: La construction des connaissances à la lumière de la dialectique «apprentissage / enseignement».

Jean DECETY - Prof. neurosciences sociales et cognitives, Département de psychologie, Université de Chicago, USA
Titre de la conférence: Les échanges entre soi et autrui, et la construction des connaissances, sous l'angle de la neuroscience.

Vincent DE GAULEJAC - Prof. sociologie, U.F.R. de Sciences sociales, Université de Paris 7, France
Titre de la conférence:Les processus de construction du sujet du point de vue de la sociologie clinique

Michel DELEAU - Prof. psychologie du développement, Département de psychologie, Université de Rennes 2,  France
Titre de la conférence: Des interactions sociales aux médiations sémiotiques: la prise en compte de l'historicité dans une perspective constructiviste.

Muriel GILBERT - Dr. psych., maître-assistante en psychologie clinique, Institut de psychologie, université de Lausanne, Suisse
Titre de la conférence: Se constituer comme sujet de connaissance dans la perspective psychanalytique: une question de désir?

Michèle GROSSEN - Prof. psychosociologie clinique, Institut de psychologie, Université de Lausanne, Suisse 
Titre de la conférence:Intersubjectivité et apprentissage: une approche dialogique.

Isabelle THOMAS-FOGIEL - Dir. rech., École doctorale de philosophie, Université de Paris 1, France
Titre de la conférence:Le sujet, chez Kant et chez Fichte.



Appel à communications


En plus des conférences prévues pour les sessions plénières, le colloque sera composé de symposiums, de sessions de communications individuelles orales et d’une session de communications affichées (posters).


Les personnes souhaitant organiser des symposiums ou présenter des communications orales sont priées d'envoyer leur proposition dans les délais et à l'adresse décrits plus loin.


Conditions de soumission

Les propositions présentées devront porter sur des thèmes en lien avec les questions soulevées dans le descriptif du colloque. A ce titre, il est indispensable pour chaque proposition de préciser en quoi elle apporte des éléments de réponse en rapport à ces questions.


Précisions concernant les présentations orales


Proposition de symposium

La durée totale d'un symposium est de 1h30. Chaque symposium est composé de 3 présentations orales d'une durée de 20 minutes, 30 minutes étant réservées à la discussion.

Chaque symposium est organisé par une personne dont la responsabilité est de réunir et de coordonner les intervenants, de veiller à la pertinence des communications par rapport aux thèmes proposés, et au bon déroulement de la session. Cette personne se charge également de communiquer les résumés des interventions au comité du colloque dans les délais prévus. Elle se charge également de recueillir les textes qui, sous réserve d'acceptation, seront reproduits dans les actes du colloque 2007.

Le/la responsable de l'organisation d'un symposium bénéficiera de la gratuité d'inscription au colloque.


Proposition de communication individuelle

La durée de chaque présentation individuelle est de 20 minutes, suivies de 10 minutes de discussion. Les communications individuelles sont regroupées par les organisateurs du colloque dans des sessions de 1h30.


Formats des propositions

Les propositions de symposium et de communication orale sont composées de résumés de 250 mots au maximum décrivant le contenu des présentations. Les soumissionnaires sont invités à envoyer leur(s) proposition(s) – si possible par internet – en respectant les règles suivantes:


Communication orale individuelle

Le résumé de 250 mots doit comporter le titre de la communication, le nom, le statut, l'affiliation et l'adresse complète de l'auteur, ainsi que 3 mots-clés.


Symposium

Chaque proposition de symposium contient les résumés des trois communications qui le composent, ainsi qu’un résumé général ne dépassant également pas 250 mots. Chaque résumé doit comporter le titre de la communication, le nom, le statut, l'affiliation et l'adresse complète de l'auteur, ainsi que 3 mots-clés.

Les résumés des propositions retenues seront distribués au début du colloque à chacun des participants et placés auparavant sur le présent site.


Le nombre total de communications admises sera limité par le nombre de sessions prévues et le nombre de salles disponibles.


Les textes des communications retenues seront insérés dans les actes du colloque (parution prévue 2008), pour autant qu’ils satisfassent les critères envoyés aux auteurs après acceptation des propositions.


Délais de soumission

Symposiums, et communications orales: 30.4.2007 (réponse de l’organisateur : le 15.05.2007).


Communications affichées (« Posters »)

Une quarantaine de panneaux seront à disposition pour des communications affichées. Les résumés (250 mots maximum) des propositions de posters acceptées seront insérés dans le programme que recevront les participants au début du colloque. Les personnes souhaitant proposer une communication affichée sont priées de faire parvenir leur projet de résumé au plus tard le 30.4.2007 (réponse de l'organisateur : le 15.05.2007).

Adresse pour l'envoi des propositions

jean-jacques.ducret@etat.ge.ch.


Catégories

Lieux

  • Genève, Confédération Suisse

Dates

  • lundi 30 avril 2007

Contacts

  • Jean-Jacques Ducret
    courriel : jean-jacques [dot] ducret [at] etat [dot] ge [dot] ch

Source de l'information

  • Jean-Jacques Ducret
    courriel : jean-jacques [dot] ducret [at] etat [dot] ge [dot] ch

Pour citer cette annonce

« Constructivisme et éducation », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 18 janvier 2007, http://calenda.org/192554