AccueilTerritoires, territorialité, territorialisation : et après ?

Territoires, territorialité, territorialisation : et après ?

Les Entretiens de la Cité des Territoires

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Publié le jeudi 01 février 2007 par Natalie Petiteau

Résumé

Les Entretiens sont organisés par l’UMR PACTE, à la Cité des Territoires de Grenoble, dans le cadre des manifestations scientifiques du centenaire de l’Institut de Géographie Alpine. Il consistera en 12 conférences sur 2 jours, présentées par des personnalités scientifiques internationales et discutant les quatre questions suivantes: 1. Quelle mise en commun des épistémologies des sciences humaines et sociales autour du concept de territoire ? 2. Quelle universalité des approches malgré les différences de contextes nationaux ? 3. Quelle efficacité instrumentale et portée opératoire ? 4. Quelle prospective conceptuelle pour les rapports de la société à l'espace ?

Annonce

Les 7 et 8 juin 2007 dans le cadre des 100 ans de l'Institut de Géographie Alpine, Grenoble

Aucun concept n'est éternel, quel que soit le rôle heuristique qu'il a pu jouer. Le concept de territoire est apparu il y a plus de vingt ans dans la production scientifique de géographes (Raffestin, Roncayolo, Brunet, Frémont, Sack, Turco, etc.), de sociologues (Marié, Barel, Ganne, etc.), d’économistes (Becattini, Bagnasco, Brusco, Triglia, etc.) et d’autres auteurs en sciences sociales (Allies, Lepetit, etc.) avant de connaître une formidable diffusion dans le domaine des sciences et, peut-être surtout, dans celui de l’action publique et collective. Plus encore que le mot générique, ceux de territorialité et de territorialisation ont rassemblé de nombreux collectifs de recherche - pas seulement en France - et stimulé une abondante production scientifique. Ils ont aussi justifié des orientations de politiques publiques explicitement déduites du discours social et, en son sein, du discours scientifique. Il convient cependant de s’arrêter immédiatement sur cette genèse classique : n’est-elle pas pour une bonne part une reconstruction a posteriori, le résultat d’une capacité collective à rendre visible et performative une notion au fond pas si nouvelle, plutôt qu’un tournant paradigmatique ? La première question du colloque est très simple : « au commencement… ? ». Quoi qu’il en soit, depuis cette « origine », jamais le concept de territoire n’aura fait l’unanimité parmi ses penseurs, ses experts, ses pratiquants ou ses praticiens. On parle de plus en plus souvent de « sciences du territoire », en restant prudent sur le champ en question, et l’idée qu’il existerait un paradigme territorial est contestée : les systèmes théoriques qui ont été proposés en son nom, semblent avoir davantage stimulé les alternatives que les rassemblements. Le « territoire » a pendant longtemps offert une commodité conceptuelle à de nombreux raisonnements qui portaient l’ambition de dire à la fois ce qu’étaient les processus sociaux lorsqu’ils s’inscrivaient dans l’espace et, en même temps, ce qu’était l’espace saisi par ces processus. Forme circonscrite et repérable, ajustable et modelable, multi-scalaire et multiculturelle, le territoire pouvait être doté de vertus multiples (appartenance, identification, différenciation, …). Mais en tant que boîte noire typique de la science sociale, il devenait inconfortable d’où l’intérêt de sa double mise en perspective : • Le territoire serait lié à de la territorialité activée, avec le cortège des questions sur les actions, les pratiques, les mobiles, les intentions, les ressorts, les genèses, les histoires particulières et les attendus cognitifs qui accompagnent la construction et/ou la production des territoires. • Et le territoire renverrait également à la territorialisation, en tant qu’ensemble de processus engagés par les systèmes d’acteurs et/ou d’agents, par les organisations sociales et politiques, par les dispositifs et procédures ad hoc, par les rapports de force et les mises en tension, par des déterminants économiques et structurels, par des configurations génériques existantes et/ou des configurations particulières émergentes, permettant de faire advenir le territoire, le faire exister, se maintenir et parfois de devenir opératoire. Mais finalement peu de travaux ont proposé de systématiser les rapports que ces trois concepts pouvaient entretenir entre eux en vue de constituer une théorisation suffisamment robuste pour éclairer le réel, notre époque et ce qui fait société aujourd’hui. C’est également une des ambitions de ces deux journées de communications et de débats. On peut certes se réjouir de cette diversité d’approches, de sens et d’usages, et du moteur de recherche que les concepts de territoire, territorialité et territorialisation auront constitué, malgré leur hétérogénéité ou grâce à elle, pour plusieurs générations de chercheurs de nombreuses disciplines. Il serait cependant regrettable de ne pas tenter de tirer davantage de leçons de la trajectoire remarquable d’un mot et de ses déclinaisons, qui restent singulièrement envahissants bien que régulièrement critiqués. Rassemblés dans un milieu scientifique pour lequel les concepts de territoire, de territorialité et de territorialisation jouent depuis de longues années un rôle majeur, les organisateurs de ce colloque interdisciplinaire et international souhaitent soumettre à leurs invités les questions et les réflexions suivantes, en quatre grands champs. internationales et discutant les quatre questions suivantes:

1. Quelle mise en commun des épistémologies des sciences humaines et sociales autour du concept de territoire ?

2. Quelle universalité des approches malgré les différences de contextes nationaux ?

3. Quelle efficacité instrumentale et portée opératoire ?

4. Quelle prospective conceptuelle pour les rapports de la société à l'espace ?

Sur ces quatre grandes questions, prises individuellement ou transversalement, dans leur totalité ou de façon sélective, les organisateurs de la rencontre attendent des propositions résolument théoriques, épistémologiques et comparatives, susceptibles de contribuer à un quadruple dialogue : entre disciplines ; entre contextes scientifiques nationaux ; entre science et action ; entre bilan et perspective. Les sciences humaines et sociales se réfèreront-elles avec le même appétit aux concepts de territoire, de territorialité et de territorialisation dans vingt ans ? Cette question interpelle tout autant les jeunes chercheurs qui baignent aujourd'hui dans le paradigme territorial, que les plus anciens, qui lui ont tant donné.

Catégories

Lieux

  • Institut de Géographie Alpine, Cité des Territoires, 14bis Avenue Marie Reynoard, 38 100 Grenoble
    Grenoble, France

Dates

  • jeudi 07 juin 2007

Mots-clés

  • Territoire, territorialité, territorialisation

Contacts

  • Olivier Alexandre
    courriel : olivier [dot] alexandre [at] ehess [dot] fr

Source de l'information

  • Olivier Alexandre
    courriel : olivier [dot] alexandre [at] ehess [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Territoires, territorialité, territorialisation : et après ? », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 01 février 2007, http://calenda.org/192616