AccueilL'économie informelle et le travail au noir

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Publié le lundi 05 février 2007 par Corinne Cassé

Résumé

Selon plusieurs études, la taille de l’économie informelle (non criminelle) est non négligeable dans les pays de l’OCDE. Elle est par exemple estimée, pour le Royaume-Uni sur données microéconomiques (Family Expenditure Survey 1993) à au moins 9.24% du PIB par Lyssiotou, Pashardes et Stengos (1999). Par ailleurs (même s’il y a débat sur la question) selon Schneider et Enste (2000, 2003), il y a eu un accroissement continu de l’économie informelle dans la plupart des pays de l’OCDE (y compris les Etats-Unis) de 1960 à 1999.

Annonce

Appel à communication pour un colloque interdisciplinaire (sociologie, économie, anthropologie, droit) sur le travail au noir et l'économie informelle.

Ce colloque, organisé par la fédération de recherche TEPP (Travail, Emploi, Politiques publiques) aura lieu le 17 septembre 2007 à l'Université de Marne-la-Vallée.

Argument scientifique  

Selon plusieurs études, la taille de l’économie informelle (non criminelle) est non négligeable dans les pays de l’OCDE. Elle est par exemple estimée, pour le Royaume-Uni sur données microéconomiques (Family Expenditure Survey 1993) à au moins 9.24% du PIB par Lyssiotou, Pashardes et Stengos (1999). Par ailleurs (même s’il y a débat sur la question) selon Schneider et Enste (2000, 2003), il y a eu un accroissement continu de l’économie informelle dans la plupart des pays de l’OCDE (y compris les Etats-Unis) de 1960 à 1999. Les raisons de cet accroissement sont multiples : le système fiscal, les charges sociales, l’intensité de la régulation administrative des marchés (barrières commerciales, restriction d’accès au marché du travail pour les étrangers,…), le marché du travail (réduction du temps de travail, coût salarial,…), la qualité des services offerts par le secteur public (plus cette qualité sera grande et moins il y aura incitation à investir dans l’économie informelle), etc.

La définition même de l’économie informelle et du travail au noir fait débat, comme en témoigne la récente loi suisse contre le travail au noir, qui a renoncé à définir son objet sinon par l’ensemble des législations diverses (droit du travail, droit fiscal, droit social, droit des étrangers…) auxquelles il contrevient. Du côté des économistes, la question des limites entre production domestique et offre de travail reste un enjeu théorique fort. Du côté des anthropologues, c’est la définition sociale du travail qui pose question, dans des contextes où les cadres formels du travail salarié, du travail indépendant et du travail familial ne sont pas fixés par la loi ou varient selon les contextes nationaux.
Plutôt que de laisser le soin aux statisticiens de définir le phénomène à partir de cadres théoriques et légaux diversifiés, le colloque souhaite favoriser la réflexion sur la construction même de ces catégories, en promouvant l’observation ethnographique des frontières entre économie domestique et économie officielle, en confrontant les cadres théoriques et les cadres légaux disponibles, en rassemblant des travaux consacrés aux pays de l’OCDE, aux pays en développement, aux pays émergents et aux anciens pays de l’Est, et en organisant la rencontre entre des spécialistes de plusieurs disciplines : économie, sociologie, anthropologie.

  Sept thèmes seront au cœur de ce colloque :

  • L’analyse des frontières du travail au noir (définition, questions juridiques…)
  • La description ethnographique et l’évaluation statistique du travail au noir
  • La complémentarité ou la substituabilité du travail au noir par rapport au travail « légal »
  • Les analyses économique et économétrique des déterminants de l’offre de travail au noir
  • Les analyses économique et économétrique des déterminants de la demande de travail au noir (en prenant en compte aussi celle de la part des employeurs particuliers)
  • L’incidence des nouvelles technologies sur l’offre de travail au noir
  • L’analyse des politiques publiques de réduction du travail illégal


    Pour plus d'informations, le site internet du colloque est à votre disposition :
    www.cee-recherche.fr/colloque_tepp/eco_informelle/

 

Projet de communication en anglais ou en français (Résumé en français ou en anglais d’une page accompagné le cas échant de l’article complet)
à envoyer avant le 23 mars 2007 à eco-informelle@cee-recherche.fr


Réponse du comité scientifique avant le 7 mai 2007
Texte intégral pour le 17 août 2007

 

Un numéro spécial dans une revue, ainsi que la publication d’un livre sur les politiques publiques de lutte contre le travail illégal, sont prévus.

Lieux

  • Université de Marne-la-Vallée
    Champs-sur-Marne, France

Dates

  • vendredi 23 mars 2007

Contacts

  • Envoi des textes de proposition
    courriel : eco-informelle [at] cee-recherche [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Sarah Abdelnour
    courriel : eco-informelle [at] cee-recherche [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'économie informelle et le travail au noir », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 05 février 2007, http://calenda.org/192634