AccueilAménagement urbain et transition post-keynésienne

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Publié le vendredi 09 février 2007 par Marianne Blidon

Résumé

Les impacts du post-fordisme sur les activités, les populations urbaines et les politiques d’aménagement ont fait l’objet de nombreux travaux, mais ceux du post-keynésianisme restent à explorer. Ce colloque se fixe comme objectif d’analyser à la fois la réalité et l’ampleur du post-keynésianisme, et particulièrement les conséquences de cette éventuelle remise en cause sur les pratiques, les moyens disponibles, les cultures et les objectifs affichés par les acteurs de l’aménagement urbain.

Annonce

Colloque "Aménagement urbain et transition post-keynésienne"

Le keynésianisme constitue une des principales théories de l’économie politique, il représente aussi la doctrine dominante qui, durant les « Trente Glorieuses », a justifié et guidé la mise en place de politiques publiques volontaristes et ambitieuses. En matière d’aménagement, ces politiques ont reposé sur un modèle d’intervention qui attribuait aux pouvoirs publics, et principalement à l’Etat, un rôle essentiel aussi bien en matière économique qu’en matière sociale. Ce modèle, intimement articulé au mode « fordiste » d’organisation de la production et des rapports sociaux, dota l’Etat d’une légitimité très forte. Celle-ci lui permit d’exproprier très facilement, d’investir massivement en vue de moderniser le territoire, l’appareil productif et la société. En outre, à cette légitimité tant politique que macro-économique, s’ajoutait le fait que les ressources budgétaires disponibles étaient alors considérables puisque les dommages de guerre, le plan Marshall et un fort taux d’inflation apportèrent sans difficulté à la puissance publique les financements requis pour qu’elle organise l’urbanisation et l’équipement du territoire.

Depuis le début des années 1980, sur fond de réduction de l’inflation et d’entrée dans une ère de taux d’intérêt positifs, d’une part, et de virage néo-libéral associé à la mondialisation, d’autre part, le modèle keynésien et les éléments constitutifs du fordisme ont simultanément été remis en cause. Si le fordisme et le keynésianisme formaient système dans le cadre de la « seconde révolution industrielle », le passage à « la troisième révolution industrielle », avec l’atteinte aux compromis nationaux entre capital et travail qui en découle, n’entraîne-t-il pas également un affaiblissement théorique du keynésianisme aussi bien qu’une difficulté pratique à mobiliser les ressources budgétaires permettant de stimuler l’économie et de piloter l’action publique, notamment en matière d’aménagement urbain ? En outre, depuis vingt-cinq ou trente ans, sur fond de décentralisation et de désengagement de l’État, le financement des aménagements et des équipements est devenu de plus en plus difficile. Les procédures se sont complexifiées, en cherchant à mobiliser une diversité de partenaires locaux et privés. On a pu parler un temps, au cours des premières années de la décentralisation, d’un « keynésianisme des collectivités territoriales », agissant au nom du développement local, se substituant à l’interventionnisme d’État. Mais les masses budgétaires mobilisées à cet effet et leurs impacts macro-économiques restèrent sans commune mesure avec celles qui servirent à reconfigurer complètement le territoire et l’appareil productif durant les Trente glorieuses.

Les impacts du post-fordisme sur les activités, les populations urbaines et les politiques d’aménagement ont fait l’objet de nombreux travaux, mais ceux du post-keynésianisme restent à explorer. Ce colloque se fixe comme objectif d’analyser à la fois la réalité et l’ampleur du post-keynésianisme, et particulièrement les conséquences de cette éventuelle remise en cause sur les pratiques, les moyens disponibles, les cultures et les objectifs affichés par les acteurs de l’aménagement urbain. Il sera organisé sur la base de trois ateliers consacrés aux thématiques suivantes :

  1. L’adaptation, l’inertie ou la résistance de la culture et de la pratique aménageuses face à la transition post-keynésienne ;
  2. Les évolutions économico-socio-démographiques, la redéfinition de la demande et le recalibrage de l’action publique urbaine ;
  3. L’aménagement post-fordiste, l’action publique post-keynésienne et la gouvernance : bilan et perspective. 

Comité scientifique

Georges Benko (Université Paris 1), Paul Boino (Université Lyon 2 / UMR CNRS 5600), Philippe Genestier (Laboratoire RIVES-ENTPE / UMR CNRS 5600), Bernard Jouve (Laboratoire RIVES-ENTPE / UMR CNRS 5600), Gilles Pinson (Université Jean-Monnet Saint-Etienne) et Vincent Renard (Ecole Polytechnique, Laboratoire d’Econométrie UMR CNRS 7657)

Lieu : Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat – Vaulx-en-Velin

Date : 29 juin 2007

Date limite d’envoi des propositions de communication : 2 avril 2007

Modalités : Un titre et un résumé de 1 page maximum mentionnant le numéro de l’atelier dans lequel vous souhaitez communiquer, votre institution de rattachement, le statut (Doctorant, Enseignant-chercheur, Chercheur) et votre adresse de courrier électronique envoyé à  chaire-unesco@entpe.fr

Prix : A l’issue du colloque, un Prix de 1000 euros, attribué par la Chaire UNESCO « Politiques urbaines et citoyenneté », sera attribuée à la meilleure communication présentée par un doctorant.

Lieux

  • Vaulx-en-Velin, France

Dates

  • lundi 02 avril 2007

Mots-clés

  • urbanisme, politiques urbaines, développement économique, planification urbaine, keynésianisme

Contacts

  • Nadine Tavernier
    courriel : chaire-unesco [at] entpe [dot] fr

Source de l'information

  • Bernard Jouve
    courriel : jouve [dot] bernard [at] uqam [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Aménagement urbain et transition post-keynésienne », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 09 février 2007, http://calenda.org/192652