AccueilLes « dérapages » de la guerre du XVIe à nos jours

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Publié le vendredi 16 février 2007 par Marianne Blidon

Résumé

Ce colloque international a pour objet une réflexion sur la transgression, ordonnée ou non, des normes juridiques et sociales qui ont progressivement codifié la pratique de la guerre. Elle insistera sur trois pistes: les variations historiques du seuil de tolérance; les conditions du passage à l'acte (du micro-local au contexte politique et culturel plus général); et la ou les dimensions mémorielles de l'événement, à différentes échelles. Il conviendra de prendre en compte les témoignages des contemporains, l'iconographie, les médias. Dans une recherche de transdiciplinarité, sont particulièrement concernés, outre les historiens modernistes et contemporanéistes, les juristes, psychologues, sociologues, politistes...

Annonce

Appel à communication pour un colloque international (4-6 octobre 2007)

De nombreux travaux récents, notamment pour le XXe siècle ont apporté un éclairage sur le phénomène de la « violence de guerre » et ce que d’une façon générale on nomme les « violences extrêmes » ou encore les crimes de masse (génocides et massacres) inscrits dans les séquences de guerre.

Ce colloque se propose de contribuer aux recherches et aux débats déjà bien engagés en déplaçant quelque peu la perspective pour essayer d’approcher le basculement de la guerre, notamment à un micro-niveau, celui des individus ou des petits groupes d’hommes en armes, qui au cœur de l’action « guerrière » ou aux marges de celle-ci, s’adonnent à des actes que des contemporains (témoins, victimes, juristes, etc.) ressentent et dénoncent comme une transgression, comme une extension inacceptable voire illicite du domaine de la guerre.

Ainsi, au travers d’un certain nombre « d’événements » survenant en période de conflits armés où la « démesure » a remplacé la « norme », ce sont les « dérapages », les « franchissements de seuil » de tolérance, individuels ou collectifs (à l’échelle d’un groupe restreint et non d’une armée ou d’une nation dans son ensemble), qui seront questionnés comme des processus complexes « imbriquant des dynamiques collectives et individuelles, de nature politique, sociale, psychologique », culturelle, militaire, économique, etc.

Trois pistes de réflexions sont proposées :

Les variations historiques du seuil de tolérance : il s’agit de s’intéresser aux normes sociales, culturelles, morales, etc., qui pour chaque période et chaque société données, ont tenté de contenir la guerre dans un espace relativement circonscrit (notion de guerre juste, droit des gens, droit de la guerre, conventions internationales, etc.).

Les pratiques, c’est-à-dire sur les passages à l’acte, dans le but d’en interroger les circonstances et les conditions de possibilité dans lesquelles les combattants « dérapent » : une attention particulière sera ici accordée à la chronologie ainsi qu’aux modalités, aux conditions locales de production des « dérapages », que ceux-ci soient ordonnés ou incidents. Outre l’univers mental des participants, pourront ainsi être explorés les notions d’engrenage, celles de dynamique/conformisme de groupe ainsi que les niveaux d’obéissance/désobéissance, de dépendance/d’indépendance des acteurs sociaux... Changeant d’échelle, chaque « dérapage » sera également situé dans son contexte large tant historique (guerre civile, guerre internationale, guerre de conquête, guerre défensive, conflit confessionnel, etc.) que culturel (idéologie ou représentation dominante). De l’incompétence à l’acceptation implicite voire explicite des débordements, sera aussi évalué le niveau d’implication de la hiérarchie militaire et/ou politique ; les préceptes et la mise en œuvre des doctrines militaires seront prises en compte.

La/les mémoire(s) des événements consacrés comme des « dérapages ». Il s’agit d’analyser par qui, quand, comment et pourquoi ces événements « hors normes » ont été relatés/passés sous silence ; affirmés/niés ; revendiqués/refusés ; validés/critiqués ; approuvés/dénoncés ; commémorés/oubliés ; justifiés/condamnés... Soit l’étude de toutes les variantes de leur instrumentalisation dans un sens positif (ces faits de violence sont intégrés) ou négatif (ils sont rejetés). On s’attachera aux résonances de ces événements à différentes échelles, tant temporelles (dans l’immédiateté, dans les constructions mémorielles ultérieures jusqu’à nos jours) que spatiales (du local au national et à l’international). Certains aspects de la grille d’analyse impliquent les contemporains de l’événement : acteurs, témoins, mémorialistes... D’autres concernent les générations suivantes. Une attention particulière devrait être apportée à la phase de construction historiographique dans le cadre national.

Enfin, il conviendrait de prendre en compte tous les matériaux constitutifs de la mémoire sous toutes ses formes : discours, récits, œuvres historiques, iconographiques, littéraires, artistiques... Le rôle des médias (pour l’époque contemporaine) devrait également être sujet à questionnement. Cet appel à communication s’adresse aux chercheurs en sciences humaines et sociales : historiens spécialistes des périodes moderne et contemporaine ; juristes, psychiatres, psychologues, sociologues, politistes, etc.

Comité scientifique : - Burghart Schmidt, maître de conférences université Montpellier III - Bernard Peschot, maître de conférences université Montpellier III - Serge Brunet, maître de conférences université Montpellier III - Frédéric Rousseau, professeur université Montpellier III - René Quatrefages, directeur de recherches CNRS (UMR 5609-ESID)

Calendrier : Il est demandé aux communicants de fournir un bref résumé de la communication projetée (une demi-page) pour le 3 avril au plus tard, à l’adresse suivante : francoise.brette@univ-montp3.fr La publication des Actes du colloque devant survenir début décembre 2007, il est instamment demandé aux communicants de bien vouloir fournir la première version de leur communication pour le 30 septembre au plus tard et la version définitive, après d’éventuelles retouches mineures, pour le 20 octobre au plus tard.

N.B. Le fichier envoyé sous format Word à francoise.brette@univ-montp3.fr ne doit pas dépasser 40 000 signes (graphiques, tableaux, notes et espaces compris)

Lieux

  • université Paul Valéry (Montpellier III), BRED, salle Pierre Jourda
    Montpellier, France

Dates

  • mardi 03 avril 2007
  • jeudi 04 octobre 2007

Mots-clés

  • violences de guerre, transgressions, dérapages, mémoire

Contacts

  • Jean-Marc Lafon
    courriel : jean-marc [dot] lafon [at] univ-montp3 [dot] fr
  • Françoise Brette
    courriel : francoise [dot] brette [at] univ-montp3 [dot] fr

Source de l'information

  • Jean-Marc Lafon
    courriel : jean-marc [dot] lafon [at] univ-montp3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les « dérapages » de la guerre du XVIe à nos jours », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 16 février 2007, http://calenda.org/192701