AccueilLes échanges artistiques entre les anciens Pays-Bas et la France, 1482-1814

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Publié le lundi 26 février 2007 par Marianne Blidon

Résumé

Jusqu’à présent, l’étude des échanges artistiques entre les pays européens à l’époque moderne a toujours privilégié les relations avec l’Italie, considérée comme le berceau de la Renaissance. Afin d’éclairer d’autres aspects de l’art occidental, le présent colloque propose de s’interroger sur les échanges artistiques entre la France et les anciens Pays-Bas (Provinces-Unies et Flandres) selon une chronologie large et selon six thèmes de réflexion : les livres, les artistes, les œuvres, la gravure, les institutions et les zones-frontières. Par le biais de cette rencontre, on espère susciter une confrontation fructueuse et indispensable entre des chercheurs belges, néerlandais et français, mais aussi avec tous ceux qui sont intéressés par ces questions. Pour le détail des thèmes proposés et les modalités pratiques du colloque, voir l'annonce complète. L’envoi des propositions se fera impérativement avant le 30 avril 2007 à Gaëtane Maes (gaetane.maes@univ-lille3.fr) et à Jan Blanc (jan.blanc@unil.ch)

Annonce

Colloque international
Centre de recherches IRHIS - UMR CNRS 8529
Université de Lille 3
Mai 2008



Les échanges artistiques entre les anciens Pays-Bas et la France, 1482-1814



Appel à contributions

Jusqu’à présent, l’étude des échanges artistiques entre les pays européens à l’époque moderne a toujours privilégié les relations avec l’Italie, considérée comme le berceau de la Renaissance. Afin d’éclairer d’autres aspects de l’art occidental de cette période, les historiens de l’art de l’université de Lille 3 se penchent, depuis plusieurs années, sur les relations entre la France et les anciens Pays-Bas – les Provinces-Unies et les Flandres –, en raison de la proximité géographique des deux traditions culturelles. Ainsi, dans le prolongement de trois rencontres précédentes, le thème proposé pour le prochain colloque, prévu en 2008, est le suivant :

"Les échanges artistiques entre les anciens Pays-Bas et la France, 1482-1814"
 
Le titre de ce colloque suppose deux explications. La première concerne la notion d’« échanges artistiques ». Il eût été commode de parler, comme on le fait couramment en évoquant des problématiques semblables, des « influences » ayant marqué les traditions et les recherches artistiques entre ces deux parties de l’Europe moderne. Nous avons choisi de ne pas le faire, non seulement parce que ce concept ne nous paraît pas approprié pour rendre compte de la complexité de ces relations, mais aussi parce que ce colloque souhaite, en un certain sens, redéfinir la notion même d’« échange artistique », en déployant, à travers des exemples précis et variés, l’éventail des « rencontres » entre les artistes français, flamands et hollandais, du XVIe au XIXe siècle.
La deuxième explication regarde le choix de l’intervalle chronologique : 1482-1814. La première borne de cet intervalle correspond à la fin de la période bourguignonne pour les Pays-Bas se traduisant par l'intégration de la Bourgogne au sein du royaume de France. La seconde renvoie à la date du congrès de Vienne, au cours duquel la Belgique est jointe aux Pays-Bas et l'ensemble du royaume confié à Guillaume Ier.
Ainsi, selon une chronologie large – trois siècles et demi – qui tente de prendre en compte les réalités historiques des différents pays en question, il s’agit d’évaluer la nature de ces échanges, en écartant certains aspects qui ont déjà été traités précédemment. Il ne sera pas question du commerce de l’art, ni du collectionnisme, des sujets anciennement connus, qui ont déjà fait l’objet de très nombreux travaux, ainsi que de colloques récents. On privilégiera en revanche les thématiques suivantes :

1. Les livres

Par leur nature, les ouvrages sont un support privilégié d’échanges de compétences et de savoir-faire artistiques, mais aussi de savoirs entre les acteurs de la vie sociale et intellectuelle. Leur étude recouvre deux aspects principaux, suivant que l’on étudie les textes à proprement parler, dans leur dimension matérielle et concrète ou leur contenu, ou les bibliothèques, réelles (inventaires, etc.) ou « virtuelles » (reconstitution des lectures de telle ou telle personne, etc.). Afin d’explorer cette source, différentes orientations peuvent donc être envisagées :

a. L’étude des textes permettrait de mesurer la connaissance par les auteurs français des écrits hollandais et flamands, qu’ils soient théoriques ou historiques – réception française de Philip Angels, Samuel van Hoogstraten, Gerard de Lairesse, Arnold Houbraken, etc. Quels sont les thèmes retenus ? les orientations théoriques majeures ? les critères positifs et négatifs vis-à-vis de la tradition étrangère ?
Une analyse réciproque concernant les écrits français (Roger de Piles, André Félibien, Dezallier d’Argenville, Descamps, etc.) diffusés aux Pays-Bas et dans les Flandres apporterait des éléments complémentaires.
La question des traductions ou des adaptations d’ouvrages (Roger de Piles, Charles-Alphonse Dufresnoy aux Pays-Bas ; Carel van Mander, Gerard de Lairesse et Arnold Houbraken en France), ainsi que celle des livres de modèles sont également à interroger.

b. L’étude des bibliothèques privées permettrait d’évaluer la réception des ouvrages étrangers – livres d’art français lus aux Pays-Bas et livres septentrionaux présents en France. Une analyse et une reconstitution des modes de lecture et de la culture livresque de certains personnages-clefs (collectionneurs, amateurs, théoriciens, artistes) permettrait en outre d’analyser avec plus de précision ce qui, pour un Hollandais, un Flamand ou un Français des temps modernes, paraissait utile, pertinent ou critiquable dans la culture artistique de ses voisins. La personnalité des propriétaires constitue évidemment un aspect aussi primordial.

c. Enfin, la presse demeure une source de première importance pour évaluer la circulation de l’information et l’écho donné à certains événements artistiques. La réédition récente en cédérom d’un périodique comme la Gazette d’Amsterdam devrait notamment faciliter les recherches. De nombreux journaux français (Journal encyclopédique, Mercure de France) ont, quant à eux, fait l’objet de fac-similés depuis longtemps, ce qui permet également de procéder à des évaluations intéressantes.

2. Les artistes

a. Les voyages constituent une part essentielle de la formation des artistes, et ces voyages n’ont pas toujours conduit en Italie. La présence d’artistes français aux Pays-Bas et d’artistes septentrionaux en France est attestée à partir du XIVe siècle, et elle s’est parfois traduite par l’installation définitive de certains d’entre eux dans leur pays d’adoption. Qui sont ces artistes français aux Pays-Bas et ces artistes hollandais ou flamands en France ? Comment ont-ils retranscrit leur voyage ? Par le dessin et/ou l’écriture ? Quels sont les artistes qui se sont installés dans leur pays d’adoption (Bernard Picart aux Pays-Bas, ou Karel van Falens en France, par exemple) ? Quelles ont été leurs motivations ? Religieuses, économiques, artistiques ? Ont-ils imposé leurs propres traditions au pays d’adoption ou ont-ils assimilé les pratiques locales ?

b. Pour mieux évaluer la circulation des artistes, la question des réseaux de relation et de leur fonctionnement (correspondance d’artistes et d’érudits, documents d’archives, etc.) paraît également cruciale, et doit être étudiée en relation avec les échanges artistiques.

c. Le cas particulier des « médiateurs » que sont les artistes étrangers ayant travaillé dans les deux aires géographiques étudiées semble enfin fort intéressant à analyser (Giorgio Ghisi, par exemple), dans la mesure où il permettrait de saisir les spécificités propres de chaque tradition, mais surtout les moyens déployés par ces artistes pour les intégrer à leur propre art.

3. Les œuvres

a. Le goût pour l’art septentrional en France aux XVIIe et XVIIIe siècles a été mis en évidence depuis l’ouvrage de Horst Gerson (Ausbreitung und Nachwirkung der hollandischen Malerei des 17. Jahrhunderts, Haarlem, 1942). Mais de nombreuses questions demeurent en suspens, concernant les répercussions de cette vogue sur les artistes français (culture visuelle, production personnelle, etc.), sur la théorie et la critique d’art, alors en pleine émergence, ainsi que sur les activités et les conférences de l’Académie royale de Peinture et de Sculpture. Quels ont été les principaux modèles septentrionaux employés par les peintres français ? Comment ont-ils diffusé ces modèles ?  Quelles ont été les moments-clefs de cette « vogue néerlandaise » ? A-t-elle eu des répercussions au sein de l’Académie royale et de son enseignement, ou dans le cadre de la production artistique de la Cour ? Quelles ont été les réactions des critiques ? 
b. Une étude symétrique peut être développée et par exemple, une analyse plus poussée de la place des modèles français dans l’architecture et les arts décoratifs des anciens Pays-Bas serait fructueuse. Ainsi, les artistes des Pays-Bas du Nord et du Sud ont-ils été réceptifs à l’influence française ? Quels sont les artistes français les plus appréciés ? Et pour quelles raisons ?

4. La gravure

Par la légèreté de son support, son caractère multiple et son coût modéré, la gravure est le médium qui a circulé le plus aisément d'un pays à l'autre. A ce titre, elle a joué un rôle crucial dans la notion d'échanges culturels, qu'elle ait été source de création, source de connaissances ou source de diffusion de modèles pour les arts visuels ou décoratifs … Ces différentes fonctions peuvent être interrogées à travers de nombreuses pistes et notamment celle du transfert d’ateliers importants, de Paris à Amsterdam (exemple : Bernard Picart) ou des Flandres à la France (exemple : Gerard Edelynck).
5. Les institutions
Le développement des institutions (académies, écoles de dessin, salons-expositions, etc.) dans chaque pays peut également être interrogé en termes d’échanges et de commerces réciproques, car ils ont parfois encouragé la circulation des jeunes artistes en quête de formation ainsi que celle des œuvres. A Paris ont successivement été créés une Académie royale de Peinture et de Sculpture puissante et une Académie royale d’Architecture (1648, 1671), et des Salons d'exposition réguliers à partir de 1737. Dans quelle mesure la création et le développement de ces institutions ont-ils déterminé la vie artistique des artistes flamands et hollandais ? Sur quel modèle se fondent les académies et leur enseignement ? Attirent-elles des artistes de l’étranger ? Où sont produites et présentées les expositions artistiques, et sur quel mode de fonctionnement ? Les artistes étrangers sont-ils invités ?
6. Les zones frontières
Une dernière problématique mériterait enfin d’être étudiée plus qu’elle ne l’a été jusqu’à présent : celle de ce que l’on pourrait appeler les « zones-tampons » ou « zones-frontières », ces aires situées entre ou près des zones géographiques étudiées dans le cadre de ce colloque. On pensera notamment à quatre « pays » : la principauté de Liège, l’Alsace et la Lorraine, le Nord.

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Les pistes de recherches autour des échanges artistiques entre la France et les anciens Pays-Bas sont, on le voit, nombreuses, et l’on espère qu’elles susciteront une confrontation fructueuse et indispensable entre des chercheurs belges, néerlandais et français, mais aussi, de façon générale, avec tous ceux qui sont intéressés par ces questions.

Modalités pratiques

Le colloque aura lieu à l’université de Lille 3 en mai 2008 (vraisemblablement les 28-29-30 mai 2008).
Langues : Français ou anglais.
Les actes du colloque seront publiés.

Si vous souhaitez proposer une communication correspondant à l’une des thématiques évoquées, veuillez adresser un courriel à Gaëtane Maes (e-mail : gaetane.maes@univ-lille3.fr) et Jan Blanc (e-mail : jan.blanc@unil.ch) avant le 30 avril 2007

Votre proposition devra comporter :
•    votre institution d’affiliation ;
•    le titre de votre contribution ;
•    son résumé précis (400 mots) ;
•    un bref curriculum vitae, comprenant une sélection de vos publications précédentes.

L'ensemble des propositions sera examiné par le comité scientifique qui établira la sélection des communications.

Comité scientifique
Marion Boudon-Machuel (Institut National d'Histoire de l'Art, Paris)
Peter Fuhring (Radboud Universiteit, Nijmegen)
Christophe Loir (Fonds National de la Recherche Scientifique – Université Libre de Bruxelles)
Christian Michel (Université de Lausanne)
Patrick Michel (Université de Lille 3)
Myriam Serck-Dewaide (Institut royal du Patrimoine artistique - Koninklijk Instituut voor het Kunstpatrimonium, Bruxelles)
Maria van Berge-Gerbaud (Fondation Custodia, Paris)
Kathlijne Van der Stighelen (Katholieke Universiteit, Leuven)

Comité d'organisation
Martine Aubry (Université de Lille 3 - IRHiS)
Jan Blanc (Université de Lausanne)
Josèphe Broutin (Université de Lille 3 - IRHiS)
Maria Teresa Caracciolo (Centre National de la Recherche Scientifique - IRHiS)
Gaëtane Maës (Université de Lille 3 - IRHiS)
Alain Tapié (Palais des Beaux-Arts de Lille)
Jean-Christophe Van Thienen (Université de Lille 3)

Pour tout renseignement complémentaire , veuillez vous adresser aux organisateurs du colloque :

Gaëtane MAES, maître de conférences à l’université de Lille 3
gaetane.maes@univ-lille3.fr
Université de Lille 3
Laboratoire IRHiS - UMR CNRS 8529
BP 60149
F-59653 Villeneuve d'Ascq cedex
FRANCE
et
Jan BLANC, maître-assistant à l’université de Lausanne
jan.blanc@unil.ch
Länggassstrasse 23
3012 Bern
SUISSE

Lieux

  • Université de Lille 3
    Lille, France

Dates

  • lundi 30 avril 2007

Mots-clés

  • art, échanges artistiques, France, anciens Pays-Bas, Flandre, Provinces-Unies

Contacts

  • Maes Gaëtane
    courriel : gaetane [dot] maes [at] univ-lille3 [dot] fr

Source de l'information

  • gaetane maes
    courriel : gaetane [dot] maes [at] univ-lille3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les échanges artistiques entre les anciens Pays-Bas et la France, 1482-1814 », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 26 février 2007, http://calenda.org/192744