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Les chiffres du crime en débat

Pour une exploitation raisonnée des statistiques pénales en sciences sociales

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Publié le mardi 13 mars 2007 par Natalie Petiteau

Résumé

La statistique pénale ne fait pas l’unanimité, dans la communauté scientifique comme en dehors, c’est un fait. Qu’elle soit policière, judiciaire, pénitentiaire ou criminelle, son utilisation provoque souvent des débats tendus, et ce depuis ses toutes premières origines au début du XIXe siècle. Les limites épistémologiques et méthodologiques à son utilisation sont nombreuses et constituent autant de pièges rappelant aux plus téméraires combien l’usage de ces chiffres demande patience et mesure. A la fois discours scientifique et production administrative, tableau de bord de l’activité des institutions pénales et fenêtre ouverte sur la société, la statistique fascine autant qu’elle fait peur. Les nombreux débats qui ont traversé la question pénale au cours des deux derniers siècles (prison, peine de mort, alcoolisme, récidive, immigration, jeunesse délinquante, etc.) ont abondamment mobilisé ce corpus, trop fréquemment peut-être pour l’être toujours à bon escient (...)

Annonce

La statistique pénale ne fait pas l’unanimité, dans la communauté scientifique comme en dehors, c’est un fait. Qu’elle soit policière, judiciaire, pénitentiaire ou criminelle, son utilisation provoque souvent des débats tendus, et ce depuis ses toutes premières origines au début du XIXe siècle. Les limites épistémologiques et méthodologiques à son utilisation sont nombreuses et constituent autant de pièges rappelant aux plus téméraires combien l’usage de ces chiffres demande patience et mesure. A la fois discours scientifique et production administrative, tableau de bord de l’activité des institutions pénales et fenêtre ouverte sur la société, la statistique fascine autant qu’elle fait peur. Les nombreux débats qui ont traversé la question pénale au cours des deux derniers siècles (prison, peine de mort, alcoolisme, récidive, immigration, jeunesse délinquante, etc.) ont abondamment mobilisé ce corpus, trop fréquemment peut-être pour l’être toujours à bon escient.

 Mais que peut donc faire le chercheur en sciences sociales avec cette masse de chiffres ? Indubitablement, il serait peu productif de s’en détourner par principe, sous prétexte que les données peuvent présenter un caractère plus ou moins équivoque,  voire erroné… Quelle source historique, quel document possède ce caractère de vérité faisant qu’il ne prête pas à discussion et interprétation ? N’est-ce pas là l’essence même de notre formation critique, que d’utiliser dans toute leur mesure des données imparfaites ? Accumulées systématiquement depuis parfois près de deux siècles, les statistiques pénales nous renseignent à une échelle macroscopique (nationale ou régionale) sur des populations auxquelles il est difficile d’accéder par ailleurs, cette foule de gens vivant aux confins de la norme et de la marge. L’histoire et les sciences sociales ont besoin de séries chronologiques et ces statistiques les leur fournissent.

 Comment dès lors utiliser ces chiffres, sans tomber dans les travers trop souvent pris par les utilisateurs contemporains. Comment peut-on, avec le recul du temps, utiliser des séries dont criminologues et statisticiens n’ont pu établir la portée de manière univoque ? Le colloque tentera de rassembler toute l’expertise sur la question, en présentant des recherches abouties reposant en grande part sur les statistiques pénales. L’objectif est clair : placer des balises qui permettront, à terme, d’établir une procédure d’utilisation critique de ces « chiffres du crime ».

 Dans cette perspective, il est donc fait appel à des communications, en anglais ou en français, reposant en tout ou en partie sur des statistiques criminelles et pénales. Une priorité sera donnée à celles qui s’inscrivent dans la durée et qui confrontent différents types de sources.

 Au terme du colloque, un prix de la meilleure communication sera remis par un jury composé d’experts internationaux au(x) chercheur(s) ayant produit la recherche la plus innovante. Ce prix d’une valeur de 500 € sera assorti d’une publication dans la revue Histoire et mesure (http://histoiremesure.revues.org/).

 Les propositions de communication (300 mots) sont à adresser par courrier électronique pour le 15 mai 2007 à :

 Frédéric Vesentini

Chargé de recherche FNRS

Centre d’histoire du droit et de la justice

Université catholique de Louvain

 vesentini@chdj.ucl.ac.be

Lieux

  • Louvain-la-Neuve, Belgique

Dates

  • mardi 15 mai 2007

Mots-clés

  • Statistique, Justice, Crime, Délinquance, Déviance, Histoire

Contacts

  • Vesentini #
    courriel : vesentini [at] chdj [dot] ucl [dot] ac [dot] be

Source de l'information

  • Frédéric Vesentini
    courriel : frederic [dot] vesentini [at] uclouvain [dot] be

Pour citer cette annonce

« Les chiffres du crime en débat », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 13 mars 2007, http://calenda.org/192816